Test de FIFA 17 (PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One.

Frostbite the dust

On ne va pas se mentir, on est loin d’avoir eu une baffe graphique lors de notre première partie dans FIFA 17. En plein match, les différences visuelles avec la cuvée précédente ne sont pas flagrantes. Un constat qui signifie deux choses : la transition à partir de l’ancien engine s’est donc faite sans douleur mais le Frostbite ne livre peut-être pas encore tout son potentiel. En y regardant de plus près, sur ce qui se passe en-dehors du terrain, de nombreux détails viennent trancher avec l’édition précédente. Un public plus animé, des conditions météorologiques plus marquées, des effets visuels plus précis, l’enrobage est donc soigné tout comme les visages des joueurs les plus célèbres. Le potentiel est là, c’est certain, mais FIFA 17 donne franchement l’impression de n’être qu’un premier pas encore trop timide vers une nouvelle ère, les ralentissements qui pénalisent le jeu ici et là nous confortant dans cette idée. Cette impression que ce FIFA nous laisse sur le plan technique, on la retrouve également côté jouabilité.

Dans le vent

Bien sûr, toutes les bonnes choses apportées par les épisodes d’avant sont quasiment au rendez-vous. Par exemple, on se plaît toujours autant à composer avec les passes fortes introduites l’année passée, à se bagarrer pour s’assurer le contrôle du ballon sur une passe aérienne et à décrocher des frappes toujours aussi variées, entre autres réjouissances du genre. Plus globalement, mener son offensive reste quelque chose d’assez jouissif même si, et c’est l’un des points noirs de FIFA 17, les différences entre grosses écuries et formations plus modestes sont on ne peut plus pénibles. Si le Barça, le Real, City, Chelsea, le Bayern, le PSG et d’autres équipes du même acabit peuvent compter sur leur individualité pour apporter de la folie dans le jeu, des deux côtés du terrain, les rencontres plus classiques, comme celle entre de bonnes vieilles équipes du milieu de tableau de L1, brillent par leur capacité à faire ressortir les inégalités qui règnent entre attaque et défense. On l’a dit, les outils sont là pour mener des contres assassins et construire de belles actions. En revanche, lorsqu’il s’agit de défendre, et que le curseur de difficulté est poussé vers le haut, le calvaire commence. Le timing pour réaliser un tacle debout n’a jamais été aussi capricieux, les duels n’ont jamais autant favorisé les attaquants et les courses n’ont jamais semblé aussi désespérées lorsqu’il s’agit de coller son vis-à-vis. Rien d’insurmontable non plus, n’exagérons pas, la pratique et les heures de jeu cumulées aidant à mieux appréhender ces délicatesses dont on aurait souhaité se priver.

FIFA 17, c’est un peu comme si la licence d’Electronic Arts affirmait sa volonté de franchir un nouveau cap.

Ce qui nous semble plus incompréhensible en revanche, c’est cette sale manie que l’IA adverse a à se transcender côté défense. Peu importe le niveau des joueurs contre lesquels on se dispute la balle, on a cette désagréable sensation que, de toute manière, ils seront toujours plus rapides sur les courses, que les contres leur seront forcément favorables et qu’un pied sera inévitablement sur la trajectoire d’une frappe à l’entrée de la surface. Encore une fois, le constat s’applique essentiellement sur les matchs avec des équipes 4 étoiles et moins mais il est dommage de voir que l’adversaire se montrera systématiquement intraitable en défense, que son taux des passes réussies sera toujours supérieur à 90%. Quant à ceux qui se contentent des équipes stars et de FUT, ces éléments leur sauteront évidemment moins aux yeux mais il n’empêche qu’ils devront eux-aussi se coltiner un rythme de jeu exagérément fou et grincer des dents au moment de protéger leur propre but. Autre sujet qui fâche, ces foutues collisions qui commencent à faire tâche en 2016. Qu’il est déplorable de voir deux de nos joueurs faire pressing sur un même adversaire, se rentrer dedans, se retrouver au sol et mettre dix plombes à se relever alors que rien de tout ça n’est justifié. Le pire, c’est ce que ce genre de situation arrive encore assez souvent, même quelques patchs plus tard.

