Test de Homefront : The Revolution (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PC.

KOREA NUMBER ONE

Exit les excellentes bases scénaristiques du premier volet écrites par John Milius, on remet tout à zéro dans Homefront : The Revolution avec un synopsis qui ne vole plus vraiment très haut. Ici, c’est un Apple-like made in Corée du Nord qui domine le marché multimédia et militaire aux États-Unis. Alors quand nos amis de l’Oncle Sam n’arrivent plus à rembourser leurs dettes, les coréens coupent les robinets et débarquent sur le sol du capitalisme. On oublie la ville de San Francisco pour partir sur la côte Est nord-américaine avec Philadelphie. Comme un changement n’arrive jamais seul, le développeur a modifié la manière de progresser. Il ne va plus être question d’une progression linéaire mais plutôt d’un monde-ouvert qui possède peu ou prou les mêmes mécanismes qu’un Far Cry (accéder à un point précis qui va dévoiler les quelques aides/activités aux alentours).

Il ne faut cependant pas croire que l’on va se balader du nord jusqu’au sud de Philadelphie sans interruption. Homefront ne propose que quelques quartiers dans lesquels on peut se balader librement. On a entre autres une zone industrielle quasiment détruite par les combats, une aire pavillonnaire/administrative davantage fleurie que seuls les collaborateurs au régime coréen ont accès, ou encore une zone infectée qui nous rappelle une ambiance « Stalker » qui a de quoi nous réjouir. Si l’on reste donc exclusivement dans cette ville américaine, les différentes ambiances permettent de ne pas trop se lasser du style graphique de ce Homefront. Malgré cela, on ne peut pas dire que cet épisode soit une claque technique, bien au contraire. S’il utilise le CryEngine et que l’on peut parfois apprécier certains lieux ou pièces qui donnent un ton de guerre civil de premier ordre, le moteur graphique allemand s’avère totalement sous-exploité. Pire, le soft souffre d’un manque énorme de finition. Entre des sons de moto (notre seul moyen de locomotion) affreux, une intelligence artificielle qui reste bloquée à l’extérieur des bâtiments ou qui se cogne contre des éléments du décor, quelques phrases non traduites ou des roquettes qui passent à travers d’hélicoptères invincibles, on est vraiment gâté.

The only good communist is a dead communist

Au moins, Homefront : The Revolution se veut sincère. Dès le départ, on sent que le jeu n’a pas eu les moyens pour être bêta-testé afin que le joueur puisse prendre un plaisir immédiat. L’introduction est d’une longueur monstrueuse pendant laquelle on rencontre tous les protagonistes importants du jeu. Les dialogues et la mise en scène sont tellement mauvais (notre personnage ne parle pas) que l’on tombe déjà dans la lassitude. Fort heureusement, la découverte du premier quartier ouvert avec un cycle jour/nuit et la possibilité de modifier une arme voire de la convertir (carabine qui peut devenir un sniper, ou un pistolet qui ressemble à un petit uzi) permettent au joueur de rester éveillé, un minimum. Par ailleurs, certains gadgets s’avèrent plutôt amusants, dont notamment la voiture téléguidée équipée de la petite bombe de son choix. En continuant dans les qualités du soft, au fil des captures de zones dans le quartier, l’ambiance commence à devenir différente avec des civils qui commencent à taper dans les voitures des forces de l’ordre, à de moins en moins apprécier leurs interpellations. En outre, il est possible à la manière d’un Freedom Fighters de recruter dans la rue des rebelles armés afin qu’ils nous aident dans nos missions. Bref, on se sent réellement comme le libérateur de la ville.

Les dialogues et la mise en scène sont tellement mauvais que l’on tombe dans la lassitude.

Il est donc d’autant plus dommage qu’avec ces petites bases amusantes le jeu reste peu motivant, avec pour cause des missions principales rarement passionnantes. On se voit ainsi trop souvent faire des aller-retour à pirater telle machine ou à contacter telle personne. De quoi rendre les dix heures nécessaires pour compléter l’aventure plus longues qu’elles n’y paraissent. Ce ne sont pas les contrats et les petites activités annexes répétitives à en crever qui vont nous motiver à finir le jeu à 100%. Les six missions disponibles en coopération s’avèrent également classiques dans leur déroulement. Tout juste sera-t-on surpris par l’apparition de deux stages sur TimeSplitters 2 lors d’un petit détour dans un quartier-prison en solo. Pas de quoi augmenter l’intérêt de ce Homefront : The Revolution définitivement décevant.

LE VERDICT
RÉVOLUTION AVORTÉE
4
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