Test de Nioh sur PlayStation 4

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Nioh PS4
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Test de Nioh sur PlayStation 4 (PS4)





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On pourrait dire qu’on l’a attendu, mais pour la plus part Nioh n’est qu’une exclu de plus de la PS4 dont ils n’ont entendu parlé que très récemment. Pourtant, annoncé en 2004, le jeu de la Team Ninja fait probablement partie du top dix des jeux dont le développement a été le plus compliqué. Reparti d’une feuille blanche en 2008, ce n’est qu’en 2010 que Nioh a finalement trouvé sa voix lorsque Team Ninja s’en est occupé. Après une toute première alpha pas franchement convaincante, le studio n’a pas baissé les bras et a pris en compte les retours des joueurs qui se sont avérés salvateurs pour la suite du projet. Disponible depuis quelques semaines maintenant, il est donc logiquement temps de donner notre avis sur Nioh après plusieurs heures de jeu passées en sa (très bonne) compagnie.

Japan connection


Après s’être donc longuement cherché, Nioh a bel et bien fini par débarquer. On ne va pas se le cacher, oui ce Nioh 2017 transpire le Souls par tous les pores de la peau, c’est indéniable. Une difficulté supérieure aux jeux actuels, des boss dix fois plus gros que le héros que l’on joue, des niveaux construits sur le même principe avec un système de raccourci, bref. De toute évidence, les mécaniques de base ne surprendront pas les joueurs habitués aux licences de From Software qui retrouveront très vite leurs marques là où les novices devront prendre leur mal en patience pour éviter une fessée trop punitive. Mais réduire Nioh à un simple clone de Dark Souls serait assurément une grossière erreur tant les différences sont multiples et font du jeu de Team Ninja un jeu vraiment unique. Le premier point qui saute évidemment aux yeux, c’est l’univers du jeu, puisque toute l’aventure se déroule en pleine période de guerre des clans au Japon (l’ère Sengoku). Même si, techniquement, le jeu ne fait pas franchement penser à jeu de 2017 (difficile d’effacer presque 12 ans d’hésitation), il faut reconnaître que visuellement le jeu fait vraiment honneur à l’univers dont il s’inspire, puisant à foison dans le folklore japonais offrant ainsi une ambiance terriblement réussie, aussi bien visuelle que sonore.

Pour la petite histoire il faut retenir que le Japon de Nioh subit, en plus des conséquences liées à la guerre des clans, une invasion de démons ténébreux appelés Yokaï. C’est là qu’intervient Willam Adam qui, après s’être échappé de sa prison à Londres, est forcé de se rendre sur place pour récupérer ce qui lui a été dérobé lors de son évasion. Dans l’ensemble il ne faut pas s’attendre à une histoire passionnante. Le scénario un peu what the fuck, typique de Team Ninja diront les médisants, n’aide clairement pas s’immerger dans un univers pourtant propice à la narration et aux contes passionnants. On doit malheureusement se contenter d’un Lore particulièrement sommaire qui offre vraiment le strict minimum, loin de la richesse et de la complexité d’un Souls si on veut encore faire cette comparaison. Ici les PNJs sont très rares, les dialogues qui nous amènent à interagir avec eux d’une pauvreté relativement affligeante (la majorité sont même inutiles) et les cinématiques n’aident vraiment pas à donner l’impression que Team Ninja a investi beaucoup de temps dans la création d’un univers riche et cohérent. Un sentiment renforcé par la structure narrative du jeu choisie par le studio puisque l’aventure de Nioh se découpe en missions successives qui, systématiquement, ramène le joueur sur une carte de sélection une fois une mission terminée. Niveau immersion et continuité il faut bien avouer que l’on a déjà vu mieux.

