Test de Mass Effect 3 : Édition Spéciale sur Wii U

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Mass Effect 3 : Édition Spéciale Wii U
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Test de Mass Effect 3 : Édition Spéciale sur Wii U (Wii U)



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Ce n'est pas vraiment une surprise mais pour son arrivée forcément tardive sur Wii U, Mass Effect 3 s'offre d'emblée une Édition Spéciale qui comporte notamment le fameux Final Enrichi. Outre cette « véritable » fin, présente de manière toute naturelle dans cette version Wii U, Electronic Arts n'a pas oublié de gâter les possesseurs de la nouvelle console de Nintendo avec plusieurs des DLC dont les autres supports ont eu droit. Le pack Surgi des cendres est donc lui-aussi de la partie, tout comme les éléments qui sont venus garnir le multijoueur de Mass Effect 3 au fil des mois avec Résurgence, Rébellion et Terre. Comme unique contenu inédit, on trouve l'arme lourde Ladon M-597. Pourquoi pas, même si le plus intriguant de cette version reste la fameuse bande dessinée interactive imposée au début de l'aventure afin de permettre aux joueurs Wii U de prendre connaissance des évènements des deux premiers Mass Effect.

Cette expérience interactive, Genesis 2 de son petit nom, dure tout de même un peu plus de 20 minutes et retrace donc les précédentes péripéties de notre héros, avec certains choix clés à effectuer pour aiguillier l'intrigue de Mass Effect 3. L'intention est louable et la démarche est, de toute manière, quasiment indispensable pour suivre le déroulement d'une telle saga mais il ne faut pas s'en cacher, l'immersion n'est pas géniale. Il y a deux raisons à cela : les évènements relatés le sont parfois de manière confuse et certaines situations n'ont carrément pas la même importance que dans le jeu original. Au final, le joueur Wii U novice a plutôt tendance à accumuler une foule d'informations sans vraiment arriver à mettre de l'ordre dans tout ça. C'est dommage mais il faut s'en contenter pour qui compte prendre la saga en route.

En ce qui concerne le gameplay même de ce Mass Effect 3 : Édition Spéciale, c'est plutôt la bonne surprise. La première impression n'est pourtant pas la meilleure avec l'affichage d'une carte sur l'écran du GamePad pour un jeu où il est difficile de se perdre. Pourtant, en regardant bien sur notre mablette, on constate la présence de plusieurs slots dans lesquels il est possibile de placer des raccourcis des compétences spéciales de ses compagnons et de son héros. Plutôt pratique, cette fonction tactile n'est pas la seule mise en place dans cette adaptation du titre de Bioware puisque qu'il est également possible de sélectionner un allié sur l'écran tactile du GamePad, affichant la map de l'environnement du moment, pour l'orienter vers une position précise. Des fonctions qui trouvent leur place sans aucun problème dans Mass Effect 3 même si les touches classiques demeurent les plus pratiques lorsque l'action est soutenue.

D'un point de vue purement technique, beaucoup de choses ont été dites sur cette version Wii U du jeu d'Electronic Arts. On ne prétend évidemment pas détenir la vérité mais il nous semble que cette mouture accuse un frame rate à peine moins efficace que sur Xbox 360, sans toutefois autant peiner que sur PS3. Les différences entre cette Édition Spéciale et la version de base sur la console de Microsoft sont, de manière plus générale, plutôt minimes. Il n'y a donc pas grand-chose à reprocher à la jeune équipe de Straight Right qui s'est bien occupée de cette mouture. Enfin, dernière remarque, le soft peut se jouer directement sur l'écran du GamePad afin de libérer l'affichage TV, chose plutôt appréciable. Mass Effect 3 : Édition Spéciale est donc une valeur sûre de ce début d'existence de la Wii U, même si le plus pénalisant reste finalement cette désagréable sensation de prendre le train en route pour qui n'aurait pas goûté aux précédents actes sur les autres supports.

Le texte qui suit concerne l'ensemble des versions.

