Test de Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas sur PlayStation 3

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Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas PS3
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Test de Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas sur PlayStation 3 (PS3)



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Le premier Mercenaries se révéla être une bonne surprise il y a plus de trois ans déjà et il était tout simplement improbable que Pandemic Studios ne remette pas le couvert. Mais les développeurs accouchent ce second volet dans la douleur, le jeu porte les stigmates d'une gestation difficile. Reste-t-il assez des acquis du premier opus pour sauver cette Arche de Noé de bugs en tous genres ?

Un mercenaire rend toujours la monnaie


Les trois héros caricaturaux du premier épisode reprennent du service au Vénézuela après être sortis vivants de Corée. Seulement, leur nouvel employeur, le milliardaire répondant au nom de Solano, décide d'éliminer ces derniers après qu'ils l'aient aidé. Cela fait partie du métier et les compères en sont conscients ; seulement, Solano a oublié de régler la note au passage et ça, Jen, Mathias et Chris ne sont pas prêts de l'oublier.

On se retrouve par conséquent face à un système identique au premier épisode : sur une carte gigantesque composée de plusieurs villes et régions, le joueur évolue librement et travaille pour diverses factions contre des renseignements sur Solano, mais également contre des caisses ni sonnantes ni trébuchantes de billets verts. Toutefois, il faudra ménager les employeurs à disposition, puisqu'on sera souvent amené à nuire à d'anciens alliés pour progresser ; il faudra alors sortir le chéquier ou éliminer des personnalités gênantes pour le groupuscule avant de se faire pardonner.

Ka-boom le gameplay


Si Matthias régénère ses points de vie plus rapidement, Jen dispose d'un sprint plus véloce et Chris peut embarquer plus de munitions. Malgré ces différences, les parties se ressemblent quoi qu'il arrive. Après avoir réussi quelques missions, on disposera d'un mécano capable de produire des véhicules adaptés au combat, d'un pilote d'hélicoptère pouvant embarquer les caisses de munitions, les paquets d'argent ou encore les containers pétroliers trouvés ça et là, tandis qu'un pilote de jet permettra d'arroser allègrement les zones traversées de bombes anti-bunker ou anti-véhicules et de se débarrasser de troupes aériennes un peu trop gênantes. Chaque coéquipier présentera au joueur une série de défis qui, s'ils sont réussis, rapporteront de l'argent et débloqueront de nouveaux articles en magasin. Une série d'épreuves qui cache un tutorial plutôt bien amené que l'on parcourra rapidement, la prise en main du titre étant aisée pour qui connaît le genre.

Mais ces services peuvent également être rendus par les factions que l'on a à la botte ou être dégottés sur place. Poser un pain de C4 sur des missiles aura le même effet que de les voler avant de les lancer, tout comme il sera moins coûteux de détourner un tank via un QTE risible et identique tout au long du jeu que de le payer au prix fort chez les guérilleros locaux. De plus, pénétrer dans un véhicule permettra de s'infiltrer au sein de la milice correspondante. On pourra alors se faire passer pour un allié, mais on prendra ainsi le risque d'être pris pour cible par les factions opposées, jusqu'à ce que l'on sorte de son bateau, de sa jeep, de son tank, etc.

Avec un tel arsenal à disposition, les combats tournent généralement vite court en faveur du joueur, lequel peut encaisser sans problème un tir de roquette en pleine poire, la barre de vie opérant une pause systématique à 3/100 pour laisser à son mercenaire le temps de se cacher et de reprendre des forces. Les ennemis ne sont d'ailleurs pas aidés dans leur traque à cause d'une IA défaillante et des bugs de collision les scotchant parfois dans des positions vulnérables dont ils ne seraient pas sortis en temps normal. Les alliés sont soumis au même traitement et on ne sait généralement quoi penser lorsque, lors de la prise d'un poste avancé, quatre guérilleros font du tourisme et admirent l'architecture en restant plantés à trois mètres de l'objectif pendant que la milice locale les arrose copieusement de balles.