Ki’s the Key


L’autre point important qui permet à Nioh de se démarquer des productions de From Software, c’est évidemment le système de combat. On a beau apprécier celui de Dark Souls et de tous ses petits frères, il faut reconnaître que Nioh nous a véritablement séduit sur ce point. La principale raison se trouve directement dans le talent du studio papa de cette nouvelle exclusivité car oui, Team Ninja a véritablement apposé sa marque personnelle ici. C’est vif, dynamique, hyper technique et bien évidemment, aussi riche que ce que l’on pourrait attendre d’un jeu de baston sorti tout droit des cerveaux des maîtres du genre. William, notre héros, sait parfaitement manier 5 types d’armes totalement différents: le katana, en version simple ou double, la hache de guerre, la lance, le Kusarigama (une faucille couplée d’une chaîne offrant une bonne allonge). A ces armes de mêlée viennent s’ajouter les arcs, arquebuses et canons portatifs histoire de balancer quelques projectiles bien sentis quand l’approche au corps à corps serait trop risquée. Chaque arme possède bien évidemment ses forces et ses faiblesses. Le katana permet d’être rapide et précis, sans pour autant infliger autant de dégâts qu’avec une hache. Évidemment cette dernière permet d’asséner des coups mortels mais au prix d’une consommation élevée d’endurance. Pour le plus grand bonheur des joueurs, William peut être équipé de deux armes de mêlée et de deux armes à distance permettant ainsi de varier les approches lors des affrontements avec l’ennemi.

Mais pour arriver à ses fins, les joueurs devront avant tout apprendre à parfaitement gérer leur endurance, que l’on appelle Ki dans Nioh. Classiquement représentée par une seconde jauge sous la barre de vie, elle est aussi important pour le joueur que pour les ennemis pour qui elle est également affichée. Dans tous les cas, tomber à court de Ki s’est s’exposer à une punition directe. Si le joueur vide sa jauge de lui même pas un excès d’activité, il se retrouvera un court instant sans pouvoir attaquer ou esquiver (mais restera capable de se déplacer normalement). Mais si par malheur c’est l’ennemi qui vient à lui vider sa jauge de Ki, il se retrouvera alors temporairement essoufflé, incapable du moindre mouvement, le laissant totalement exposé à l’encaissement d’une mandale aussi puissante que punitive. La règle s’appliquant aussi pour les ennemis, il devient alors parfois aussi efficace de les laisser s’épuiser que d’essayer par tous les moyens de les frapper. Cette notion d’épuisement offre déjà un bonne profondeur au gameplay de Nioh, mais Team Ninja a décidé d’aller encore un peu plus loin en ajoutant la technique d’impulsion de Ki. Cette dernière permet, en pressant R1 au bon moment, de récupérer une bonne partie du Ki que l’on vient de dépenser pour effectuer un enchaînement. Si cela peut paraître anodin sur la papier, il devient rapidement primordial de maîtriser cette technique pour maximiser l’efficacité de William lors des combats puisque cela permet littéralement d’enchaîner les combos sans relâche.


Ninja Gaiden Legacy


L’autre intérêt de cette impulsion de Ki est de pouvoir effacer les traces de corruption laissées par les Yokaï. Symbolisées au sol par des ondes noires, elles donnent un surplus de puissance à l’ennemi tout en réduisant les capacités de Williams durant les combats. Avec une impulsion de Ki bien placée, le joueur supprime cette zone néfaste (s’il est en contact avec l’une d’elle) et garde ainsi le contrôle sur le déroulement des affrontements. La conséquence directe de ces choix de gameplay c’est que les combats de Nioh sont extrêmement dynamiques. L’absence de bouclier et une garde très coûteuse en Ki forcent le joueur à se déplacer en permanence, alternant esquive et attaques bien placées pour venir à bout des ennemis qui, quelque soit le niveau de l’aventure, ne font aucun cadeau en cas d’erreur. Une roulade mal placée, une attaque trop gourmande au mauvais moment et le combat se terminera inexorablement par la mort du joueur imprudent. Des détails qui auraient finalement plus tendance à rapprocher Nioh d’un certain Bloodborne avec un niveau de dynamisme un poil plus relevé

