Test de LEGO Dimensions (PS4, Xbox One, Nintendo Wii U, PS3, Xbox 360)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One.

À chacun sa brique

Que se passerait-il si quelqu’un venait à confondre tous les univers/licences LEGO ? C’est à peu près la question soulevée par l’histoire de LEGO Dimensions. Un certain Lord Vortech a en effet décidé de s’approprier le pouvoir du Multivers LEGO en créant un vortex le reliant à chaque monde et en récupérant les Éléments Fondateurs. Pour mener à bien son plan diabolique, notre nouvel ennemi a décidé de rallier à sa cause les méchants que l’on connaît déjà tous. C’en est trop pour Batman, Gandalf et Cool-Tag qui décident d’unir leurs forces et de plonger dans le mystérieux vortex afin de stopper l’élan destructeur qui menace tous les univers LEGO. DC Comics, Le Seigneur des Anneaux et La Grande Aventure LEGO sont donc les mondes particulièrement à l’honneur dans LEGO Dimensions mais pas seulement, puisque TT Games nous fait très rapidement profiter de toutes les licences exploitées par le jeu : Les Simpson, Retour vers le Futur, Portal, Scooby-Doo, SOS Fantômes, Docteur Who, Le Magicien d’Oz, LEGO Ninjago, Midway Arcade, Jurassic World et LEGO Chima. Toutes ces licences (ou presque) ont droit à leur propre niveau dans l’aventure de LEGO Dimensions, le pack de démarrage seul étant donc suffisant pour goûter à un maximum de choses que le jeu a à offrir.

Autant aborder le sujet tout de suite, LEGO Dimensions adopte une politique tarifaire qui peut faire grincer des dents de prime abord. Avec un pack de base à 99,99€ (prix conseillé, le jeu étant déjà trouvable à 80€ à l’heure où ces lignes sont écrites), on obtient donc le jeu, le portail à construire et les trois figurines de notre trio de héros. Mais TT Games a fait en sorte de rapidement nous rappeler que d’autres choses sont vendues séparément : les packs Aventure (29,99€, contenant un niveau inédit, un perso, un gadget et un véhicule), les packs Équipe (24,99€, contenant deux personnages, un gadget et un véhicule) ainsi que les packs Héros (14,99€, contenant un personnage et un gadget/véhicule). S’il est tout à fait possible de terminer le jeu sans achat supplémentaire (et de bloquer tous les Succès/trophées), il reste indispensable de passer plusieurs fois à la caisse pour espérer boucler le titre à 100% et pour pouvoir explorer tous les mondes libres.

En plus de l’aventure, LEGO Dimensions propose en effet de découvrir de nombreux mondes libres en rapport avec chacune des licences en question. Chaque monde libre propose son lot de quêtes, mini-événements et objectifs à suivre, le tout étant assez imposant, fidèle à l’univers représenté et agréable à parcourir (c’est en tout vrai pour ceux que l’on a pu découvrir, à savoir DC Comics, LsdA, LEGO Movie, Les Simpson et Retour vers le Futur). Si l’on a accès d’emblée aux mondes libres de DC Comics, LSdA et La Grande Aventure LEGO, on comprend qu’il faut acheter une figurine correspondant à chacun des autres univers pour espérer en découvrir le monde libre. Voilà sur quel modèle se base LEGO Dimensions, sachant que le mode principal propose lui-aussi une foule d’éléments (brique en or, pièces bonus, personnages à débloquer in-game, etc.) uniquement accessibles (ou presque, on y reviendra) si l’on a l’objet/le véhicule ou la bonne figurine supplémentaire à disposition. C’est frustrant, parfois même agaçant, mais pas pénalisant.

