Test de Horizon : Zero Dawn (PS4)

Test réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

De bon Aloy

Comme pour répondre à l’appel des sirènes du moment, Guerrilla Games a décidé de nous raconter une histoire post-apocalyptique dans laquelle la civilisation telle que nous la connaissons aujourd’hui a disparu. Si les humains n’ont pas été rayés de la carte, ils sont malgré tout retournés à leur état primitif, regroupés en tribus éparpillées au quatre coins du monde, tout en essayant de survivre face à la nouvelle espèce animale dominant la terre: les robots. Ces machines, dont l’apparence rappelle des animaux connus d’une époque maintenant révolue, ont donc pris le contrôle de la planète suite à un événement précis et règnent dorénavant sur cette terre redevenue sauvage. Et c’est dans cette ambiance joyeuse que l’on prendra les commandes d’Aloy, une jeune paria, exclue des tribus pour d’obscures raisons. Élevée par Rost, lui aussi paria, Aloy va passer la plus grande partie de sa jeunesse à se préparer pour l’Éclosion, une épreuve d’adresse qui lui permettra de mettre fin à son exclusion. Mais manque de bol, alors que tout se déroulait comme prévu, un événement tragique à la toute fin de l’épreuve va venir bouleverser ses plans et sa destinée.

Comme on peut rapidement s’en douter, le but de Horizon : Zero Dawn est de nous faire découvrir comment les humains en sont arrivés là et qui est réellement Aloy. Pourquoi, et comment, les machines ont-elles pu prendre le contrôle de la planète ? Quels sont ces secrets que les anciennes protègent en interdisant l’accès aux vestiges que l’on trouve sous les montagnes ? Il faut le reconnaître, on attendait beaucoup du scénario de Horizon : Zero Dawn et, pour tout vous avouer, on n’a clairement pas été déçu tout au long de la trentaine d’heures nécessaires pour arriver à la conclusion du jeu (en y allant en ligne droite). Une fin qui, sans être complètement folle, a la bon goût d’être cohérente avec l’univers qui nous est présenté et qui apporte surtout toutes les réponses aux questions que l’on est amené à se poser durant l’aventure, le tout sans fermer la porte à un second opus que l’on a bien du mal à ne pas envisager. D’un point de vue purement scénaristique, Horizon : Zero Dawn tient toutes donc ses promesses malgré un rythme pas forcément très bien maîtrisé du début à la fin. La faute à une gestion de plusieurs lignes narratives en même temps (ce qui a toujours tendance à diluer la qualité dans la quantité) et des découvertes en fichier audio franchement longuettes par moment. Notez également que les dialogues ne sont pas franchement une référence en la matière, malgré quelques punchlines bien senties à certains moment. Oui, il est parfois bien difficile de passer derrière CD Projekt.

De menus défauts que l’on a vite fait d’oublier cependant, surtout que, comme on pouvait s’y attendre, techniquement Horizon : Zero Dawn met une bonne grosse gifle à bon nombre de productions actuelles. Évidemment, il est tout à fait possible de trouver à redire lorsque l’on se déplace dans cet univers flamboyant, notamment au niveau des expressions faciales, de l’absence de synchronisation labiale (pour 90 % des personnages), des textures qui, parfois, s’affichent avec un peu en retard, ou encore de quelques bugs de collisions. Mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître la qualité du boulot accompli par Guerrilla Games avec Decima, son moteur maison. Les environnements sont variés, colorés et offrent un degré d’immersion absolument grandiose. C’est un véritable plaisir de déplacer Aloy dans ces décors saisissants et il n’est pas rare de passer parfois plus de temps à admirer les paysages qu’à véritablement jouer. La présence d’un mode photo permettra même aux plus esthètes d’entre nous d’immortaliser certains clichés qui impressionneront certainement plus que des photos de vacances à Deauville. Bref, c’est beau, très beau, et personne ne s’en plaindra.