Enfin, on se rend compte que le changement de joueur en défense est tout sauf intuitif, nous obligeant souvent à appuyer encore et encore jusqu’à arriver à contrôler le bon défenseur. Comme si le secteur défensif de FIFA 17 avait besoin de ça… Ce dont on voulait bien se priver également, c’est le nouveau système mis en place pour les coups de pied arrêtés. Censé être plus précis, il se révèle surtout très aléatoire et pas très pratique à utiliser avec un curseur bien pénible à gérer. Ça, c’est pour la partie corner/coup franc lointain. Côté tir au but, certains apprécieront la possibilité de réellement choisir le coin où placer le ballon ainsi que la course d’élan (et l’effet) que l’on veut donner juste avant la frappe. D’autres, bien sûr, regretteront en revanche cette nouveauté dans les penaltys et devront passer par la case entraînement pour être sûrs de ne pas se ridiculiser au premier péno venu. D’ailleurs, un tir au but manqué sera l’occasion pour Pierre Ménès, nouveau venu dans les commentaires au côté de l’historique Mathoux, d’envoyer une petite pique dont il a le secret. Plus généralement, ce nouveau duo se montre plutôt efficace et plaisant à écouter, au point que même 1 mois après la sortie du jeu, on n’a pas encore eu envie de désactiver les commentaires (une première depuis belle lurette).

L’aventure avec un petit « a »

Pièce maîtresse de FIFA 17, le mode Aventure est aussi réussi qu’il déçoit. En premier lieu, c’est la satisfaction qui guette à la découverte de ce mode scénarisé où l’on suit les débuts en ligues anglaises d’un certain Alex Hunter. L’histoire, bien que multipliant les clichés, se suit agréablement, les cinématiques et la mise en scène font largement honneur au Frostbite et le rythme entre histoire/séquences jouées est assez bien trouvé, malgré des séances d’entraînements vites répétitives. Malgré cela, on reste clairement sur notre faim au moment où l’Aventure s’arrête. Un fin prématurée, qui fait ressortir des décisions à prendre dont les conséquences se mesurent à peine (on peut être arrogant, neutre ou modeste, cela ne change en rien notre histoire), des situations qui doivent arriver à tout prix (perdre un match clé entraîne un game over et l’obligation de recommencer la rencontre jusqu’à ce que la victoire s’en suive) et des performances sur le terrain qui n’ont en réalité que peu d’influence sur notre temps de jeu et notre destinée. Ne faisons pas trop la fin bouche, Electronic Arts réalise là tout de même une entrée intéressante dans le monde de la carrière sportive scénarisée bien que le maître en la matière, NBA 2K, semble encore bien tranquille. Reste, encore une fois, une réalisation de premier choix pour cette Aventure qui en entraînera d’autres plus complètes, on ne peut que le souhaiter.

La récréation Alex Hunter terminée, on se jette bien volontiers sur les autres modes toujours aussi nombreux de ce FIFA saison 2016-2017. Le mode Carrière a droit à un vent de fraîcheur avec la mise en place d’objectifs clairs, précis, à gérer et évidemment à remplir. Qu’il s’agisse de veiller à la promotion des jeunes pousses du club et de redonner ses lettres de noblesse au club en remportant une coupe nationale tant désirée, entre autres, les dirigeants fixent donc des objectifs dont on peut consulter l’évolution à chaque instant, dans un menu repensé. Toute la partie finance a elle-aussi eu droit à une refonte bienvenue alors que, plus anecdotique, on peut se choisir un avatar Frostbitisé et le personnaliser pour avoir droit à ses gros plans lors des matchs. Bref, la Carrière s’offre donc une profondeur assez plaisante, au même titre que l’Ultimate Team. Le chouchou des joueurs de FIFA revient avec des Défis de création d’équipe qu’il faut relever en se soumettant à des critères bien précis, un chronophage mode FUT Champions pour participer, chaque semaine, à des compétitions qui trouvent leur issue le week-end, ainsi que la possibilité de télécharger son équipe FUT pour l’utiliser dans une partie locale. Ajoutez cela à tout ce qui a fait le succès de FUT les années précédentes et vous obtenez la crème de l’Ultimate Team, ni plus ni moins.

LE VERDICT
RENARD DES SURFACES
7
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.