Test de Collar x Malice (PS Vita)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée du jeu sur PlayStation Vita.

X-Day is coming

La vie n’est plus aussi tranquille qu’avant au sein du quartier de Shinjuku, à Tokyo. Un groupe terroriste nommé Adonis sème la terreur depuis quelques temps, en assassinant tous les mois plusieurs personnes. Des meurtres justifiés par le fait que les victimes  »méritaient » d’être tués car elles auraient commis des actes n’ayant pas été correctement sanctionnés par la justice. Et comme si ça ne suffisait pas, chaque scène de meurtre est accompagnée d’un décompte menant au mois de janvier suivant : c’est à ce moment-là qu’Adonis lancera son  »X-Day » et purifiera le Japon, imposant sa propre forme de justice. La police étant dépassée par les événements, le gouvernement a décidé de placer le quartier en quarantaine et de permettre aux habitants de Shinjuku de porter une arme à feu histoire de se défendre, même si cette mesure extrême ne sert pas franchement à grand-chose. C’est dans cette joyeuse ambiance qu’évolue l’héroïne, Ichika Hoshino, une jeune policière honnête mais un peu naïve. Appelée pour aller patrouiller dans un parc, elle se fait kidnapper par un membre d’Adonis qui en profite pour lui placer un collier rempli d’un poison mortel. Le deal est simple : elle ne doit pas en parler à la police (sinon elle sera exécutée), mais plutôt enquêter en compagnie d’une poignée de détectives spécialement choisis afin de découvrir la vérité sur le groupe terroriste. Et comme si ça ne suffisait pas, tout ce beau monde n’a que quelques jours pour y parvenir.

Collar x Malice est en fait un otome, comprenez par là un titre où une héroïne côtoie plusieurs hommes et noue des relations avec eux, pour finir sur une histoire d’amour. Ici, ce sont cinq héros qu’il s’agit de conquérir les uns après les autres en choisissant l’un ou l’autre des chemins qui s’offrent à Hoshino. En décidant d’enquêter sur une affaire en particulier, elle devient ainsi partenaire avec celui qui s’en occupait déjà, et devra donc résoudre le mystère tout en se rapprochant petit à petit de l’enquêteur en question. Le titre d’Idea Factory alterne ainsi les phases policières, en envoyant par exemple le duo interroger des témoins ou chercher des preuves, et des phases plus légères destinées à nouer et renforcer les liens. Dans ce cas, le joueur doit en règle générale faire des choix sur ce que fait ou dit l’héroïne : des choix essentiels puisqu’ils déterminent la suite de l’aventure, et qu’il s’agit d’éviter l’une des (très) nombreuses mauvaises fins. Et si l’on a au premier abord envie de répondre honnêtement, on comprend bien vite qu’il vaut en fait mieux se plier à la personnalité de l’enquêteur. Par exemple, il serait malvenu de dire à celui qui déteste les armes à feu que notre meilleur atout est le tir, et il saurait tout aussi idiot de mentir au profiler qui lit en Hoshino comme dans un livre ouvert. Heureusement, il est possible à tout moment de revenir en arrière pour modifier son choix, ou de sauvegarder rapidement, ce qui n’est pas de trop lorsque l’on sait qu’une seule mauvaise réponse mène bien souvent à la mort…

Petites amourettes et grande enquête

Heureusement, obtenir une mauvaise fin n’est pas non plus une punition en soi. Tout d’abord parce que les chasseurs de Trophées devront toutes les avoir pour obtenir le Platine, mais aussi parce que cela permet d’en apprendre un peu plus sur l’histoire. Un peu comme dans un Zero Escape, il s’agit ainsi d’effectuer tous les embranchements afin de connaître l’ensemble du background. Et si jamais le joueur a oublié de sauvegarder pas de panique : un système de lecture automatique est aussi de la partie et permet de retourner rapidement au choix qui a malheureusement conduit à la mort de la policière. En revanche, les habitués au genre risquent d’être un peu frustrés par ces choix, justement, qui ne sont finalement pas si nombreux que ça. Idem avec de nombreuses situations ne permettant pas au joueur d’interagir même si le moment s’y prêtait, comme par exemple le fait d’accepter ou non une invitation. Même si, bien entendu, cette manière de faire est justifiée par le fait de vouloir raconter une histoire précise, et non pas de faire évoluer totalement le scénario au gré des choix du joueur. De ce côté-là d’ailleurs, Collar x Malice s’en sort très bien et se place clairement dans le haut du panier des visual novel. Si certains passages se montrent parfois un peu longuets, le tout est particulièrement agréable à suivre grâce à ce mélange réussi entre une enquête regorgeant de mystères et autres rebondissements et de la  »simili » drague (Japon oblige, ces moments restent quand même dans la retenue). Les personnages sont également réussis et suffisamment travaillés pour que l’on s’intéresse à leur histoire, chacun ayant un passé se dévoilant au fur et à mesure des six chapitres nécessaires à terminer une partie.

Côté scénario, Collar x Malice se place clairement dans le haut du panier des visual novel.

Malheureusement, tous les possesseurs de PlayStation Vita ne pourront pas profiter de tout ça car Collar x Malice est uniquement disponible en anglais, ce qui n’est pas franchement étonnant puisque les titres de ce genre sont rarement traduits. Ce qui est en revanche plus étonnant, c’est le nombre de coquilles que l’on peut trouver dans les sous-titres : entre les mots qui s’affichent en double, ceux qui manquent ou encore les noms des personnages qui ne sont pas les bons, on sent une localisation un peu précipitée par moments même si, fort heureusement, cela ne gêne en rien la compréhension. Quant aux doublages, ils sont restés en japonais et sont, comme souvent, réussis, même si l’on regrette un peu que l’héroïne n’y ait pas eu droit. Les musiques sont en revanche un peu décevantes. Si elles correspondent à chaque fois plutôt bien à l’ambiance, elles sont trop peu nombreuses et reviennent en boucle, au risque de lasser sur le long terme. Sachant qu’il faut déjà plusieurs heures pour terminer une histoire, en ayant la bonne et les mauvaises fins, imaginez le tout multiplié par cinq… Les visuels quant à eux sont à la hauteur, avec de jolis décors, des personnages ayant chacun une personnalité propre (même si l’on n’échappe évidemment pas à certains clichés) et des artworks vraiment très jolis.

LE VERDICT
C'EST UN BEAU ROMAN
7
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