This is it. Après deux épisodes à combattre le retour des moissonneurs, le commandant Shepard est sur le point de tirer sa révérence dans ce troisième et ultime volet de la saga Mass Effect. Une saga légèrement chahutée par l'énorme communauté de joueurs que rassemble le titre de BioWare après avoir découvert l'orientation discutable du second opus. Le développeur canadien doit donc se retrousser les manches et convaincre les joueurs réticents en proposant un final digne des plus grands space-opera. De quoi être intransigeant face à l'une des plus grosses licences de cette génération.

Facepard


Il est évident que le principal attrait de Mass Effect 3 réside dans le fait qu'il boucle les aventures de notre sauveur de la galaxie. Par conséquent, il est de notre devoir de limiter au mieux les quelques révélations de ce troisième volet afin de préserver une expérience intacte pour tous ceux qui auraient envie de plonger dans cette ultime épopée. Cependant, cela ne va pas pour autant nous empêcher de critiquer le scénario. Comme on le sait depuis la fin de Mass Effect 2, et plus précisément depuis le contenu additionnel « l'Arrivée », le retour des moissonneurs n'est plus qu'une question de mois, si ce n'est de semaines. Malheureusement, Shepard n'est pas parvenu à convaincre le Conseil siégeant à la Citadelle, ainsi que son propre gouvernement, à s'armer en conséquence dans le but de repousser l'attaque de ces envahisseurs. Qui plus est, certains conflits et problèmes diplomatiques empêchent toute alliance entre les différentes races que comporte notre galaxie. Une voie sans issue puisque les krogans sont effectivement toujours à la recherche d'un remède au génophage malgré la réticence des races conciliennes (asari, turien et galarien), alors que les quariens sont sur le point de rentrer en guerre contre leur ancienne création. Pourtant, l'objectif de notre commandant, qui adore vraisemblablement les missions impossibles, va d'être de résoudre ces conflits, d'éviter les nombreux pièges posés par l'Homme Trouble, de rassembler ce beau petit monde pour créer une résistance et empêcher la Terre, ainsi que les autres planètes, de tomber dans le chaos.

De ce fait, BioWare a inclus une nouvelle pièce dans le Normandy (le terminal de guerre) qui totalise les ressources de guerre que l'on récupère au fil de notre progression, l'objectif étant d'atteindre une valeur suffisamment importante pour lancer l'attaque finale. Pour l'augmenter, le joueur va être obligé d'accomplir la plupart des missions principales mais également les quêtes secondaires dans le but de rapporter de nombreuses dotations. Shepard peut aussi compter sur ses anciennes connaissances pour l'aider dans cette tâche. Pour le coup, le développeur canadien n'a oublié quasiment personne et l'on reverra une grande majorité de têtes connues, même les plus insignifiantes. En revanche, on note que certains choix n'ont pas été pris en compte et il est plutôt surprenant de voir le terroriste butarien Balak en vie alors qu'on l'avait tué, grâce à l'import de sauvegarde, dans le premier DLC de Mass Effect. Autre regret, certains personnages clés passent en coup de vent et les motivations qui les poussent à agir ainsi ont été complètement zappées, laissant le joueur totalement à la rue en ce qui concerne certaines révélations.

Le souci avec toute cette histoire, c'est le paradoxe entre la situation critique de certaines planètes et nous, qui allons aux quatre coins de la galaxie, prenant le temps de discutailler avec les PNJ ou à se balader paisiblement dans la Citadelle (qui a eu un petit ravalement de façade plutôt bénéfique). La mission finale est l'exemple même de tout ce qu'un joueur ne veut pas voir dans une fin de saga. C'est-à-dire un rythme complètement haché avec d'énormes longueurs entre les cinématiques et les phases de jeu, une ambiance qui souffre de l'absence presque totale de musique, et enfin une mise en scène abracadabrantesque qui pollue l'immersion. Mais le summum vient sans aucun doute de la scène cinématique finale qui n'a strictement aucun sens et qui comporte de nombreuses incohérences. Les décisions que l'on a pu prendre durant toute la trilogie n'ont pas une seule incidence sur le résultat et les révélations se font extrêmement rares. Pire, BioWare a recopié une bonne partie des dialogues de Mass Effect premier du nom face à Saren et les a modifiés pour légèrement coller avec notre interlocuteur final. Un procédé affreux tant cela sonne creux et montre une certaine flemmardise de la part des scénaristes. N'omettons pas la quasi-absence de Harbinger ou d'un vrai bad-guy caractérisant la volonté des moissonneurs. Un pur échec en somme.