Le choses seraient déjà très satisfaisantes si on en restait là, mais bien évidemment Team Ninja a poussé le vice un peu plus loin en introduisant quelques subtilités au niveau des armes. Si chaque catégorie d’arme possède un seul ensemble de mouvement (contrairement à un Souls où chaque arme unique possède un jeu de mouvements qui lui est propre), il est possible de débloquer tout un tas de combos uniques à travers des arbres de compétences propres à chaque catégorie en question. Une liste relativement longue à laquelle viennent s’ajouter trois postures (haute, moyenne et basse) permettant de varier encore un peu plus les possibilités de combo qui s’offrent ainsi aux joueurs. Loin d’être simplement accessoires, ces stances sont un outils majeur pour venir à bout des ennemis sans trop s’en prendre plein la tête. Si la position moyenne offre un bon équilibre entre rapidité et efficacité,la position haute permet d’infliger de lourd dégâts alors que la position basse sera bien pratique pour déstabiliser des adversaires pourtant loin d’être à court de Ki. Bref si, comme au début de ce test, vous aviez tendance à beaucoup comparer Nioh aves les Souls, très vite vous vous rendrez compte qu’indiscutablement Team Ninja a su lui insuffler une personnalité propre qui le rend particulièrement addictif.

Avec des pépites de Diablo III dedans


Une addiction aggravée par la structure même du jeu qui, comme on le disait, précédemment, découpe son aventure principale en plusieurs missions successives où le principe reste encore et toujours le même: parcourir une zone donnée pour y trouver le boss et le terrasser. Relativement néfaste pour l’immersion, cette approche a le mérite de permettre au joueur de n’avoir jamais le sentiment d’être bloqué et offre une certaine variété au grind qui s’impose parfois. Car une fois la mission courante terminée, le commanditaire offre certaines récompenses et débloque la mission suivante ainsi que plusieurs missions secondaires totalement optionnelles. La première vraie raison qui poussera les joueurs à remplir ses missions optionnelles, c’est qu’elles permettent évidemment de récupérer de l’expérience ce qui offre donc, potentiellement, la possibilité d’améliorer les capacités de son personnage. Ainsi, si on se retrouve bloqué par une mission de la quête principale, on pourra toujours faire et refaire les missions annexes dans le but de franchir le pallier manquant tout en profitant des possibilités de loot offertes par le jeu.

Car pour chaque ennemi tué le joueur récupère aussi bien des objets à usage courant comme des rubans (permettant d’ajouter des effets élémentaires aux armes ou de s’octroyer temporairement divers bonus), des bombes ou encore des munitions pour les armes à distance mais aussi, et surtout, des pièces d’équipement comme des éléments d’armure (tête, torse, jambe, pieds, mains) ainsi que des armes en tout genre. Le système de loot est bien différent de celui d’un Souls et se rapproche carrémement d’un Diablo III aussi bien en matière de quantité que de codification. Allant du blanc (basique) au rose (rare), en passant par le jaune et le bleu, le matériel que l’on trouve au gré des missions offre différents bonus qu’il conviendra d’analyser finement pour savoir si la dernière hache récupérée sur le boss est plus efficace que celle que l’on se traîne depuis le début du jeu ou pas. Les menus permettent une comparaison rapide et simple entre deux objets, rendant le choix plus aisé. Attention toutefois à ne pas oublier l’affinité au moment de faire son choix. En effet, Team Ninja a ajouté, à chaque arme, une jauge qui se remplit au fur et à mesure que l’on tue des Yokaï avec. Une fois cette jauge remplie, l’arme récupère des bonus supplémentaires (non négligeables) qu’il est parfois dur de laisser tomber lorsque le moment est venu de changer d’arme.

