Test de Mario + The Lapins Crétins : Kingdom Battle (Nintendo Switch)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Nintendo Switch.

Au royaume des lapins, les crétins sont rois

Le scénario de cet improbable Mario + The Lapins Crétins : Kingdom Battle tient en quelques lignes : un petit génie anonyme invente une machine qui permet la fusion de plusieurs objets. Tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que débarque dans sa chambre la machine à laver temporelle des lagomorphes ridiculum. Bien entendu tout bascule. De l’utilisation hasardeuse de l’appareil de l’inventeur va naître un gros pépin pour le monde champignon de notre ami plombier. Il va se trouver non seulement envahi mais pire, complètement transformé par les léporidés. Va alors débuter une quête qui s’étalera sur une bonne vingtaine d’heures (trente en faisant les à-côtés) et qui aura pour principal but de sauver le monde. Mario sera aidé par ses amis habituels mais également par leur version lapin. Un étrange petit pod, Beep0, sera aussi présent tout au long de la route pour aider et guider nos aventuriers (et aussi agacer le joueur car il est franchement à tarter…).

Si le titre d’Ubisoft aurait mérité peut-être un peu plus de mise en scène, force est de constater que les scènes cinématiques et les dialogues qui parsèment l’aventure font mouche : l’humour débilitant des lapins marié au sérieux de Mario, cela créé un contraste tout à fait rafraîchissant qui fait mouche. A la condition certaine de tolérer l’humour bas du front et en dessous de la ceinture qui caractérise les personnages d’Ubisoft. On retrouve ainsi des Koopa prisonnier dans des caleçons géants ou d’autres propulsés au-dessus de cuvettes de toilette par un jet bien situé et qui « seront sûrs d’avoir les fesses bien propres ». En parallèle, l’histoire se déroule avec une bonne grosse dose de situations méchamment cocasses, surtout lorsque sont mis en confrontation directe les protagonistes de Nintendo avec leur alter-égo lapins.

En bref, les amoureux des lapins en auront pour leur argent : ils sont méchants, ils sont crétins et ils mettent un foutoir monstre dans le monde bien rangé créé par Monsieur Miyamoto. Les amoureux de Mario, quant à eux, s’y retrouveront aussi car Ubisoft fait preuve d’un immense respect pour l’univers qui leur est confié en en maîtrisant parfaitement les codes. On traversera ainsi 4 mondes bien connus des adeptes de la série et on pourra se ressourcer ou s’adonner aux missions coop (en local exclusivement) autour du château de la princesse Peach qui sert de hub et recèle tout de même quelques secrets.

Here we goooo

MLCKB (c’est plus court ainsi) est atypique également dans sa structure. Il mélange phases d’ « exploration » et phases de combat. On déplace ainsi son équipe de trois joueurs + le pod sur une carte linéaire en apparence : libre à nous de suivre le chemin tracé et balisé par des pancartes ou de s’écarter des sentiers battus en empruntant les canons et autres tuyaux disséminés à droite, à gauche. Le déplacement, agréable, permet d’admirer le merveilleux travail réalisé sur les décors et sur les environnements. Il est aussi propice à quelques interactions qui mettent en scène les lapins dans des gags qui ne sont pas sans rappeler le temps béni d’un Worms de la belle époque.

Dans tous les cas, c’est beau, c’est coloré et ça donne envie d’y revenir, ce qui tombe bien puisqu’il est impossible de tout débloquer en un seul run et il faudra emprunter la machine à remonter le temps des crétins à longues oreilles pour re-parcourir les niveaux, gagner toutes les médailles de combat et trouver tous les bonus. En effet, les cartes regorgent de coins cachés qui font participer le joueur à des phases de casse-tête plutôt simplistes à l’aide du fameux pod qui gagne des capacités spéciales tout au long de l’aventure (pousser les blocs, les casser, soulever des stèles, etc.). Une fois réussi, ceux-ci débloquent un coffre qui contiendra divers bonus mais également des armes bien utiles pour les phases de combats et que l’on peut acheter dans le QG à l’aide des pièces d’or amassées.

Et celles-ci seront nombreuses et offrent des objectifs différents : tuer tous les adversaires, emmener l’équipe d’un point A à un point B ou faire de l’escorte/protection d’un protagoniste particulier. Ces phases constituent donc le cœur du gameplay et font toute l’originalité et le sel du titre d’Ubisoft. A la manière d’un XCom (n’ayons pas peur de la comparaison, le jeu n’a pas à rougir face à cette série culte), MLCKB table sur des combats stratégiques au tour par tour. A n’importe quel moment avant de lancer un affrontement, le joueur pourra choisir trois personnages aux capacités propres (mais malheureusement trop peu variées) parmi les 8 protagonistes disponibles en fin de partie.