Not so bad


Pour autant, Mass Effect 3 arrive à proposer une campagne plaisante, voire meilleure que celle du second volet. Malgré une orientation très action, le joueur se voit confier divers objectifs importants qui ont une réelle incidence sur la galaxie. On oublie donc les nombreux problèmes familiaux de notre équipage dans Mass Effect 2, et l'on s'occupe cette fois de soucis diplomatiques entre les différentes races pouvant faire voler en éclat la fragile alliance. Enfin un vrai boulot de Spectre. On se sent ainsi réellement impliqué dans l'histoire durant les presque quarante heures de jeu, et ce malgré des choix moins importants durant les dialogues et une introduction presque autant ratée que la conclusion. Ce n'est en effet qu'une fois le Normandy 2.1 sous notre commandement que l'aventure commence finalement à décoller. A ce propos, certaines pièces du vaisseau ont légèrement changé depuis notre retour dans l'Alliance, tandis que d'autres ont été rajoutées (dont justement ce terminal de guerre). Aussi, quelques modifications ont été apportées pour rendre l'environnement plus vivant. Notre équipage n'est plus statique et il n'est pas rare d'une mission à l'autre de voir l'un de nos camarades changer d'étage ou l'apercevoir discuter avec un autre personnage. Mieux, lors de nos nombreuses escales à la Citadelle, notre équipe essaye de prendre du bon temps, se vidant la tête dans une boite de nuit ou aidant les réfugiés qui viennent en masse dans la station. Un bon point.

Nous servant principalement de destrier pour voyager dans la galaxie, le vaisseau de Shepard a quelque peu changé de rôle dans ce troisième épisode, notamment en ce qui concerne le scan de planète. On oublie donc la redondante recherche de ressources de Mass Effect 2 pour laisser place à un système où l'on sonde une zone précise du système solaire à la recherche d'une planète capable d'accueillir un artefact ou un autre objet lié à une quête secondaire. Même si l'on n'est plus limité en sonde, les moissonneurs imposent une certaine limite de recherche au joueur. En effet, chaque analyse du système augmente la vigilance des envahisseurs, nous forçant à fouiller précisément les endroits susceptibles d'abriter une ressource utile. Si on dépasse cette limite, un mini-jeu à la manière d'un Pacman commence durant lequel les moissonneurs pourchassent notre vaisseau tant que l'on n'a pas quitté la zone. Dommage que cet aspect ne fasse pas apparaître une véritable phase de shoot plutôt que ce mini-jeu extrêmement limité, presque inutile. Autre point malheureux, le développeur s'est quelque peu planté sur les informations relatives aux quêtes secondaires puisqu'en règle générale elles ne se mettent tout simplement pas à jour. Dès lors, comment savoir si le joueur a l'objet en sa possession ? Où doit-il commencer sa recherche et à qui doit-il le donner ? Un changement complètement aberrant alors que le précédent système fonctionnait à merveille.

Sur terre ferme, notre sauveur de la galaxie a gagné en mouvement et en agilité. Il peut cette fois courir sur de plus longues distances, monter des échelles ou sauter au-dessus d'un précipice. Shepard a aussi la capacité d'envoyer une attaque lourde au corps à corps grâce à son Omniblade, voire d'attraper un adversaire par-dessus une protection pour le tuer en un seul geste. Cependant, cette technique a parfois du mal à s'exécuter et manque cruellement de réactivité, tout comme la touche action qui centralise roulade, glissade vers une protection ou activation d'une porte (dont on constate avec soulagement la disparition des ennuyeux piratages). Un peu lourd donc. L'intelligence artificielle fait quant à elle plutôt bien son travail et a gagné en réflexion malgré quelques rares errances. Toujours aussi résistante, elle n'hésite pas à lancer des grenades quand il le faut ou à déployer une tourelle à un point stratégique. On sent que BioWare a beaucoup travaillé sur cet aspect puisqu'en plus de cette amélioration, les ennemis que rencontre Shepard se montrent plus variés, avec des rôles mieux définis. On ne s'ennuie ainsi que très rarement durant les phases d'action.

