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Cela fait déjà un peu plus de quatre années que Eden Games a proposé son Test Drive Unlimited. Un jeu de courses pas comme les autres qui a enfin droit à sa suite, débarquée grâce à Atari avec le concours de Namco Bandai Partners. Solo et multijoueur sont une fois de plus prêts à se côtoyer dans ce soft qui garde l'idée d'un monde relativement ouvert, en transposant l'action du côté de Ibiza. La fête est-elle toujours aussi belle ?
Le soleil brille à Ibiza
Au revoir Hawaï (mais pas vraiment) et bonjour Ibiza. Test Drive Unlimited 2 change de cadre s'offre une nouvelle île paradisiaque comme terrain de jeu. On se dit alors que l'occasion va être saisie par les développeurs pour nous proposer des tracés ambitieux et des environnements qui respirent la compétition automobile. Ce n'est malheureusement pas vraiment le cas, tant le jeu d'Eden Games manque d'ambition sur le sujet. Les routes, pour la plupart, se contentent de jouer la carte de la ligne droite à laquelle on greffe, de temps à autres, diverses intersections et quelques rond-points pour faire joli. Bien sûr, en pleine ville ou dans des décors off-road, la variété est plus de mise avec des courbes plus ambitieuses et on retrouve alors ce qui fait le charme d'un jeu du genre. Mais de manière plus générale, ce qui gêne avec Ibiza, c'est sa réalisation. D'un point de vue visuel, Test Drive Unlimited 2 n'arrive pas vraiment à convaincre avec un manque de détails sur certains éléments, des textures à oublier sur d'autres, du clipping à foison ou encore une modélisation, certes honnête, mais un peu trop simpliste des bolides et de leur intérieur. Les efforts sont pourtant présents, avec des dégâts un peu visibles (mais qui n'ont aucun impact sur la conduite) et des effets météo bien présents, en plus du cycle jour/nuit.
Test Drive Unlimited 2 arrive ainsi à séduire avec son monde ouvert où le joueur se promène à sa guise. Et si l'on arrive à oublier la déception graphique en roulant librement les cheveux dans le vent, on est en revanche déçu du manque de vie qui se dégage de l'île d'Ibiza. En mode libre, les voitures et autres véhicules à quatre roues que l'on croise sur la route sont en effet trop peu nombreux alors que les motos sont carrément absentes. C'est dommage, car le jeu d'Eden Games dispose pourtant de bons ingrédients qui en font une simulation de vie assez complète. Il y a tout d'abord la maison de notre avatar. À lui-seul, l'aspect immobilier de Test Drive Unlimited 2 démontre à quel point le soft s'attarde sur tous ces petits à-côtés. Entre la caravane qui sert de premier habitat et la villa luxueuse que l'on peut s'offrir quelques milliers de dollars plus tard, le joueur peut s'amuser à personnaliser sa maison, admirer ses bolides dans son garage, changer sa tenue au dressing, consulter les infos du online ou encore faire le point sur sa progression. Et lorsque notre avatar quitte son domicile, ce sont toutes les boutiques qui s'offrent à lui avec, par exemple, le coiffeur pour se refaire une beauté, le garage des voitures d'occasion, le lavage très sexy de la voiture, les enseignes de mode pour changer de fringues ou même les nombreux concessionnaires.
Y'en a sous le capot
Audi, Ferrari, Jaguar, Fiat, Volkswagen et bien d'autres sont ainsi au rendez-vous avec, au total, une bonne centaine de véhicules à collectionner, tous répartis en différents types. Au début, avec seulement quelques sous dans la poche, le choix est forcément restreint et il convient de se plier aux principales épreuves du soft pour glaner une récompense digne de ce nom. Les épreuves en question sont en fait des championnats opposant le joueur à une poignée de concurrents au travers de différents défis, qu'il s'agisse de courses classiques, de contre-la-montre, de défis radar, de courses de vitesse et autres joyeusetés du genre. Nombreuses, ces compétitions constituent le principal morceau du solo de Test Drive Unlimited 2 mais ne sont accessibles qu'à condition de détenir la licence nécessaire au type de voiture concerné par le championnat en question. Pour mettre la main sur le précieux sésame, il faut ainsi se rendre dans une école de conduite et se plier à des épreuves à la difficulté grandissante où la moindre erreur se paie cash. Des moments parfois pénibles, mais qui au moins le mérite d'apporter un challenge que les autres épreuves du solo tardent à proposer, en-dehors des courses en contre-la-montre rapidement assez exigeantes. L'IA n'est en effet pas toujours au beau fixe.
