Test de Matterfall (PS4)

Test réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PlayStation 4.

We fucked up. Again !

Comme pour Résogun, Housemarque a donc décidé de faire les yeux doux à la PS4, sûrement pour se faire pardonner de ne pas avoir offert de portage de Nex Machina sur lequel les joueurs PC et Xbox One passent assurément du bon temps. Alors Matterfall c’est quoi ? Sans surprise, Housemarque oblige, on est bien en présence d’un jeu de tir dans lequel on contrôle Avalon Darrow, une mercenaire sur-entraînée, sur-motivée et sur-équipée. Motivée à quoi ? Il se trouve en fait que les humains ont, encore une fois, cherché à jouer aux malins avec une technologie extra-terrestre et que, comme d’habitude, tout est parti en cacahuète. Les machines sont devenues intelligentes et se sont rebellées, les civils ont fuit dans la plus grande panique et tout est devenu rapidement incontrôlable. La catastrophe habituelle. Alors non le scénario de Matterfall ne casse pas trois pattes à un canard, mais comme il est simplement là pour justifier que l’on puisse dézinguer tout ce qui se présente à l’écran, on ne s’en plaindra finalement pas.

Pourtant avec Matterfall, Housemarque a décidé de la jouer un peu différente cette fois-ci. Si le jeu reste un twin stick shooter comme les maîtrise si bien le studio, il ajoute une dimension plate-forme qui rend le gameplay de Matterfall différent de celui de ses grands frères. Classiquement le stick de gauche sert à déplacer le personnage, quand celui de droite permet de tirer dans la direction choisie. Saut, double saut, dash vertical et horizontal sont également de la partie, ce dernier permettant même d’immobiliser les ennemis un court instant histoire de les bombarder en toute sérénité. La véritable nouveauté apportée par Matterfall c’est la gestion de cette matière bleue que l’on peut manipuler à volonté grâce à une arme spéciale. On va ainsi pouvoir générer des blocs de matière que l’on pourra utiliser pour se créer des murs de protection ou des plates-formes pour prendre de l’altitude.

Il n’est donc pas ici simplement question d’éviter les tirs ennemis en usant de ses réflexes de champion pour progresser à toute allure, mais plutôt de savoir analyser la situation afin de savoir comment progresser sans se faire démonter. Du coup le rythme du jeu est beaucoup moins frénétique que ne peut l’être un Nex Machina par exemple qui, lui, demande sans arrêt à être en mouvement pour s’en sortir. Ceci dit il ne faut non plus espérer pouvoir se la couler douce. Le but principal du jeu reste le scoring et chez Housemarque on ne claque pas des high-score en faisant du point de croix. Il faut donc savoir quand aller vite, quand être précis, et bien connaître l’agencement des niveaux pour pouvoir être le plus fluide possible. Bien évidemment on s’appliquera aussi pour ne pas rater les passages secrets qui renferment des humains à sauver, l’incontournable marque de fabrique de Housemarque.

Roi de la gachette

Pour en arriver là il faudra également maîtriser vos mains et savoir exactement ce que vous faites de vos dix doigts. Tous les boutons, ou presque, de la manette sont utiles dans Matterfall et vous serez vite pénalisés si vous êtes incapables d’utiliser les gâchettes de manière instinctives sans trop vous posez de question. Le jeu a beau proposer un niveau tutoriel pour apprendre tous les mouvements possibles, il reste bien trop succinct pour vraiment appréhender toute la profondeur du gameplay. L’apprentissage viendra donc au fur et à mesure que l’on progresse dans les dix niveaux que propose le jeu. Malheureusement on se heurte ici au principal problème de Matterfall: son contenu. En mode normal il faut compter 3, voire 4 heures de jeu pour arriver à la fin de l’aventure en ayant traversé les trois environnements et battu les trois boss associés. Évidemment le jeu propose trois niveaux de difficulté ainsi qu’un mode Maître à débloquer une fois tout ceci terminé. Il n’en reste pas moins qu’on se retrouve très vite à boucler encore et encore sur les 10 mêmes niveaux. Et si on retire un vrai plaisir dans la progression du maniement d’Avalon, on arrive malgré tout très vite à saturation.

L’apprentissage viendra donc au fur et à mesure que l’on progresse dans les dix niveaux que propose le jeu

Surtout que, malgré sa technique sympathique, Matterfall n’est pas franchement une réussite artistique. La gestion des particules si précieuse à Housemarque fait certes encore son effet, mais on est loin de la folie pyrotechnique de Resogun ou même de Nex Machina. Et pour le reste c’est d’une généricité plutôt affligeante avec des décors vus et revus dans n’importe quelle œuvre de SF basique, le tout sans une once d’originalité, tout ceci ne faisant qu’augmenter la sensation de lassitude qui s’installe rapidement. Même constat au niveau de la bande son qui, si elle se veut entraînante lorsque l’on se lance dans l’aventure, donne très vite l’impression de tourner en rond, alors que le studio nous avait, pourtant, habitué à des track-list démoniaques jusque-là.

LE VERDICT
Rage quit
6
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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