Test de Gears of War 4 (PC, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir de versions dématérialisées sur PC et Xbox One.

« Bordel de merde ! »

Voilà déjà 25 années que Marcus Fenix et sa clique ont mis fin à la menace locuste. Sera n’est pour autant pas devenue un havre de paix, loin de là, puisque la planète est bouffée par des tempêtes dévastatrices alors que durent des querelles politiques entre la toute puissante CGU et des groupes survivalistes. C’est dans ce contexte que l’on retrouve notre nouvelle bande de héros, un groupe mené par un certain JD Fenix, fils de Marcus. Changement d’époque donc, The Coalition a souhaite faire un grand (petit) pas en avant pour partir sur de nouvelles bases. Que les fans se rassurent, Gears of War 4 n’en oublie pas de faire du Gears, bien au contraire, la marque de fabrique étant bel et bien là. Les six actes que durent la campagne rappellent ainsi assez largement les exploits passés de papa, l’histoire étant quant à elle malheureusement proche du scénario convenu Gears 3. Mais là où le troisième volet n’hésitait pas à placer le joueur face à d’innombrables interrogations sans forcément y répondre, Gears of War 4 ne s’embarrasse aucunement d’une telle complexité au point de proposer un scénario générique au possible. Pire, il faut attendre le troisième acte pour que les choses sérieuses débutent enfin, les premières heures du jeu étant notamment plombées par de nouveaux ennemis robotisés pas originaux pour deux sous et pas très intéressants à combattre. C’est bien mieux par la suite avec de la bonne vieille vermine à affronter, l’IA nous surprenant même par sa capacité à adapter son style de combat en fonction de nos habitudes. Quant à notre nouvelle bande, les fortes têtes sont certes sympathiques mais, à l’image d’un JD Fenix générique au possible, leur personnalité n’arrive pas à la hauteur de celles des aînés. Fort heureusement, pour combler le manque d’originalité de l’histoire, The Coalition n’a pas hésité à jouer avec les sentiments des fans, sans en abuser. Une bonne chose pour cette campagne, couplée avec certains passages extrêmement jouissifs à jouer. Pas de quoi sauver la conclusion, médiocre, mais suffisant pour nous donner envie d’y replonger, pourquoi pas en coopération et avec une difficulté plus élevée.

Comptez une petite dizaine d’heures (cinématiques incluses) pour venir à bout de la campagne, un compteur qui gonfle dès que l’on opte pour le niveau Vétéran (ou supérieur, il est de toute façon fortement conseillé de débuter la partie avec ces paramètres). Ces heures, nous les passons dans des environnements de toute beauté, Gears of War 4 étant une véritable réussite technique. Jamais à la traîne, souvent bluffant et capable de varier les plaisirs avec des décors de toutes sortes, le titre de The Coalition impressionne mais n’est pour autant pas exempts de fausses notes artistiques. Certains niveaux sont en effet bien mois intéressants à découvrir que d’autres, enchaînant les couloirs monotones et les environnements sous-terrains sans saveur particulière. Autant le dire tout de suite, le constat technique est on ne peut plus satisfaisant en multi avec une fluidité de tous les instants pour rendre les parties les plus dynamiques et agréables possible. Mais avant de jouer de la tronçonneuse à plusieurs, notons que Gears of War 4 a quelques nouveautés à dévoiler dans sa formule en apparence inchangée. Des éléments de gameplay bienvenus qui modernisent, un peu, le gameplay, histoire de donner un léger coup de jeune à la franchise sans en changer les codes. Plus nerveuse, la jouabilité profite par exemple de la possibilité de passer par dessus un obstacle sans avoir besoin de se mettre préalablement à couvert. JD et compagnie sont également plus rapides lorsqu’il s’agit de changer de point de couverture, pratique lorsque notre protection du moment se dégrade et qu’il faut se mettre à couvert ailleurs. Enfin, on apprécie aussi beaucoup la possibilité de choper un ennemi planqué juste de l’autre côté d’un mur pour le finir au couteau, un finish move qui procure autant de plaisir que le classique découpage au Lanzor.

Des éléments de gameplay bienvenus qui modernisent, un peu, le gameplay, histoire de donner un léger coup de jeune à la franchise sans en changer les codes.

Dans l’ensemble, Gears of War 4 propose un déroulement somme toute classique de son action avec ses vagues d’ennemis qui se concluent sur le même son salvateur, ses passages façon Horde et ses salles/environnements ouverts où l’on peut parier à l’avance sur les endroits où les ennemis vont débouler. Cette formule, qui profite donc des quelques nouveautés évoquées, fonctionne toujours autant, ponctuée ici par des séquences climatiques assez impressionnantes. Parce que Sera est en proie à de violentes tempêtes électriques, il faut parfois affronter des ennemis alors que les éclairs tombent et que le vent tourbillonne, rendant futiles les armes à projectiles (grenades, disqueuses, etc.). Le joueur peut alors compter sur la fragilité de certains éléments du décor pour venir à bout d’ennemis solidement planqués, le rendu à l’écran étant plutôt réussi. Enfin, les adeptes des plaques CGU auront toujours de quoi fouiller les moindres recoins des niveaux, même si documents et autres objets du passé sont tout aussi nombreux à ramasser dans ce Gears 4.