TT Games a en effet pensé son mode aventure de manière à ce que tout le monde puisse profiter du concept de LEGO Dimensions et de la richesse des franchises présentes. Il est par exemple génial d’avoir construit l’histoire dont chaque niveau est associé à une licence bien précise mais toujours bourré de clins d’œil ou d’autres éléments plus importants en provenances d’autres franchises. Qui aurait pu penser à un niveau inspiré par le troisième film de la trilogie Retour vers le Futur avec un scène intégrant le Kiwik-E-Mart des Simspon sur fond d’une attaque de personnages Ninjago ? Ou à un niveau prenant place dans une cité de Minas Tirith (Le Seigneur des Anneaux) que s’est appropriée l’Homme-Mystère (DC Comics) ? Des brefs exemples parmi d’autres qui témoignent du plaisir que l’on a, à chaque level, de découvrir ce que les développeurs nous ont réservé comme surprises. Alors oui, le fait de ne pas avoir accès à une section d’un niveau parce qu’on a pas acheté l’élément nécessaire donne l’impression de n’avoir droit qu’à une partie du gâteau, mais LEGO Dimensions n’en reste pas moins agréable à parcourir. Les figurines de base et la seule Batmobile (déclinable en trois versions, avec un système de progression plutôt complet repris pour chaque véhicule) offrent tout de même de quoi profiter d’un gameplay qui repose en partie sur le Toy Pad mais qui se base en réalité sur tout ce que l’on connaît déjà d’un jeu LEGO.

LEGO Dimensions adopte une politique tarifaire qui peut faire grincer des dents de prime abord.

Le Multivers LEGO, tu l’aimes ou tu le quittes

Récolter suffisamment de pièces dans chaque niveau, détruire tout l’environnement, trouver un maximum de briques or, résoudre quelques puzzles basiques pour débloquer des constructions ou même combattre des boss sans véritable difficulté, cette formule c’est celle d’un jeu LEGO classique. Une base qui fonctionne et que LEGO Dimensions reprend sans surprise, au risque de déplaire à ceux qui trouvent que le gameplay commence sérieusement à tourner en rond. On ne peut pas vraiment reprocher à ces joueurs d’avoir ce sentiment-là lorsque l’on détruit, inlassablement, les décors, que l’on presse la touche unique qui permet de tout construire ou que l’on se bat et que l’on perd nos petits cœurs en se disant que, de toute façon, on ne peut pas vraiment perdre. Heureusement, cette monotonie est brisée par les nouveaux éléments de jouabilités apportés par le Toy Pad. Une fois ce portail « magique » construit (le montage se fait avec autant de plaisir que pour un jouet LEGO classique, avec un livret d’instructions très précises), on découvre les mécaniques mises en place par TT Games et qui vont, bien entendu, au-delà de la simple idée de faire apparaître un élément (figurine, véhicule ou gadget) lorsque l’on en pose le socle sur le Toy Pad ou de la nécessité de poser sur telle ou telle partie du Pad sa figurine lorsque le jeu le demande. Composé de trois parties distinctes (deux sur les côtés, l’une au centre), le portail de LEGO Dimensions propose en effet cinq utilisations majeures.

Selon la situation à l’écran, le Toy Pad propose d’user de ses trois surfaces pour créer des vortex, reproduire des combinaisons de couleurs, utiliser un pouvoir élémentaire, réduire ou augmenter la taille de sa figurine et enfin trouver un élément caché dans une autre dimension. Évoquons tout d’abord les vortex : une fois un interrupteur activé (il suffit de cogner dessus), trois portails de trois couleurs différentes apparaissent (bleu, violet et jaune), chacune des couleurs étant alors représentée sur les surfaces du Toy Pad. Il faut donc placer son personnage sur la surface désirée pour faire apparaître le personnage au bon endroit dans le jeu et ainsi résoudre la pseudo-énigme du moment. La combinaison de couleurs demande quant à elle de colorer son personnage dans le jeu puis de placer la figurine correspondante sur une surface pour la colorer à son tour, cela en reproduisant un schéma de couleurs (correspondant à la forme des surfaces du Toy Pad) généralement dissimulé dans le décor. En mode élémentaire, ces mêmes surfaces du portail octroient un pouvoir temporaire (feu, terre, eau ou électricité), il faut là encore placer sa figurine au bon endroit pour obtenir le pouvoir qui nous fera avancer dans le jeu. Et quand l’interrupteur sert à activer le mode dimension, il faut chercher l’élément qui créera une brèche (en se fiant à la couleur des surfaces du Toy Pad pour s’orienter, façon jeu du « chaud ou froid ») et fera apparaître un objet nécessaire pour continuer le niveau en cours.

