Test de Knack 2 (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PlayStation 4.

Faces d’huître et tronches de cake

On repart donc pour de nouvelles aventures avec Knack 2 et son trio infernal. Oui, le golem géant capable de grossir à volonté est accompagné de son meilleur ami Lucas et de l’oncle de ce dernier. Après avoir affronté Gundahar dans le premier opus, on retrouve notre fine équipe dans un long flash-back afin de découvrir comment les Gobelins ont réussi à acquérir des robots antiques aussi puissants. Oui bon, Marianne Krawczyk a beau faire partie de l’équipe responsable du script, ne vous faites pas trop d’illusion : l’histoire de ce Knack 2 ne vole pas très haut. Certes, le jeu visant avant tout vos chères têtes blondes, on peut comprendre que le scénario ne soit pas à la hauteur d’un Aronofsky et se veuille accessible dès le plus jeune âge. Ce que l’on a beaucoup plus de mal à accepter en revanche, c’est que l’histoire soit aussi mal racontée. Les cinématiques sont molles, les enchaînements n’ont ni queue ni tête et certaines transitions semblent tout simplement être passées à la trappe si bien que l’on a parfois du mal à comprendre comment on a pu passer d’une scène à l’autre. Nos joueurs en culotte courte ne sont peut-être pas prêts pour un scénario à rebondissements dans tous les sens (quoique), reste qu’ils ont, au même titre que nous les grands, droit à un minimum de soin dans la mise en scène et de qualité au niveau de la narration. Knack 2 ne se donne même pas cette peine, et c’est bien regrettable.

Malheureusement ce ne sont pas les intervenants qui vont sauver quoi que ce soit. Bons joueurs, on reconnaît que le design de Knack, bien que particulier, fait son petit effet et que la bouille du mini-Knack amuse facilement les plus jeunes. C’est déjà ça. Difficile d’en dire autant concernant les personnages secondaires dont le character design est tout ce qu’il y a de plus générique et insipide (comme l’ensemble des décors remarquez). Les visages ne dégagent aucune expression et sont totalement vides de tout contenu émotionnel. On ne rit jamais, on n’a jamais peur et on ne se pose pas de question sur ce qui va arriver à l’un ou l’autre de ces personnages pour la simple et bonne raison que le jeu ne créé pas la moindre attache émotionnelle. Il en découle forcément des dialogues insupportables qui oscillent entre le totalement niais et le facepalm total quand les développeurs tentent de faire de l’humour. Au final on se demande bien à quoi peuvent servir ces personnages et pourquoi le studio s’est entêté à les mettre dans l’histoire. Mystère !

Greatness awaits

Difficile dans ces conditions de réussir à s’immerger dans Knack 2 et de profiter de son gameplay. Concrètement le jeu se présente comme un jeu de plates-formes/action qui enchaîne les phases de combat avec des passages d’adresse tout en saupoudrant l’ensemble de petites énigmes histoire de faire réfléchir les joueurs. Il faut reconnaître que Knack 2 propose un game design bien plus équilibré que son grand frère qui, lui, misait beaucoup trop sur les combats. Pour les énigmes malheureusement, tout, ou presque, est basé sur la capacité de Knack à rapetisser. Il faut généralement passer son temps à chercher par où faire passer mini-Knack pour aller activer le levier qui permettra de débloquer le passage et ainsi permettre à maxi-Knack de continuer. On notera en revanche la bonne initiative du studio avec ces indices qui s’affichent dès lors que le jeu détecte que l’on ne progresse plus. En expliquant très clairement étape par étape comment passer l’énigme en question, le jeu prend vraiment par la main les plus jeunes qui éviteront ainsi de se sentir frustrés devant un puzzle qu’ils ne comprennent pas.

Pour les combats Mark Cerny et son équipe ont profité de ce nouvel opus pour étendre les capacités offensives de Knack par l’intermédiaire d’un arbre de compétences. Facile à comprendre il permet d’apprendre, grâce à l’énergie artefactale (désolé M. Poquelin) que l’on ramasse, de nouvelles techniques amusantes qui permettent de s’en sortir plus facilement. Sur le papier la recette a déjà fait ses preuves et fonctionne plutôt bien ici. Les ennemis, même s’ils sont clonés à outrance, forcent à utiliser différentes attaques pour être éradiqués le plus efficacement possible. Dommage que le studio ait décidé que chaque branche de compétences ne se débloque qu’une fois la branche précédente entièrement complétée. On passe d’un système totalement libre, qui permet à chacun de façonner son expérience, à un mécanisme où l’on est forcé de dépenser des points dans des compétences que l’on utilisera jamais, juste pour pouvoir, plus tard dans le jeu, avoir le droit de débloquer celles qui pourraient être intéressantes.

Et puisque l’on en est à parler des points gênants, soulignons aussi que malgré cette vraie volonté de varier les situations on fait vite le tour de ce tout ce que le jeu a à proposer en termes de gameplay. La conséquence directe c’est que les onze heures de jeu nécessaires pour terminer l’aventure apparaissent finalement un tantinet longuettes. Enfin, difficile aussi de ne pas parler du challenge offert par le jeu qui pourra, parfois, être en total contradiction avec la catégorie d’âge visée par cette histoire simple et ce gameplay accessible. Si avec sa taille maximale Knack permet de rapidement régler les différentes situations, cela se complique quand il s’agit de parer de nombreux projectiles et de faire face à tout une horde de robots avec une taille moyenne.

Il en découle forcément des dialogues insupportables qui oscillent entre le totalement niais et le facepalm total quand les développeurs tentent de faire de l’humour

Là on perçoit, encore, toute la contradiction de Knack 2 qui, par bien des aspects, tente de faire les yeux doux aux plus jeunes, mais n’hésite pas à les punir par manque d’expérience. La présence d’un New Game+ ne fait d’ailleurs que confirmer cette sensation de jeu qui ne sait pas vraiment à qui s’adresser. Parce qu’en tant qu’adulte il faudra une bonne dose d’abnégation pour accepter de refaire le jeu dans le seul but d’aller chercher les secrets ou les coffres ratés lors de son premier run tout en subissant une difficulté complètement abusée. Heureusement pour palier à ce problème (pour les petits comme pour les grands), on peut maintenant demander à un copain de laisser tomber ses devoirs pour venir nous aider en jouant en coopération. C’est réellement le point positif de ce nouvel opus qui permet de jouer toute la campagne à deux. Outre l’aspect très convivial cela adoucit un peu la courbe de difficulté, les choses étant évidemment plus simples quand on est bien accompagné.

LE VERDICT
Périmé
4
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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