Et comme si les nombreux championnats ou les innombrables éléments liés à l'aspect social du titre ne suffisaient pas, Test Drive Unlimited 2 n'oublie pas son lot de missions annexes et de défis secondaires. L'escorte est ainsi de retour tout comme la livraison de voitures, les courses-poursuites avec la police ou même les missions de filatures, entre autres, des objectifs qui ne sont cependant pas vraiment très variés et qui deviennent assez répétitifs à la longue. C'est d'ailleurs un peu le même problème avec les championnats à enchaîner. Eden Games a tout de même pensé à ajouter quelques nouvelles touches à cet ensemble connu et bien rodé, à l'instar du système F.R.I.M.. Ce dernier permet en fait au joueur, en free ride, de gagner de l'argent en frôlant la tôle des autres voitures mais aussi en dérapant le plus longtemps possible et en faisant de petits sauts. Sympa, surtout qu'il ne faut pas oublier de banquer la somme gagnée au fil des minutes, ou attendre de gonfler la somme en question, sachant que le moindre accident fait tomber le compteur à zéro.
Le coup de la panne
Autre élément de satisfaction de Test Drive Unlimited 2, son système de progression plutôt imposant. Bâti sur quatre piliers que sont la Compétition, la Découverte, la Collection et le Social, la progression façon TDU2 est intelligente, très progressive et finalement bien construite. Pour voir son niveau global augmenter, et donc pouvoir accéder à de nouveaux éléments du jeu, il ne faut ainsi pas seulement se contenter de participer aux championnats mais également se plier aux épreuves annexes, prendre soin de briller dans l'immobilier, de soigner sa garde-robe ou même ses relations. Tous ces évènements sont habilement liés et obligent le joueur à s'attaquer à tous les aspects du soft d'Eden Games pour espérer progresser de la manière la plus habile possible. Un bon moyen de se rendre compte du potentiel du jeu et de prendre la pleine mesure de tout le contenu qui est à portée. Il suffit, par exemple, de se mettre à chercher les carcasses de voitures cachées dans le moindre recoin des maps pour se rendre compte de l'ampleur du terrain de jeu et de tout ce qu'il est possible d'y faire.
Plein de bonnes intentions, Test Drive Unlimited 2 l'est assurément. Mais s'il y a bien un aspect du jeu qui prête à confusion, c'est la conduite. Malheureusement, il s'agit bien évidemment d'une des pièces maîtresses du soft. Selon les affinités du joueur avec le genre, ce sont trois modes de conduite qui sont proposés avec l'un très arcade, un autre qui tente, sans grand succès, de lorgner vers la simulation et un troisième qui propose un curieux mélange entre les deux styles. Seulement voilà, dans tous les cas, le gameplay du jeu d'Eden Games donne l'impression de se chercher puisque quelque soit le style adopté, c'est finalement une jouabilité plutôt arcade vers laquelle se tourne le soft. Et si la tolérance à l'erreur est parfois assez large, elle peut aussi s'avérer bien plus stricte pour une raison inconnue. Difficile en effet de comprendre pourquoi tel bolide sera plus aisé à contrôler qu'une autre voiture qui joue les savonnettes, alors que tous deux appartiennent pourtant à des catégories similaires. Un déséquilibre fréquent qui, couplé à une orientation qui peine à afficher un vrai visage de simulation ou, au moins, à proposer quelque chose de consistant, décevra certainement quelques aficionados du premier volet. C'est d'autant plus vrai que quelque soit le véhicule sur la route, c'est une impression de lourdeur qui prédomine, un manque réel de sensations que la gestion des dégâts n'aide pas à surmonter, en plus de différentes vues franchement pas immersives.