Grains de riz


Mais comme toute mécanique bien huilée qui se respecte, Nioh n’échappe malheureusement pas à la règle des petits grains de riz sable qui viennent enrayer tout ça au moment de faire le bilan. A commencer par l’inspiration un peu trop poussée de Souls puisque l’on a tout de même l’impression que sur certains points, Team Ninja n’a pas beaucoup forcé son talent pour mettre certaines choses en place. On pense notamment aux systèmes d’autel pour prier, aux mécaniques liées à l’Amrita (qui remplace les âmes) ou encore au système de raccourcis mis à en place dans chaque niveau. On en profitera même pour souligner que malgré ces raccourcis, le level design de Nioh est globalement moins bons que celui dont-il s’inspire, se montrant généralement sans surprise voire même, pour certaines missions, tout à fait simpliste. C’est dommage car si la difficulté nous pousse à la prudence, la relative simplicité des niveaux réduit grandement le stress que l’on peut ressentir lorsque l’on se lance dans une nouvelle mission.

Toujours au chapitre des regrets, même s’il faut reconnaître une vraie identité visuelle au titre avec des adversaires au design relativement léché, il faut tout de même souligner que le catalogue des ennemis fait très vite dans la redite avec des variations qui ne se font que par une composante élémentaire en plus ou une arme un peu différente. La conséquence directe, là encore, est une diminution du stress que l’on peut ressentir au moment de croiser un ennemi puisque ses patterns sont, à quelque chose près, les mêmes que ceux de son homologue rencontré dans le niveau précédent. Heureusement pour compenser cet aspect, le studio a su soigner chaque boss au maximum offrant, pour le coup, un vrai challenge à chaque fin de mission. Si l’on en met de côté deux ou trois vraiment anecdotiques, ils demanderont généralement tous une bonne dose de patience et d’abnégation pour être vaincus sans que votre manette ne finisse encastrée dans un de vos murs, contrebalançant ainsi la relative gentillesse du niveau que l’on vient de traverser.

Et puisque l’on parle de difficulté, il ne faut pas oublier que, quoiqu’il arrive, si la solitude vous pèse, il est toujours possible de compter sur l’aide des autres joueurs avec, là encore, un système d’invocation qui fonctionne de manière très similaire à celui des Souls, à la différence près que pour les missions secondaires, aucune ressource n’est nécessaire alors que les missions principales demanderont de sacrifier un consommable bien particulier (et rare) pour recevoir l’aide d’un autre samouraï. Sachez toutefois que l’arrivée d’un allié dans la partie a la fâcheuse tendance à réduire drastiquement le challenge tant le nombre et la position des ennemis ont été pensés pour le mode solo uniquement. Un dernier petit reproche pour la route, même si, au final, il faut avouer que ce Nioh fait plus qu’honneur au genre en s’appliquant dans bien des domaines et en offrant un contenu plus que respectable avec plus de 30 heures de jeu pour une première partie.


Jeremy Fauvernier, le 22.02.2017
Jeremy Fauvernier
CONTRIBUTEUR

7/10
CONCLUSION

On l’a cru mort et enterré, mais au final Nioh fera bel et bien les beaux jours des joueurs à la recherche d’un gameplay riche et nerveux, avec des boss au challenge un peu plus corsé que la moyenne. Porté par un univers franchement sympathique à la direction artistique très soignée, on arrive même à oublier cette technique un peu désuète qui nous rappelle sans cesse que oui, ce jeu a été annoncé sur PS3 il y a maintenant 12 ans de cela. En revanche, les années passées ne justifient en rien ce level design parfois paresseux (n’est pas From Software qui veut), le challenge déséquilibré entre un niveau et le boss qui le conclue, ou encore ce bestiaire qui peine à se renouveler dès le premier tiers du jeu. Des défauts qui sont cependant loin d’être rédhibitoires et qui n’empêcheront certainement pas les joueurs de profiter de toutes les bonnes choses que Nioh propose.
LES PLUS
+ L'ambiance vraiment réussie
+ Les combats vifs et nerveux
+ Les nombreuses armes à maîtriser
+ Des boss réussis
+ La rejouabilité énorme
+ Le mode New Game +
+ Le loot à foison
+ La bouille des Kodama
LES MOINS
- Scénario et Lore inexistants
- Level Design peu inspiré
- Bestiaire qui tourne rond
- Une inspiration parfois trop forte
- L'interface illisible
- Le craft trop secondaire




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