Test de Assassin's Creed III : Liberation sur PlayStation Vita

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Assassin's Creed III : Liberation Vita
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Test de Assassin's Creed III : Liberation sur PlayStation Vita (Vita)





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Annoncé lors de la gamescom 2011, l'épisode d'Assassin's Creed exclusif à la PlayStation Vita voit enfin le jour sur une plateforme qui peine à trouver des acquéreurs. La faute sans doute à un catalogue jugé peu attractif par les joueurs, chose qui pourrait bien changer avec Assassin's Creed III Liberation. Pensé exclusivement pour la portable de Sony et introduisant, sans jeu de mot salace, la douce mais aussi sulfureuse Aveline, cet épisode inédit a de beaux arguments à faire valoir.

La stature de la liberté


Assassin's Creed III Liberation met donc en scène un tout nouveau personnage, Aveline de Grandpré. Cette Lady Liberty est née en Louisiane Française, à La Nouvelle-Orléans plus précisément, d'un papa colon et d'une mère ancienne esclave noire affranchie. Quelques années après sa naissance, Aveline voit sa génitrice disparaître au détour d'une ruelle. Elle tombe ensuite dans le camp des assassins et va lutter contre l'esclavagisme ainsi que contre les templiers qui cherchent à aider les Espagnols à prendre le contrôle de cette zone. Le scénario va donc suivre une trame temporelle parallèle à celle d'Assassin's Creed III et amènera d'ailleurs, le temps d'une mission, à croiser la route de Connor.

Cependant, c'est à peu près tout ce que l'on peut dire sur l'histoire puisque rien de plus ne nous est dévoilé. Comment Aveline a-t-elle rejoint le camp des assassins ? Comment son père et sa belle-mère n'ont rien pu voir de ses changements ni de son entraînement en secret par un mentor vivant qui plus est dans le bayou ? Et d'ailleurs, le joueur joue-t-il Aveline ou joue-t-il une personne détenue par Abstergo ? Que se passe-t-il entre les nombreuses ellipses temporelles qui jonchent la quête ? Le joueur n'en saura strictement rien, y compris après le dénouement et la vraie fin débloquée. Cette faiblesse narrative que l'on retrouve d'ailleurs parfois dans les épisodes de salon est une nouvelle fois présente et frustre d'autant plus lorsque l'on sait le soin apporté par Ubisoft pour corriger le tir dans le troisième épisode. Ainsi, si Connor dispose d'un background vraiment fouillé et développé, Aveline restera un mystère. Dommage car il y avait franchement du potentiel de ce côté.

De même, l'implication historique des actions de la belle assassine restera anecdotique, à la différence des actes de l'ami Connor qui participe directement aux évènements de l'époque. Pour autant, avoir le point de vue d'une femme change considérablement tout en faisant souffler un vent de nouveauté sur la série. Les dix séquences se traversent en plus d'une dizaine d'heures en ligne droite ce qui est non négligeable. Enfin, il faut noter que malgré le thème mature abordé, Ubi reste justement très soft dans son approche : les esclaves sont bien traités, pas un mot n'est prononcé plus haut que l'autre et personne n'est enchaîné. Il n'est bien entendu pas question de regretter cela mais juste de signaler que le réalisme en prend un coup.

Plongée au milieu du françois bayou


Cet épisode fait vivre une véritable aventure qui entraîne le joueur dans les rues animées et non désertes de La Nouvelle-Orléans, dans les marais infestés de crocodiles du Bayou et également au Mexique pour une rapide excursion. L'occasion donc de voyager et d'admirer différents paysages à la modélisation allant du très réussi au pas terrible. Car si l'on sent que la console en a dans le ventre et permet d'afficher des cartes de taille raisonnable avec beaucoup de détails ou de rester avec un frame rate correct lors des scènes d'action, on se rend compte également qu'elle atteint parfois rapidement ses limites. Lorsque l'action est trop rapide, le nombre d'images par seconde chute parfois mais sans rendre le tout injouable. Ce qui choque le plus en revanche, c'est la pauvreté de la distance d'affichage et l'aliasing omniprésent qui font saigner les yeux.