Quand il ne nous aide pas à gérer pas les vortex, les couleurs ou les éléments ni à dégoter ce qui est de prime abord invisible, le Toy Pad sert à modifier la taille de sa figurine in-game. Pratique et indispensable pour porter les pièces les plus lourdes et pour s’infiltrer dans de petits conduits, sachant que cette caractéristique peut aussi être utilisée via une figurine précise. On touche là l’une des particularités de LEGO Dimensions puisque si le joueur a acheté une figurine dotée de caractéristiques précises (capable de s’infiltrer dans de petits conduits, de briser le verre, de faire pousser des plantes, d’évacuer les éléments toxiques, etc.) il peut se faciliter l’aventure en faisant directement appel au personnage adéquat. En revanche, si on ne dispose que du pack de démarrage, ces actions restent possibles mais il faut absolument utiliser le Toy Pad et les mécaniques qui en découlent, mais aussi veiller à améliorer certaines caractéristiques de son véhicule (en l’occurrence la Batmobile) pour accéder à des endroits précis.

Voici comment TT Games a tenté d’équilibrer le jeu entre ceux qui achètent des packs supplémentaires et ceux qui ne franchissent pas le cap, il faut avouer que c’est plutôt réussi. Rappelons tout de même que cela ne concerne qu’une partie du contenu du mode aventure de LEGO Dimensions, que certains éléments restent inaccessibles et que l’exploration des mondes libres ne reposent quant à elle, majoritairement, que sur l’achat d’éléments supplémentaires. La frustration est donc bel et bien réelle quand il est impossible d’accéder à telle ou telle zone en mode aventure ou lorsqu’on ne peut pas arpenter un monde libre qui semble pourtant nous tendre le bout de sa brique.

« Pourquoi veulent-ils toujours le gâteau ? »


Résumer LEGO Dimensions au dilemme de l’achat ou non de packs complémentaires serait bien dommage, tant le jeu a de quoi contenter les fans de LEGO. Agrémenté des mécaniques du Toy Pad, le gameplay donne peut-être l’impression de moins tourner en rond que d’habitude mais c’est finalement dans son enrobage que le jeu de TT Games se révèle le plus charmant. L’humour des briques, on peut ne pas toujours l’apprécier, c’est certain, mais jamais nous n’avons autant été amusé par un jeu vidéo LEGO. Un sentiment sans doute causé par ce mélange improbable de multiples univers, l’occasion pour Batman, Gandalf ou Cool-Tag de placer de drôles de répliques quand ils se retrouvent dans un monde qui leur est totalement étranger (la première rencontre en Gandalf et Batman est fort sympathique). On s’amuse également beaucoup de ce qui se passe en bakground, le jeu n’hésitant pas à faire apparaître de temps à autres, à travers un vortex qui s’ouvre et se referme aussitôt, des personnages/véhicules qui n’ont rien à faire là. Parfois, c’est même un dialogue entre deux personnages étrangers à nos héros qui nous fait rire, comme cette conversation improbable mais géniale entre Glados et HAL 9000.

Et puis il y a une chose qu’on ne peut absolument pas enlever à LEGO Dimensions, c’est le soin apporté à chaque licence représentée. Entre thèmes musicaux officiels (exception faite des Simpson), clins d’oeil bien placés et références qui font mouche, tout est fait pour nous séduire. Un exemple tout simple : les personnages de La Grande Aventure LEGO (dont Cool-Tag) sont animés en stop-motion, comme dans le film. L’effet est réussi et prouve, de manière globale, que chaque monde est à l’honneur comme il se doit.

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7
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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