On appréciera donc de pouvoir abréger l'arrivée d'opposants à l'encéphalogramme plat en détruisant les casernes ou tout autre bâtiment les abritant. Avec quelques pains de C4, un bombardement ou quelques obus bien sentis, il sera possible de faire s'effondrer n'importe quel édifice. Assurément l'un des aspects les plus jouissifs du jeu, mais il faut avouer que ces derniers sont au final peu nombreux, contrairement aux points négatifs jouant en sa défaveur.

Une armée de défauts


Si le moteur graphique est capable d'offrir de beaux panoramas lors d'un vol en hélicoptère, force est de constater que de près, les visages et vêtements ne bénéficient pas du même soin. On mettra en avant le gigantisme de la carte, mais les divers bugs, associés à la physique fantaisiste du titre (voiture amorçant un backflip en passant trop doucement sur un dos d'âne, mais capable de tronçonner des palmiers sans aucun souci par exemple) prêtent sérieusement à rire, peut-être plus à pleurer si on y investit 70€. Pire encore, d'autres problèmes rendent certaines missions irréalisables : si un VIP à abattre et à photographier une fois mort se cache dans un tank, la mission est pour ainsi dire fichue, étant donné qu'il restera à l'intérieur si l'on explose le véhicule, empêchant ainsi de le photographier.

L'ambiance de ce Mercenaries 2 semble, manette en main, tournée vers la dérision du genre, avec ses explosions à outrance et l'action non-stop qu'impose un monde ouvert peuplé de soldats hostiles. Mais une pointe de sérieux apparaissant de temps à autre fait qu'on ne sait par conséquent comment aborder l'aventure et très vite, seule une poignée de personnes se révèle plus perdue que le joueur : les comédiens ayant participé au doublage. Particulièrement déplorable et peu convaincu, celui-ci sera de plus constamment imposé par des soldats au vocabulaire particulièrement réduit, s'adressant au héros de la même manière quelles que soient les relations que l'on entretient avec eux, ou encore par des alliés se fichant royalement du contexte dans lequel ils prononcent leurs commentaires, comme le pilote d'hélicoptère venant chercher une citerne de pétrole en clamant : "J'arrive ! Voilà des munitions !".

On passera également sur la mise en scène que l'on qualifiera simplement de ratée, alors qu'elle aurait pu être considérée comme démentielle en s'orientant volontairement vers le nanar obscur. Les musiques se cherchent elles aussi, allant du jazz à l'opposé de l'action, jonglant entre cuivres et cordes. Même le mode multijoueur en ligne montre ses limites : si l'on peut être rejoint par un nouveau coéquipier à tout instant, celui-ci devra faire attention à bien suivre le mercenaire principal pour ne pas se retrouver de nouveau offline.


Yato, le 11.09.2008


4/10
CONCLUSION

Accusant un retard de presque dix mois, le dernier-né de Pandemic Studios n'est décidément pas à la hauteur de son aîné. Des bugs en pagaille, parfois des plus gênants, viennent ruiner l'expérience de jeu pourtant agréable, défoulante et qui répond au doigt et à l'œil. Mais ce ne sont pas là les seuls points noirs, le titre cumule les fautes, notamment ses trois héros identiques ou presque, une IA à la ramasse, un moteur physique loufoque ainsi qu'une mise en scène bancale et un doublage qu'on qualifiera simplement de foireux. Ne reste au final que le plaisir qu'on peut prendre à démolir building après building en se faisant livrer quelques caisses de C4 et un tank, avant de se rincer l'œil en faisant une ballade en hélico au-dessus d'un vaste Vénézuela en guerre, au frame rate constant malgré le foutoir que l'on causera. Pas vraiment de quoi assurer une vingtaine d'heures de jeu agréable, même avec le mode multijoueur demandant à l'équipe de rester ensemble plutôt que d'accomplir deux objectifs éloignés chacun de leur côté pour gagner du temps.
LES PLUS
+ Le monde vaste, sans baisse de frame rate
+ Tout est destructible
LES MOINS
- Bugs vraiment gênants
- IA et physique au rabais
- Doublages calamiteux
- Multijoueur amputé





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Format :   Blu-Ray