Pour le reste, c'est techniquement très bien : les animations sont dignes du jeu console, les personnages sont très largement identifiables à leur costume, les lieux à leur identité visuelle et les détails sur les habits sont visibles. Un soin particulier a donc été apporté à la réalisation même si l'on n'échappera pas à une bande-son très répétitive malgré des voix françaises convaincantes et à un défaut inhérent aux jeux de la saga : la multiplication des clones en ville qui fait parfois penser que les développeurs ont fait un tour du côté de Kamino. Le charme opère de toutes manières puisque les rues sont vivantes, les badauds vaquent à leurs occupations et discutent entre eux. Le bayou est plus vide, beaucoup plus vide, mais les marais inhospitaliers sont tout de même emplis de bestioles peu accueillantes et de patrouilles de soldats prêtes à ouvrir le feu. Il faudra donc jouer la carte de la finesse pour espérer s'en sortir sans castagne.

Halloween tous les jours


Et dans l'art délicat de la finesse, Aveline est une professionnelle surdouée. Renversant à elle seule la présomption selon laquelle il n'y a pas que des gens bons à la tête de l'art, la belle métisse est capable de se déguiser pour échapper à ses poursuivants. Trois formes, représentant les trois aspects de la personnalité d'Aveline, sont donc disponibles au fur et à mesure de l'aventure. En tant que dame de la haute société, l'héroïne est capable de revêtir une belle robe d'époque assortie d'un corset mettant en valeur ses formes généreuses, le tout agrémenté par un petit collier ras de cou qui souligne la grâce de sa nuque. Affublée de la sorte, les gardes ne la repèrent pas, sauf incartade volontaire, et il sera ainsi possible de se fondre dans la masse, tout en séduisant à volonté les quelques hommes plus aguerris qui l'auront remarquée. A l'aide de son ombrelle, elle peut aussi mortellement toucher un adversaire à distance. En revanche, contrainte par ses vêtements, elle ne pourra ni courir, ni grimper sur les toits.

En tant que fille d'ancienne esclave et surtout pour mener à bien sa mission d'infiltration du milieu, Aveline peut se déguiser en esclave. Elle pourra ainsi profiter des mêmes avantages qu'avec sa tenue d'assassin et escalader toute surface mais ne pourra pas utiliser toutes les armes, notamment celles à feu. Lorsqu'elle est repérée et que sa réputation est trop élevée, arracher quelques affiches suffira à lui rendre son anonymat. Enfin, la dernière tenue est celle d'assassin. Avec un look plus moderne mais dans les tons de l'époque, le costume d'Aveline lui permettra d'utiliser les armes à feu et d'acheter la discrétion des gens. Deux objets sont communs à ces deux derniers accoutrements : la sarbacane permettant de tuer en toute discrétion ou de rendre fou un garde qui s'attaquera ses camarades et le fouet qui permettra de se sortir bien trop facilement de n'importe quel combat ou de grimper sur certaines zones inaccessibles à première vue.

Partant d'une bonne idée, ces possibilités sont en revanche bien trop mal exploitées. Ainsi, pendant toute la première partie de l'aventure les costumes seront imposés puis, par la suite, changer en pleine mission sera parfois trop pénalisant. Il faudra donc bien veiller à acheter tous les vestiaires répartis aux quatre coins de la carte pour disposer de zones de change un peu partout. Par ailleurs, le costume de dame de la haute société se révèle au final très peu utile tant il est limité dans ses possibilités. Enfin, cette possibilité est source d'incohérence puisque Aveline ne dissimule jamais son visage mais il lui suffit de se changer en trois minutes pour que les gardes ne la remarquent plus. Pratique cela dit...

