Test de Cuphead (PC, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC avec une manette Xbox One (oui, une seule).

Devil don’t you fool me !

Pour Cuphead et Mugman tout est parti d’un simple pari. Tranquillement installés à une table du Casino de Inkwell Isle, les dés en leur faveur, ils étaient à deux doigts de tout rafler. Mais un défi lancé par le diable en personne et un jet de dés en trop plus tard, les voilà privés de leur âme. Dans sa grande générosité le démon leur a tout de même offert l’opportunité de se refaire : en récoltant les âmes de tous ses débiteurs sur l’île, il leur rendra leur âme de porcelaine. Pas découragées par le challenge, les deux têtes de tasse partent donc affronter les différentes créatures qui ont une dette envers le Diable dans le but d’effacer leur ardoise, sans se douter un seul instant de la hauteur du challenge qui les attend.

Inutile de le nier, la première chose qui saute aux yeux lorsqu’on lance Cuphead c’est évidemment sa plastique. On en a tous rêvé, un jeu au look cartoon avec des animations façon Dave et Max Fleisher. De cette inspiration en ressort un jeu visuellement bluffant où les animations sont juste complètement folles et où le niveau de détails donne parfois envie d’arrêter de jouer pour profiter de ce travail incroyable. Tous les ennemis, boss compris, sont bourrés de mimiques absolument tordantes et chaque tableau traversé est un véritable plaisir pour la rétine. Le soin a été poussé à l’extrême absolument partout, à chaque instant. Même dans les phases plus posées comme entre deux étapes d’un boss ou lors des déplacements sur la carte d’Inkwell Isle on se rend compte à quel point les développeurs ont poussé le soin du détail à son maximum. La contrepartie de cette indigestion de perfection visuelle c’est qu’il y a tellement de choses à regarder (et à apprécier) à l’écran qu’il est difficile d’en profiter tout en esquivant la masse de choses qui essayent de nous faire échouer. Mais comme de toute manière le jeu amène, obligatoirement, à faire et refaire les niveaux plusieurs fois, on finit tout de même par en profiter un minimum (on vous invite à prendre le temps de regarder un pote jouer juste pour profiter du contenu visuel dans sa totalité, vous nous remercierez). Tout au plus on pourrait se plaindre de la lisibilité à l’écran, par moments, mais comme on a adoré en prendre plein la vue pendant les 8h nécessaires pour terminer le jeu une première fois, on n’en dira pas plus.

Pour clore le chapitre visuel, on se permet d’ailleurs une petite parenthèse technique à ce sujet en vous invitant à faire un petit tour sur Youtube, pour regarder la vidéo de présentation du processus d’animation du jeu faite à la GDC, histoire de bien vous rendre compte du travail réalisé par le studio. Fermez la parenthèse.

You’re gonna die. And you’re gonna love it.

Cuphead propose donc deux types de gameplay bien différents. Les run & gun sont des niveaux typés plates-formes qu’il faut traverser de bout en bout pour terminer. Généralement au bout de ces séquences se trouve un mini-boss pas bien méchant. Ces niveaux sont en réalité l’occasion de récupérer des pièces d’or qui permettent d’acheter des améliorations chez le marchand que l’on trouve sur chaque île. L’autre type de challenge que l’on trouve dans Cuphead sont les boss rush. Beaucoup plus nombreux que les run & gun, ils mettent le joueur aux prises avec un boss énorme, coriace, possédant plusieurs phases et qui donne lieu à des affrontements complètement fous qui seront un vrai test aussi bien pour l’acuité visuelle du joueur que pour ses réflexes. Il faut être aux aguets en permanence, prêt à éviter des projectiles qui viennent de toute part et qui ont des formes complètement inattendues. Pour les plus frileux, le jeu propose pour ces boss un mode dit facile qu’on aura bien du mal à conseiller. D’une part parce que vaincre un boss en mode simple ne permet pas de récupérer le contrat qui est sur sa tête (et il faudra tous les contrats pour accéder à la zone finale du jeu), d’autre part parce que ce mode facile se garde bien de montrer toutes les attaques que les boss possèdent en réalité. Si on a donc l’impression de pouvoir s’entraîner avant de faire le grand saut, on se rend surtout compte qu’on a perdu son temps pour le passage au mode normal qui réservera tout de même son lot de surprises et, surtout, d’échecs.

De cette inspiration en ressort un jeu visuellement bluffant où les animations sont juste complètement folles

Il ne faut pas se leurrer, Cuphead est basé sur le Die and Retry et il ne s’en cache pas. Lorsque l’on découvre un boss pour la première fois il est probablement impossible de s’en sortir sans se faire occire. Certaines attaques demandent une bonne préparation et un positionnement précis pour pouvoir être esquivées et, sans les avoir connues avant, c’est impossible de ne pas se faire toucher. Il faut donc accepter de mourir, pour apprendre, pour recommencer et ainsi de suite jusqu’à réussir le boss en question. Malgré ça le jeu demande également une bonne dose de réflexes car les attaques ne sont pas scriptées. Les boss sortent leurs coups dans n’importe quel ordre, de manière totalement aléatoire, demandant alors aux joueurs de réagir promptement aux différents signaux émis avant telle ou telle attaque.