C’est probablement lors de ces affrontements que le maniement d’Aloy se fait le plus plaisant

l’Aloy c’est moi!

Mais le principal centre d’intérêt de Horizon : Zero Dawn c’est bien évidemment d’aller de l’avant pour découvrir les secrets de l’histoire d’Aloy. Si le début de l’aventure se parcourt en ligne droite, rapidement les joueurs se retrouveront face à un Open World qui, autant l’avouer tout de suite, se garde bien de réinventer la roue. En réalité l’expérience offerte repose sur des mécaniques de gameplay que l’on a déjà pu voir dans des titres comme Far Cry ou Assassin’s Creed, parfaitement adaptées à l’univers proposé. Dissiper le brouillard de la carte se fera en montant en haut d’une créature géante, les phases de plate-formes sont assistées avec des points d’accroche qu’il est impossible de rater (et il faut reconnaître que les animations d’Aloy dans ces phases là sont vraiment somptueuses) et tout un tas d’activités annexes permettent de passer le temps lorsque l’on n’a pas franchement envie de faire progresser l’aventure (chasse, défis de survivants, recherche d’artefacts etc). Bref, c’est classique, mais terriblement efficace et, surtout, on reste dans une quantité tout à fait honorable sans pour autant tomber dans le trop plein. Pour ce qui est des commandes, là aussi on frise presque le sans faute, Aloy répondant au doigt et à l’œil dans presque toutes les circonstances (l’assistanat trop poussé dans les phases de plate-forme rend le personnage un peu trop inerte par moment) permettant de progresser dans l’aventure de manière naturelle et agréable.

Évidemment avec un monde envahi d’animaux robots à la taille parfois démesurée, les promenades ne se feront pas sans quelques combats bien sentis. C’est probablement lors de ces affrontements que le maniement d’Aloy se fait le plus plaisant, le jeu proposant tout un tas d’approches possibles ainsi que les outils qui vont avec pour mener ses attaques à bien. On pourra par exemple utiliser la vision pour analyser la ronde de ses ennemis, en éliminer quelques en un mode furtif avant de rentrer dans le tas pour venir à bout de ceux qui restent après avoir découvert leur point faible en utilisant le scanner. En revanche on n’est clairement pas aussi enthousiaste en ce qui concerne les combats contre les humains qui sont tout sauf intéressants. La faute à une IA complètement à la ramasse qui les pousse à faire n’importe quoi et rend ces affrontements futiles et sans intérêt, totalement à l’opposé des rixes contre les robots qui sont souvent très prenantes et bien plus tactiques. Au final, ces combats permettront, classiquement, à notre héroïne de gagner de l’expérience (et donc de pouvoir gagner des compétences réparties dans trois arbres distincts), mais aussi de récupérer des matériaux indispensables pour se fabriquer tout ce dont elle aura besoin pour rester en vie dans l’aventure. Flèches, projectiles, fioles de soins, améliorations de son équipement et bien d’autres babioles encore sont accessibles à travers un système de crafting aussi complet que simple et intuitif.

Cerise sur le gâteau, un peu plus tard dans l’aventure, Aloy récupérera un outils de piratage qui lui permettra de prendre le contrôle des créatures pour se faciliter la tâche, certains robots pouvant même être chevauchés et être utilisés comme monture pour se déplacer plus rapidement. Et si le jeu propose aussi un système de feu de camp permettant de se téléporter rapidement d’un lieu à l’autre, on peut vous assurer qu’il n’y a rien de plus grisant que de parcourir le monde de Horizon : Zero Dawn à dos de robot et ainsi profiter des couchers de soleil plus vrais que nature pour s’immerger totalement dans cette aventure qui, grâce à son gameplay simple mais efficace, sa plastique à tomber par terre et son scénario prenant offre, clairement, à la PS4, une exclusivité incontournable.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Belle des champs
7
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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