Côté multijoueur, le constat est en demi-teinte. Premier élément qui plaide en la défaveur du soft d'Eden Games : l'interface relativement lourde. Déjà en solo, le joueur met un certain temps avant de se familiariser avec cette carte façon Google Map où il faut jongler entre différentes catégories d'icônes pour naviguer. En multijoueur, cet aspect ne s'arrange pas et les sous-menus dédiés aux parties à plusieurs s'avèrent également assez brouillons. Pour le reste, les épreuves en multi se déroulent comme les parties en solo et demandent donc d'explorer un minimum son monde. Sont alors disponibles des courses classiques, des défis en contre-la-montre, des défis de vitesse et autres courses avec radars, à disputer en compagnie de sept autres joueurs. Une recette finalement très prévisible mais qui arrive à séduire son monde, malgré des soucis techniques que l'on espère corrigés via une prochaine mise à jour puisqu'il est encore courant, à l'heure où sont écrites ces lignes, d'éprouver des difficultés à rejoindre une partie rapide. Mais ce qu'il faut surtout retenir du multi de Test Drive Unlimited 2, c'est son intégration parfaite avec le solo. En plus de confondre ces deux aspects du jeu sur une même carte, il est possible de rencontrer d'autres possesseurs du soft (à condition d'être connecté en ligne) lors d'une simple session libre de jeu. Il suffit alors d'un petit appel de phare pour proposer un défi et se lancer dans un duel acharné. Vraiment sympa, bien plus que les parties coopératives qui n'ont pas vraiment d'intérêt.
On apprécie également passer du temps du côté de l'éditeur d'épreuves qui, comme son nom l'indique, permet de créer ses propres défis en contre-la-montre, en vitesse et en radar. Après avoir défini quelques paramètres il est vrai assez sommaires, il est ensuite possible de proposer son tracé à la Salle des courses communautaires où le circuit, une fois posté, sera joué par d'autres joueurs qui tenteront de battre le record établi par le créateur de l'épreuve. Une bien belle manière de goûter à des challenges différents chaque jour qui passe, alors que les Clubs sont également de retour. En créant son propre club ou en rejoignant un club déjà créé par un autre utilisateur de Test Drive Unlimited 2, le joueur s'offre ainsi l'opportunité de fonder et/ou de participer à la vie d'une véritable petite communauté dans la communauté. Les parties gagnent alors en convivialité, sans oublier la dose de challenge qu'apporte un Club lorsqu'il s'agit de se faire connaître et de défendre sa réputation face à un autre groupe de joueurs.
Jerem, le 21.02.2011
6/10
CONCLUSION
Tout comme le premier volet, Test Drive Unlimited 2 allie de bien belle manière les sessions de jeu en solo et les parties en multijoueur avec, dans les deux cas, un contenu assez conséquent. Des heures de jeu, le dernier bébé d' Eden Games en garantit d'ailleurs beaucoup, pour peu que les joueurs fassent l'impasse sur les éléments qui plombent l'intérêt du soft. En ligne de mire, un gameplay un peu bancal qui ne sait pas vraiment de quel côté rechigner et qui se contente finalement de peu, alors que la réalisation du titre se révèle assez moyenne en oscillant entre l'agréable sensation de liberté offerte par un immense terrain de jeu et des éléments visuels qui auraient clairement mérité un meilleur traitement, en plus de divers soucis techniques. Reste qu'avec son système de progression assez complet et tous les à-côtés façon simulation de vie, Test Drive Unlimited 2 saura séduire son monde, en tout cas ceux qui cherchent absolument ce type d'expérience.
LES PLUS + Contenu imposant
+ Marge de progression importante
+ Un monde ouvert assez large |
LES MOINS - Jouabilité parfois déroutante
- Réalisation pas toujours convaincante
- Des soucis techniques |
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