Test de DOOM (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One.

Mars, et ça repart

Bienvenue à l’UAC (Union Aerospace Corporation), une compagnie qui étudie le portail menant à l’Enfer. Forcément, une telle activité ne peut mener qu’à la destruction et c’est en plein chaos que notre héros se réveille, sur Mars. Si l’IA du complexe tente de nous expliquer les détails de la situation et les actions à mener pour mettre fin au cauchemar, notre héros décide rapidement de passer outre les ordres qui lui sont donnés pour résoudre, à sa manière un peu primaire, le problème. Comme pour se moquer des FPS exagérément scénarisés qui assomment les joueurs avec de grosses cinématiques, DOOM abandonne au fil des heures les explications hasardeuses pour aller à l’essentiel : détruire des hordes de démons. N’allez pas croire que le jeu ne dispose d’aucun élément scénaristique, puisqu’il est tout à fait possible de s’attarder sur de nombreuses notes pour en apprendre davantage sur le pourquoi du comment, mais id Software nous invite presque délibérément à faire fi du contexte. Un choix judicieux puisqu’il nous permet de profiter pleinement de l’expérience de jeu, sans avoir à traîner un poids qui viendrait inutilement plomber le rythme.

DOOM n’est pourtant pas exempt de défauts de ce côté-là avec une campagne qui n’est pas variée pour deux sous. Affronter des hordes de démons c’est bien, surtout quand les spécimens les plus imposants sont introduits progressivement, au fil des heures de jeu, histoire de gonfler intelligemment le challenge. Il faut toutefois attendre les trois quarts de l’aventure pour faire face à un boss, des combats grisants dont on regrette simplement qu’ils arrivent si tardivement. Mais on n’en veut pas vraiment à id Software de ce manque de variété tant ce nouveau DOOM est intelligemment construit. Chaque niveau aborde une architecture faussement labyrinthique avec de multiples passages secrets à découvrir, comme au bon vieux temps remarqueront les plus anciens d’entre-vous. Ces mêmes joueurs salueront également le retour des cartes d’accès de différentes couleurs pour ouvrir les portes et tous prendront un plaisir monstre à débouler dans des arènes qui sentent bon le piège démoniaque. Impossible en effet de croiser aléatoirement une petite escouade de démons imprudents, les combats sont minutieusement orchestrés dans des zones de jeu bien précises avec des hordes qui s’enchaînent dans une intensité folle.

Highway To Hell

En plus de ces éléments qui sentent bon le FPS old-school, DOOM a la bonne idée d’introduire des mécaniques modernes qui se marient parfaitement avec le reste. En tête de gondole des nouveautés on retrouve les glory kills, ces mises à mort à déclencher au corps à corps sur des ennemis affaiblis. En plus d’offrir une mise en scène brutale, ces glory kills permettent de faire le plein de santé et de munitions une fois le démon concerné réduit en miettes. Une manière comme une autre de rappeler que la santé, l’armure et les armes/munitions se perdent et se regagnent à un rythme effréné, répondant à un cycle bien précis, parfaitement calibré et aussi gratifiant que frustrant. DOOM fait partie de ces rares titres où l’on peut passer, en quelques secondes à peine, d’une situation extrêmement délicate à une position de force. Les bonus (invincibilité, mobilité, mode berserker, etc.) habilement placés dans chaque arène jouent également un rôle clé dans ce balai sauvage, tout comme les armes. Du bon vieux fusil à canon scié au BFG en passant par le fusil automatique, le lance-roquettes et le fusil Gauss, entre autres, chaque élément de l’arsenal de DOOM dispose d’un très bon feeling. Preuve que id Software a trouvé le dosage idéal côté challenge, il est également possible d’utiliser la tronçonneuse pour découper un ennemi et ainsi récupérer, comme par magie, le plein de munitions pour toutes les autres armes. Ainsi, lorsqu’on est au plus mal, les mécaniques mises en place permettent souvent de s’en sortir.

Gore, violent, brutal, nerveux, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’expérience solitaire offerte par DOOM.

Gore, violent, brutal, nerveux, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’expérience solitaire offerte par DOOM. Un sentiment renforcé par une ambiance unique, à base d’installations modernes sur Mars puis par un Enfer hostile que l’on se plaît à parcourir. Pas forcément le jeu le plus beau de sa génération, le titre fait le job sur le plan visuel grâce à son esthétique unique et surtout son extrême fluidité. Un régal. Même la palette sonore, méchamment sauvage, accomplit son rôle sans trop en faire. Certes, plus le final de l’aventure approche, plus la progression dans les niveaux devient linéaire, mais on oublie assez vite ce désagrément tant l’envie d’en découdre est là. id Software assume ses choix, ne trompent jamais le joueur avec un artifice bidon et arrive même à mettre en place des systèmes élaborés au milieu de cet ensemble d’apparence si basique. Grâce à des Runes (à débloquer en accomplissant des défis cachés dans les niveaux) il est possible de s’octroyer un bonus permanent, des défis propres à chaque mission permettent de récupérer des points utiles à l’amélioration des armes alors que des unités à retirer des corps de soldats morts sont là pour renforcer notre armure, notre santé de base ou notre stock de munitions. Ajoutez tout cela aux nombreux secrets que renferment le jeu et aux ressources (munitions, santé, armure) qu’il faut souvent gérer lors des combats, on se rend compte que DOOM est un peu plus subtil que ce qu’il veut bien nous faire croire.

Enfin, difficile de parler de DOOM sans évoquer l’éditeur de niveaux proposé par id Software : SnapMap. Un outil qui, une fois les bases acquises, offre aux plus créatifs l’opportunité de donner vie à de chouettes niveaux. En plus de gérer l’architecture d’un level, on peut définir certaines conditions de jeu (tel ennemi apparaît lorsqu’un joueur passe par tel endroit, par exemple). Habilement utilisées, ces mécaniques à mettre en place offrent bien plus que des parties deathmatch à créer, certains petits génies ayant déjà réussi à proposer du tower defense ou encore un simili-MOBA. Malheureusement, toutes les armes ne sont pas (encore ?) présentes, quelques ennemis manquent à l’appel et il n’y a pas tant d’objets que ça à utiliser. Notre plus gros regret ? Impossible d’utiliser l’Enfer comme cadre de jeu. On espère sincèrement que de futures mises à jour viendront compléter ce SnapMap si prometteur, un complément de choix à la campagne du jeu. On ne peut pas en dire autant de la partie multijoueur de DOOM, classique au possible, divertissante l’espace de quelques minutes mais clairement là pour dire que « oui, il y a du multijoueur ».

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
OLD SCHOOL
7
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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