Wreck


L'autre grande nouveauté qui accompagne Mass Effect 3 vient d'un mode coopératif à quatre joueurs. Il ne faut pas voir là une campagne qui peut être jouée avec trois autres compagnons comme Gears of War 3 puisqu'il est ici simplement question d'un mode survie sur six cartes au level-design ouvert. L'objectif est alors de résister aux onze vagues d'ennemis grâce aux six classes différentes de personnages que l'on peut choisir. Non seulement il est possible d'augmenter la puissance de notre soldat grâce à l'expérience que l'on engrange durant la partie, permettant de débloquer de nouvelles capacités, mais il est également faisable d'améliorer nos armes avec l'argent récupéré lors des mini-objectifs qui apparaissent lors de vagues précises. C'est au final plutôt amusant, pour un mode survie, même si l'on aurait espéré quelque chose de plus développé comme une véritable campagne coopérative.

Graphiquement, le titre se distingue surtout pour la modélisation des visages qui a légèrement changé. Mise à part cela, le développeur canadien reste sur ses acquis avec un Unreal Engine qui a fait ses preuves et une direction artistique se basant sur les précédents épisodes. Cela reste donc correct, bien qu'un léger aliasing empêche d'apprécier la profondeur de champ alors que quelques légers bugs apparaissent dans certaines cinématiques. La version PS3 est sans doute la plus mal lotie étant donné les nombreuses baisses de frame rate à l'écran, contrairement à la version Xbox 360 qui souffre avant tout de ses nombreux changements de disque (au moins quatre fois). Les musiques sont quant à elles discrètes et assez mal mises en valeur en fonction de la scène, réutilisant une bonne partie du temps les anciens thèmes de Jack Wall et Sam Hulick. Finissons enfin par une note positive puisque les joueurs pourront enfin apprécier la VOSTFR en téléchargeant un pack gratuit. Ce n'est pas trop tôt.


Ganon & Jerem, le 12.12.2012



7/10
CONCLUSION

Mass Effect 3 est-il excellent ? Non. Mass Effect 3 est-il mauvais ? Non plus. Au final, BioWare réalise avec ce troisième épisode un TPS sympa et plaisant, qui décevra avant tout les fans qui suivent depuis 2007 le début de la licence. Se terminant en queue de poisson, l'histoire de Mass Effect 3 laisse un goût extrêmement amer dans la bouche, comme si le développeur canadien avait fait un gros doigt d'honneur à toutes les décisions que l'on a pu prendre depuis le premier volet. De ce fait, l'expérience de jeu est complètement plombée si l'on s'attend à une histoire palpitante et épique avec cette fin de trilogie. Néanmoins, le titre se distingue par un univers toujours aussi dense, une durée de vie conséquente et un mode survie en ligne à quatre plutôt correct, lui donnant quelques arguments intéressants si l'on veut un jeu agréable à jouer et long à terminer. Bref, le dernier né de chez BioWare ne fera pas que des heureux, ni que des malheureux.
LES PLUS
+ Portage Wii U de qualité
+ Un univers toujours aussi riche
+ Une bonne durée de vie
+ Une grande variété d'ennemis
+ Des environnements plus vivants
+ Une I.A. qui fait son job
+ La disparition du piratage
+ Un mode survie en ligne finalement amusant
LES MOINS
- Difficile de vraiment apprécier la bande dessinée interactive
- Certains personnages clés vite expédiés
- Les missions secondaires, mal indiquées
- Une seule touche pour plusieurs actions
- Moins de décisions dans les discussions
- Certains choix non pris en compte





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