Horde, mon amour

La Horde 3.0, plutôt clinquant sur le papier. Une appellation pleine de promesses, nous ramenant aux doux souvenirs de la très addictive version 2.0 dans Gears 3. Aucun suspense n’est de mise, c’est une vraie réussite dans ce nouveau volet, ne serait-ce qu’avec les 10 cartes déjà présentes (dont le retour de l’Impasse de Gears) et fichtrement bien taillées pour de telles joutes. Au cœur de cette nouvelle horde, le Fabricator, véritable atelier ambulant à partir duquel les joueurs peuvent créer tous les éléments qui servent à la défense, tout en faisant le plein côté arsenal. Autre facteur clé de la Horde 3.0, les classes présentes et les compétences améliorables qui vont avec. Soldat, sniper, ingénieur, lourd et repérage, cinq classes qui apportent des bonus non négligeables dans une partie et qu’il est vraiment intéressant d’avoir dans chaque escouade, histoire de se donner le maximum de réussite au moment d’aborder les vagues les plus ardues. D’autres bonus, des primes, font aussi leur apparition, là encore pour faciliter la vie du joueur. Pas directement cela dit, puisqu’il est surtout question de bonus d’XP ou de Ferraille (une monnaie in-game) à obtenir en accomplissant des tâches bien précises. Une Prime activée, si le contrat n’est pas rempli à la fin de la partie, est tout simplement inutile, l’important étant alors de jouer la bonne carte Prime au bon moment pour s’assurer d’obtenir la récompense désirée.

À la manière de ce qui se fait dans un Halo 5, des packs de cartes sont à acheter avec des crédits cumulés au fil des heures de jeu (ou avec de l’argent bien réel, mais l’intérêt des micro-transactions est réduit, dépendant uniquement de la patience du joueur à obtenir tel ou tel élément). Des packs qui contiennent des cartes de différentes natures, à savoir les fameuses primes, compétences de classe et éléments de personnalisation, sachant qu’il est tout à fait possible de « détruire » une carte que l’on pense ne pas utiliser pour récupérer un peu de Ferraille et, pourquoi pas, créer une carte plus intéressante. Un système qui ne révolutionne en rien le genre, certes, mais qui s’intègre parfaitement aux mécaniques de Gears of War 4 et ne fait que renforcer l’intérêt déjà immense que l’on porte à la partie multijoueur du titre. Soulignons que les fameuses Primes sont aussi valables en Bataille, l’autre partie du multi de Gears of War 4 avec ses modes compétitifs et coopératifs à gogo (match à mort, roi de la colline, course à l’armement, zone de guerre, exécution, etc.). Du classique mais du solide, autrement dit des sessions là encore diablement efficaces.

Et la technique sur PC ?

La version PC de Gears of War 4 utilise la dernière version de l’Unreal Engine qui fournit tout un tas d’effets de dernière génération absolument bluffant. On vous passe les détails, mais sachez tout de même que si la version Xbox One bénéficie d’une réalisation plus qu’honnête, la version PC est sans conteste un bon cran au-dessus. Pour se rendre compte du travail réalisé par The Coalition il suffit de se rendre directement dans le menu des options du jeu pour voir à quel point le studio n’a pas pris cette version à la légère. Tout, absolument tout y paramétrable. Le jeu propose même un outils très bien foutu et très clair pour calibrer les options du jeu automatiquement. Vous pourrez tout à fait rester sur les paramètres que le jeu aura détecté pour vous, mais il serait dommage de ne pas tirer profit de toutes les options disponibles. Surtout que le jeu a tendance à désactiver certains effets, certes gourmands, mais qu’il serait regrettable de négliger sous peine de vraiment perdre en qualité visuelle.

Techniquement, la version PC de Gears of War 4 tient parfaitement la route et ce portage est probablement le meilleur que l’on ait vu depuis longtemps.

On pense notamment à l’Ambiant Occlusion et la densité du feuillage à l’écran. Ces deux options coûtent relativement beaucoup en termes de GPU et sont souvent rabaissées à un faible niveau quand le jeu détecte que votre configuration n’est pas assez solide pour les supporter. En réalité, il ne faut pas hésiter à laisser ses deux options au minimum sur élevé et jouer avec le reste des paramètres pour gagner de précieux FPS. Pour ça The Coalition a pensé à ajouter un commentaire à chaque option afin d’indiquer l’impact sur les performances en général (coût en CPU, en GPU et en mémoire). Il est ainsi facile de trouver comment récupérer de précieuses ressources si jamais votre configuration venait à manquer de punch. Tout ceci offre à Gears of War 4 PC une impressionnante capacité à s’adapter à toutes les machines. Sur une vieillissante GTX 780Ti il est tout à fait possible d’obtenir un très bon rendu visuel sans jamais tomber sous les 60 images par seconde, tandis qu’une GTX 980 suffira pour profiter du mode Ultra sans aucun problème.

Les joueurs PC peuvent donc être rassurés, techniquement Gears of War 4 tient parfaitement la route et ce portage est probablement le meilleur que l’on ait vu depuis longtemps. Reste que pour faire les fines bouches on retiendra tout de même deux ou trois petites choses qui font grincer des dents. La première concerne les cinématiques du jeu qui, lorsqu’elles ne sont pas en temps réel, font peine à voir. Trente images seconde et une compression abusive donne un piètre résultat. Lorsque l’on joue dans des résolutions élevées avec un frame rate indécent, l’arrivée d’une cinématique fait relativement mal au cœur. Mais avec presque 80 Go à télécharger, on peut comprendre que The Coalition ait été forcé de faire des sacrifices. Et puisque l’on parle de téléchargement on terminera ce tour d’horizon en soulignant ce déploiement catastrophique du jeu, puisqu’à l’heure qu’il est certains joueurs n’ont toujours pas pu lancer le jeu quand d’autres passent leur temps à télécharger l’ensemble des données en boucle sans vraiment comprendre ce qui se passe. Si l’on n’en croit les forums officiels The Coalition travaille activement avec Microsoft pour résoudre le problème le plus rapidement possible. Il serait en effet regrettable que les joueurs ne puissent pas profiter de ce petit bijou sur PC.

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LE VERDICT
MÉDAILLE D'HONNEUR
8
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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