Classiquement, on retrouve les healer, les tank et les plus polyvalents dont on pourra augmenter les pouvoirs via un arbre de compétences en glanant des orbes au fil de l’aventure. Certains contrastes sont amusants à souligner : Peach par exemple sera une excellente soigneuse et paradoxalement plutôt une combattante de proximité grâce à son arme à dispersion.. Disons-le de suite, voir la Princesse atomiser un ennemi à l’aide d’un énorme shotgun revisité a quelque chose de subversif qui nous plait particulièrement. Une fois l’équipe constituée et l’équipement choisi (une arme principale « à feu » et une arme secondaire de corps-à-corps ou de lancer), le joueur peut pénétrer dans une zone de combat. Celles-ci sont variées et bien pensées : elles regorgent de passages cachés, de zone en hauteur et de tuyaux à emprunter pour contourner l’adversaire. Elles ont toutes leurs spécificités et à aucun moment la redite ne s’est installée pendant notre session marathon de jeu.

Qui veut la peau de Mario Rabbids ?

Le combat se déroule donc au tour par tour. Chaque héros peut effectuer une action de déplacement, une action de combat et une action spéciale. Il est donc important de bien réfléchir avant de jouer car une fois validée, l’action est irréversible. Cet avertissement vaut particulièrement pour les déplacements qui constituent le nerf de la guerre dans Mario + The Lapins Crétins : Kingdom Battle : ainsi, la zone de déplacement varie selon chaque personnage. Mario pourra se déplacer de manière plus importante que lapin Mario par exemple. Heureusement, des astuces existent pour optimiser ceux-ci : Ubisoft a pensé à un mécanisme de propulsion qui permet, en ciblant un allié lors d’un déplacement, de s’en servir pour augmenter son aire de mobilité et surtout atteindre des zones en surplomb. Surprendre l’adversaire par en haut fera d’ailleurs bénéficier d’un bonus de dégât lors du tir. Tous les personnages peuvent aussi « tacler » l’adversaire lors des déplacements et même, pour certains dont Mario, causer des dégâts en leur rebondissant sur la tête après une propulsion alliée. L’occasion une nouvelle fois de gagner de la zone de déplacement.

L’autre paramètre à maîtriser en lien direct avec les mouvements, c’est la zone de couverture. Les cartes sont remplies de blocs de pierre ou de métal derrière lesquels s’abriter. Certains blocs sont destructibles, d’autres non et d’autres enfin déclenchent des effets particuliers (propulsion, glace, feu, encre, etc.) lorsqu’ils subissent un tir. Il faudra donc jouer avec ces notions sachant que le jeu aborde de manière simple la couverture : 0% de chance de toucher ou d’être touché, 50% et 100%. Simple et facile à comprendre pour un adulte et même pour un enfant de 6 ans et demi (JV24 approved). Bien entendu, ce qui est valable pour vous l’est également pour l’adversaire.

Une fois ces paramètres assimilés, le reste n’est que de la pure tactique : il faut bien penser les positionnements, connaître les rayons d’action et les effets des différentes capacités des héros présents et composer avec le vice des adversaires de plus en plus variés et difficiles à dézinguer. A ce titre, on maudit encore les lapins spectres de Frousseland qui peuvent se téléporter et tirer en faisant mouche depuis une distance phénoménale ainsi que les gros lapins tanks qui, lorsqu’ils sont touchés, avancent immédiatement vers le joueur pour le frapper très fort s’il a le malheur de se trouver à portée. Attention aussi aux événements aléatoires comme les tornades, les fantômes Boo et autres méchancetés qui peuvent compliquer les affrontements.

Là encore Ubisoft frappe très fort car sous leurs aspects sympas et mignons, les différents ennemis savent se montrer redoutables et sans pitié. Le jeu se corse d’ailleurs très très fort dès le deuxième monde obligeant parfois, nous l’avouons honteusement et humblement, à utiliser la fonction « facile » permettant de gonfler ses PV en début de combat et d’en regagner une fois victorieux. C’est d’ailleurs peut-être, à nos yeux, le principal défaut du titre : la difficulté joue les montagnes russes et on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avant d’entrer dans une arène. Le combat peut y être très simple, comme extrêmement dur. Ce phénomène étant particulièrement visible dans la seconde moitié de l’aventure puisqu’on a pu enchaîner par exemple un mini-boss d’une difficulté sans nom et un boss extrêmement simple… Bien entendu, chaque combat est émaillé d’animations en tout genre qui illustrent les différentes actions et donc certaines sont tout bonnement hilarantes.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Grosse bwwwaaaaahhhffeeee
8
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Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

4 Commentaires

  1. Pas vraiment mon type de jeu les tactical RPG, je laisse donc passer, mais heureux de voir que cette collaboration est une réussite. c’est, je pense, un bon point pour l’univers du jeu vidéo.




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  2. Ca faisait longtemps les tests vidéos !

    Le jeu ne m’intéressais pas particulièrement à la base, le trailer, je l’avais trouvé drôle, mais sans plus. Là le test + vidéo test, ça m’inspire déjà plus , et dès que j’aurai un moment libre, j irais me le procurer je pense. Le mélange lapin mario à l’air réussi.




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    • Le mélange est très réussi. Faut adhérer à l’humour lapins en revanche. Le plus surprenant reste le tactical qui n’est pas à la ramasse du tout et propose un vrai challenge.




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