Same player play again


Pour le reste on retrouvera avec plaisir, ou déplaisir pour le joueur blasé des épisodes précédents, les mêmes mécaniques de jeu que par le passé : il est toujours possible d'acheter des magasins, d'effectuer différentes missions à côté de la trame principale (assassinat, tabassage de concurrents, vols…), toujours nécessaire de synchroniser à 100% les différentes quêtes pour espérer obtenir le Platine. La durée de vie s'en retrouve rallongée mais il n'en reste pas moins que c'est toujours la même (vieille) chanson que seules quelques nouveautés viennent dépoussiérer. Tout d'abord, le gameplay des affrontements a un poil été revu pour coller exactement à celui de l'épisode III sur consoles de salon. Ainsi, contrer n'entraine plus systématiquement la mort de l'adversaire et il faudra faire preuve d'un peu de timing pour tuer immédiatement. Certains ennemis nécessitent d'ailleurs d'être désarmés avant d'être occis. L'IA est un peu plus agressive mais peine toujours à attaquer à plus de une personne en même temps. On retrouve d'ailleurs les mêmes défauts de caméra et de positionnement qui peuvent affecter les autres épisodes et qui n'ont toujours pas été corrigés par Ubisoft depuis le temps. Toujours au rayon des nouveautés en combat, il faut noter l'apparition d'un système à la Tom Clancy's Splinter Cell : Conviction permettant de cibler au tactile trois adversaires pour les éliminer avec une cut scène des plus classe.

Sans aller jusqu'au système de chasse introduit dans Assassin's Creed III, Aveline doit également gérer le commerce de son père et pourra ainsi diriger une flotte de navires pour importer/exporter des denrées ou autres marchandises tout en gérant les facteurs tempêtes/pirates qui infestent les océans. De même, de nombreux objets à collecter sur les différentes cartes ainsi que des objets/armes/tenues à acheter viennent compléter les tâches hors quêtes principales. Chose agaçante en revanche, les nouveautés dans le gameplay s'accompagnent de l'immanquable fonction tactile, bien heureusement peu exploitée dans le jeu, qui bug et oblige à relancer une séquence lorsque le pavé arrière n'est plus reconnu : il est ainsi difficile de voler tant le système est mal pensé (cibler la personne, se rapprocher d'elle en ciblant, puis caresser le pavé arrière vers le bas…), ou de simplement décacheter une lettre ou pire encore de sélectionner ses armes ! On peste aussi contre les tutoriels qui s'affichent n'importe comment s'ils ne sont pas désactivés et contre les éternels bugs de collision/de direction qui font parfois faire au personnage l'inverse de ce qui était prévu.

Un multi à Risk


Le jeu propose également un mode multijoueur qui pourrait être qualifié d'anecdotique s'il n'était pas indispensable à tout chasseur de Trophées qui se respecte. Conçu comme une sorte de jeu de plateau représentant le globe terrestre, ce mode demande de sélectionner une base de départ Assassin ou Templier parmi une ville du globe, si possible grâce à la géolocalisation pour faire gagner un bonus d'attaque. Le joueur disposera ensuite de la possibilité de tenter de capturer les autres villes de la carte détenues par les autres joueurs en bataillant virtuellement à l'aide de ses assassins, ou en allumant des balises pour appeler à la rescousse les autres personnes de sa caste ou encore en laissant en garnison ses hommes pour défendre. Chaque action réussie, chaque victoire apporte des points qui feront monter le niveau et ouvriront d'autres possibilités. Dommage finalement que ce mode soit si mou et si peu reluisant visuellement parlant car il y avait moyen de faire quelque chose de stratégique et d'attractif. À réserver donc aux moins regardant.


Lestat, le 31.10.2012



7/10
CONCLUSION

Assassin's Creed III Liberation se compose à la fois des points positifs des versions consoles de salon et des points négatifs inhérents à la série. On retrouve avec plaisir et dans la poche un monde ouvert crédible, qui ne demande qu'à être exploré à l'aide d'un gameplay sympathique et éprouvé. Mais celui-ci commence parfois à se montrer vieillissant tant les bugs sont encore présents. Souffrant parfois d'un frame rate asthmatique, cette version portable se laisse néanmoins vivre et jouer avec bonheur. Dommage que le traitement de l'histoire d'Aveline soit aussi bâclé car elle aurait mérité bien mieux ! À posséder si vous voulez dépoussiérer votre console portable et que vous souhaitez un bon petit jeu, d'autant plus si vous êtes un fan de la série.
LES PLUS
+ Plutôt joli
+ Un vrai Assassin's Creed dans la poche
+ Aveline est intéressante et originale
+ Beaucoup de choses à faire
LES MOINS
- Quêtes optionnelles « bis repetitas »
- Baisses de frame rate
- Techniquement inégal
- Musiques répétitives
- Traitement de l'histoire bâclé





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