Test de Far Cry Primal (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One.

Rendez-vous en terrain connu

Une partie de chasse au mammouth qui tourne mal et un tigre aux dents de sabre à l’appétit un peu trop féroce, voilà comment Takkar, le héros de ce récit préhistorique, se retrouve livré à lui-même en terre d’Oros. Une contrée à la végétation luxuriante mais aux mille et un dangers où les Wenjas, les membres de sa tribu, sont totalement dispersés. Réunir ses frères, lutter contre une nature hostile et combattre les forces en présence pour faire d’Oros une véritable terre d’accueil, Takkar a du pain sur la planche. Ce périple nous est conté de bien belle manière par Ubisoft Montréal qui, en plus de proposer des cinématiques qui sont un régal pour les yeux, affiche des environnements de toute beauté. La carte du jeu, à la découpe étrangement proche de la map de Far Cry 4, se compose de décors joliment enneigés, de petites plaines verdoyantes, de chutes d’eau rafraîchissantes et de forêts plutôt denses. Imaginez le tout avec de jolis effets de lumière et vous comprendrez que se promener dans Oros peut rapidement devenir chronophage, de jour comme de nuit. C’est d’autant plus plaisant que les paysages se découvrent sans avoir à se coltiner les traditionnelles tours d’observation, la ballade dans une contrée étant suffisante pour en dévoiler les courbes.

Mieux encore, Ubisoft a pris le pari d’instaurer un dialecte inédit pour renforcer cette délicieuse ambiance. Les personnages de Far Cry Primal parlent une langue entièrement créée par des linguistes et dont l’effet est garanti durant les dialogues. Bien sûr, le jeu ne brille pas par la richesse de ses répliques mais l’ambiance, elle, s’en retrouve indéniablement renforcée. Une ambiance soignée ne suffit toutefois pas à rendre Far Cry Primal intéressant du début jusqu’à la fin. Si on excuse volontiers le manque de variété des missions principales, parce qu’on devine aisément les limites que peuvent imposer les activités préhistoriques, on aurait en revanche souhaité que l’histoire narrée soit un peu plus excitante et que les quêtes secondaires ne soient pas aussi rébarbatives. Au lieu de ça, le scénario se cantonne à cette quête de la terre d’accueil idéale pour les Wenjas et on s’en désintéresse rapidement, malgré le plaisir que l’on a à parcourir la terre d’Oros. Le problème de Primal est aussi de calquer sa progression sur celle des précédents jeux de la franchise, limitant l’effet de surprise et donnant l’impression d’une prise de risque minimum. Pour un épisode faisant le choix d’une ambiance inédite, c’est dommage.

Gourdin Direct

Une puissance de feu qui se limite à un arc, une sagaie et un gourdin, Far Cry Primal tranche radicalement avec ses aînés. Pour lutter contre les tribus ennemis ou affronter les animaux sauvages, Takkar ne peut ainsi compter que sur une poignée d’armes élémentaires à créer en récoltant, préalablement, différentes ressources (comme un bout de bois ou un peu de silex, entre autres). Un menu déroulant permet d’obtenir, à la volée, l’arme de son choix alors qu’en bon Far Cry qu’il est, cet épisode propose son tableau d’améliorations à débloquer (toujours à l’aide de ressources) pour rendre les armes, mais aussi l’équipement, plus efficaces. Les compétences, elles-aussi à débloquer au fil des heures de jeu, sont également au rendez-vous, histoire de se rendre la tâche plus aisée lors des sessions de chasse, de renforcer la santé de Takkar ou encore d’en faire un redoutable Wenja. Sur ces aspects, Far Cry Primal ne surprend pas et les fans de la franchise retrouvent rapidement leurs repères. Aucune surprise au rendez-vous donc, mais avoir un héros qui dépèce des animaux à tout-va et qui fait de la cueillette à outrance trouve légitimement sa place dans cet opus, chose pas aussi évidente dans Far Cry 3 et 4.

Cette progression pas si inédite que ça, elle trouve bien heureusement un second souffle grâce à l’objectif principal de Far Cry Primal : trouver d’autres Wenjas. Lors des missions principales ou à l’occasion d’une quête secondaire, le joueur libère des compagnons qui vont alors gonfler les rangs de sa tribu. Deviennent alors accessibles de nouvelles compétences, un équipement plus riche et des armes plus sophistiquées, l’intérêt étant également d’obtenir plus rapidement certaines ressources. Mais se faciliter la tâche a un prix : il faut régulièrement améliorer les habitats de nos semblables en allant récupérer des ressources bien précises. Bref, on accomplit un maximum de missions, on libère des Wenjas, on part à la chasse aux ressources pour en obtenir encore plus et glaner davantage d’XP : la mécanique est bien huilée et la formule fonctionne.

Une puissance de feu qui se limite à un arc, une sagaie et un gourdin, Far Cry Primal tranche radicalement avec ses aînés.

30 millions d’amis

Clairement pas surprenant manette dans les mains, Far Cry Primal peut donc compter sur son ambiance pour séduire et apporter un peu de fraîcheur à un gameplay qui a déjà fait ses preuves. Ce qui est aussi vrai avec le jeu d’Ubisoft, et qui l’était déjà dans les épisodes d’avant, c’est l’efficacité des attaques furtives. Se cacher dans les hautes-herbes pour surprendre un groupe ennemi, infiltrer un lieu hostile en pleine nuit en éliminant les menaces les unes après les autres mais aussi privilégier les attaques à distance pour garder l’effet de surprise, autant de situations qui prouvent l’intérêt de se la jouer furtif que ce soit face à d’autres humains ou en pleine chasse. Bien sûr, les adorateurs du gourdin peuvent toujours foncer tête baissée mais il faut alors composer avec des combats au corps-à-corps franchement bordéliques. Et tant qu’à faire, autant être accompagné d’une bête féroce que l’on aura soigneusement domptée quelques minutes plus tôt.

En s’attachant les services d’un chaman, Takkar débloque la capacité d’approcher les animaux, de les amadouer pour en faire de précieux alliés. Loup, jaguar, lion, tigre à dents de sabre, ours ou même mammouth, tous peuvent être invoqués en une courte manipulation. On se retrouve alors avec une bête qui obéit au doigt à l’œil, prête à attaquer une cible bien précise, à nous prévenir du danger et à chasser pour notre compte. Si le joueur passe en mode furtif, l’animal adapte son comportement et son approche pour calquer sur celle du maître. Plaisant et redoutablement efficace, malgré une IA pas toujours très brillante. Il n’est en effet pas rare de voir son animal de compagnie avoir toutes les peines du monde à se frayer un chemin, une situation qui peut devenir gênante lorsque l’on attend le soutien de la bestiole et que les ennemis, la plupart du temps incroyablement réactifs (le joueur peut se faire repérer sur une distance ridiculement lointaine), se font de plus en plus oppressants. L’IA des autres Wenjas n’est elle-aussi pas toujours au beau fixe, l’exemple le plus flagrant étant leur réaction totalement aléatoire face à notre animal de compagnie pourtant doux comme un agneau. Notons que la faune de Far Cry Primal compte aussi dans ses rangs une chouette, volatile que Takkar ne peut cependant pas dresser. Notre héros a en fait la possibilité d’entrer en transe pour littéralement incarner le rapace, survoler une large zone, repérer les ennemis et même les attaquer.

LE VERDICT
SAUVAGE
7
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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