Parry is the key

Pour faire face à ce déluge d’attaques, le joueur dispose d’un arsenal bien rempli. A commencer par un personnage pouvant tirer dans les huit directions et qui répond au doigt et à l’œil, permettant de réagir au quart de tour. Une fois les premières améliorations acquises chez le marchand (tirs à tête chercheuse moins puissants mais plus simple à utiliser, tir puissant en boomerang, etc.) on pourra alors s’équiper de deux types de tir principal pour pouvoir alterner à la demande et ainsi faire face à toutes les situations. On peut également équiper un charme qui, sadiquement, apporte parfois un avantage et un inconvénient (un point de vie supplémentaire mais moins de dégâts générés par exemple). Enfin, le joueur dispose également d’un tir secondaire. Au fur et à mesure qu’il touche des ennemis, une jauge, sous forme de carte à jouer, se remplit. Chaque carte complétée permet de lancer un projectile plus puissant que la normale. En laissant la jauge se remplir (5 cartes) le joueur possède une attaque dite Super Art qui, sans être totalement dévastatrice, génère de gros dégâts sur les ennemis, faisant ainsi gagner un temps précieux dans la bataille. Une super attaque que l’on apprendra à utiliser au bon moment car elle ne rend nullement le joueur intouchable pendant son utilisation et il faudra être certain de ne pas prendre de risque au moment de la lancer (sous peine de se faire plus pénaliser qu’autre chose).

L’autre élément majeur du gameplay de Cuphead, c’est le mécanisme de parry. Expliqué dans le tutoriel au début du jeu ce mouvement, qui consiste à appuyer une seconde fois sur le bouton de saut au bon moment, permet à ceux qui jouent en coop de ressusciter leur partenaire. Mais il peut aussi être utilisé sur les élément roses à l’écran. Outre le fait de faire rebondir le personnage, il permet surtout de générer une carte à jouer automatiquement, accélérant ainsi l’accès aux attaques secondaires et au Super Art. Ce qui rend la chose amusante c’est que si jamais le joueur rate son parry il perdra forcément une vie puisque comme tous les autres éléments à l’écran, un élément rose reste létale si on le touche normalement.

On serait donc tenté de laisser ce risque de côté, surtout quand on voit la relative difficulté pour atteindre la fin d’un niveau ou pour réussir à vaincre certains boss. Après tout, le Super Art c’est pour les faibles. C’était sans compter sur le sadisme des développeurs de Studio MDHR. A la fin de chaque affrontement de boss, le joueur se voit attribuer une note basée sur la performance réalisée lors du combat. Temps mis pour vaincre sa cible, niveau de carte à jouer atteint (5 étant le maximum), point de vie restant et nombre de parry réussi. Et bien évidemment il faudra en réussir pas moins de trois pour espérer avoir la note maximale. La conséquence directe de ce choix, c’est que le joueur est constamment mis sous pression lors de ces boss battle, obligé de prendre tous les risques pour ne pas se trouver à l’opposé d’un de ces éléments lorsqu’ils apparaissent à l’écran et ainsi s’assurer de ne pas les rater. Et quand bien même le placement serait bon, il faudra encore réussir le mouvement pour ne pas perdre une vie bêtement. Autant dire que la chasse à la note maximale devrait vous réserver de longues soirées de rage.

Who’s next ?

L’occasion, au moment de conclure, de rappeler que Cuphead n’est clairement pas fait pour tout le monde. Les amateurs de scoring à outrance et de runs parfaits se lanceront probablement dans l’aventure sans hésiter et on ne pourra que les en féliciter car, dans son genre, Cuphead est une vraie perle rare. En revanche pour les autres la question reste totalement ouverte. Il faut savoir que si la difficulté de Cuphead est avérée, elle est totalement juste. Mis en échec de (très) nombreuses fois, on ne peut que constater que chaque mort est due à notre inaptitude à réagir correctement ou à un placement totalement loufoque de notre part. Si le jeu se montre clairement sadique (comme en changeant l’ordre des attaques du boss après six runs identiques, en plaçant des éléments du décors au premier plan masquant parfois l’arrivée des projectiles, etc.) rien n’est impossible à celui qui saura se remettre en question et accepter que oui, cette mort ridicule au dernier moment n’est que le fruit de sa propre précipitation.

En revanche, si vous cherchez un jeu de plates-formes peinard et que vous n’êtes pas prêts à faire et refaire les mêmes niveaux pendant plusieurs heures, passez votre chemin, vous risqueriez d’y laisser quelques manettes. On vous invite aussi promptement à faire un petit tour par le menu de personnalisation des commandes justement. La configuration définie par défaut ne plaira clairement pas tout le monde. De notre côté le jeu s’est montré bien plus facile (toutes proportions gardées) à appréhender une fois le tir principal positionné sur la gâchette de gauche alors que le dash était sur celle de droite, laissant ainsi le pouce se concentrer sur l’action de saut/parry. Avec une telle configuration les sessions de Cuphead sont passées de totalement rageuses à juste quelque peu énervées. Bref, un vrai bonheur !

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
ANGER MANAGEMENT
8
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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