Toutes les informations au sujet de la version PlayStation 3 de Hitman : Absolution sont sur cette fiche jeu.
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Six ans… Six longues années pendant lesquelles le fan du tueur le plus célèbre de l'histoire du jeu vidéo aura dû s'armer de patience. L'attente est enfin terminée et Code 47 revient en grande forme, toujours grâce à Io Interactive mais sous l'égide de Square Enix. Après plus d'une trentaine d'heures sur le titre, Hitman : Absolution remplit-il le contrat fixé ?
Le grand chauve avec un costume noir La série des Hitman n'est pas forcément connue pour son scénario. Ainsi chaque épisode développe une histoire sous-jacente aux assassinats mais sans pour autant de véritable mise en scène. Seuls peut-être le second épisode, Silent Assassin, et surtout le dernier en date, Blood Money, avaient tenté d'instiller une dose de cohérence et un lien entre les différentes missions. Cet opus reprend plus ou moins la suite du dernier jeu en date puisque 47 travaille toujours pour l'agence ICA, chose qui ne semblait pourtant plus être de mise à la fin de Blood Money. Son employeur lui demande d'ailleurs d'effectuer un contrat particulièrement délicat (« Je sais que c'est personnel 47 mais pour cette mission j'ai besoin d'un scalpel et non d'un marteau ») puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'éliminer sa correspondante de toujours et sans doute sa seule alliée, Diana Burnwood, qui avait pourtant remis l'agence sur pied. C'est d'ailleurs ce premier meurtre aux raisons énigmatiques qui sert de tutoriel tout en posant les bases d'une histoire qui va lancer le Hitman dans une folle course-poursuite. Celle-ci s'étale sur vingt missions pour une vingtaine d'heures de jeu en mode normal et une bonne trentaine, voire plus, en mode puriste. En tous les cas, la présence d'un véritable scénario, amené et narré selon les codes actuels à l'aide de cinématiques nombreuses et d'une mise en scène dynamique, apporte un vrai souffle à la série. IO Interactive a compris que les joueurs actuels demandent bien plus qu'un simple briefing sur fond noir et le studio cède donc aux sirènes hollywoodiennes pour se rapprocher des productions actuelles. Les personnages sont donc extrêmement bien détaillés et le joueur est immédiatement immergé dans l'action : il suffit de voir certaines missions à l'instar de celle se déroulant dans Chinatown en plein nouvel an chinois pour se rendre compte du travail effectué. Techniquement, le moteur Glacier 2 offre de bien belles choses et couplé à la bande-son correcte (sans jamais atteindre le niveau de Jesper Kyd malgré la présence du mythique Ave Maria), permet une plongée intégrale dans chacun des environnements traversés. La représentation de la ville du Dakota du Sud avec ses tireuses émérites vaut aussi son pesant de cacahuètes. 47 gagne également en intensité et en personnalité et s'éloigne de la machine à glaçons des deux premiers épisodes tout en conservant tout de même cette lueur dans le regard indiquant qu'il ne vaut mieux pas trop discuter avec le bonhomme. Si certains verront donc une bonne chose dans cette scénarisation extrême, d'autres en revanche pourront reprocher les travers amenés par ce changement.Chauve qui peut En effet, la construction scénarisée d'Hitman : Absolution pousse à revoir entièrement la structure du jeu. Exit les briefings avec carte, identité des personnages ou autres informations, le choix de l'arsenal et de l'inventaire, place désormais à une histoire s'inscrivant dans la continuité et proposant donc des objectifs au fur et à mesure de l'avancée. Si les informations précédemment présentes lors de la présentation d'avant-mission sont toujours accessibles via le journal, 47 est maintenant guidé dans la désignation de ses cibles par des motivations purement personnelles. Ainsi, pendant toute une première partie, le tueur sera la proie avant de renverser la vapeur et de redevenir le chasseur que l'on aime et connaît. La progression paraît donc en apparence plus linéaire qu'à l'accoutumée et amène une alternance entre les missions ouvertes, « à l'ancienne », et beaucoup trop de missions en « ligne droite » pendant lesquelles peu de choses passionnantes se passent. Et c'est peut-être là que le fait de vivre une sorte de film interactif va avoir un impact négatif sur le titre : il y a une véritable inégalité de qualité entre les différents niveaux et cet épisode souffle à chaque instant le chaud et le froid. On enchaine ainsi les missions passionnantes d'infiltration et d'assassinat pour se retrouver ensuite à suivre un couloir en bifurquant à gauche ou à droite pour échapper à la police ou à d'autres tueurs. Assez pathétiques, ces longs moments cassent franchement le rythme, la progression et empêchent dors et déjà Hitman : Absolution d'atteindre le Nirvana vidéoludique que tout fan espérait. Cela est d'ailleurs renforcé par le découpage des missions en zones : le joueur peut ainsi être en mauvaise posture, détecté de partout, il lui suffira de simplement passer une porte pour effacer dans la nouvelle zone, le ratage de la précédente (y compris en mode puriste malheureusement). Enfin, et tant qu'à rester dans les choses désagréables, il faut noter les checkpoints imposés et à activer à certains endroits qui ne fonctionnent pas correctement : ainsi, activer un checkpoint ne sauvegarde pour le moment que les fringues portées, l'arsenal et l'avancement de la mission mais réinitialise, en cas de recharge, les gardes et leur position ! Très ennuyeux lorsqu'on a passé beaucoup de temps à tout nettoyer méticuleusement. Pour autant, il ne faut pas tout voir d'un œil noir et cet épisode propose de vrais beaux morceaux d'anthologie (le combat, le tribunal, etc…) et de meurtres à la fois vicieux et délirants (le coup du siège, les toilettes, la station service, la ville du Dakota du Sud, etc…). Il ne faut pas oublier non plus qu'il est parfois possible d'utiliser jusqu'à plus de 10 stratagèmes différents pour abattre une seule cible. Le potentiel de rejouabilité n'est donc pas à prouver et il y a fort à parier que les plus accrocs s'essaieront à toutes les solutions imaginables, en testant toutes les approches de la plus brutale à la plus silencieuse. C'était mieux avant ? Et justement, Io Interactive a eu la bonne idée d'apporter un peu de souplesse dans le gameplay inchangé jusqu'à présent de la série. Une touche suffit désormais à assommer les adversaires, à lancer les objets, à étrangler ou à prendre en otage et tout est bien réparti et identifié, de sorte à ce qu'aucune confusion ne soit possible. 47 est également plus souple, plus rapide, peut se coller au parois et changer rapidement de couverture dans la plus pure tradition des TPS modernes. Il peut également simuler une reddition pour instantanément désarmer l'agresseur et s'en servir de bouclier humain. Les actions s'enchainent donc rapidement et seul le système de combat au corps-à-corps sous forme de QTE stupide est à déplorer. Cependant, tant qu'à parler des nouveautés qui risquent de fâcher, autant aborder tout de suite la question de la refonte du gameplay et des possibilités introduites par le nouveau système de jeu. Tout d'abord et sans doute dans l'intention louable de rendre le jeu plus accessible, Hitman : Absolution propose une mini-carte affichée en permanence (sauf mode puriste) à l'écran qui simplifie grandement l'infiltration. La carte indique la position de la cible une fois détectée, les différentes personnes présentes, ainsi que l'état d'alerte des gardes grâce à une couleur allant d'orange à rouge. Il suffit donc de jouer en « zyeutant » un minimum cette aide pour savoir immédiatement qui regarde, qui est là, qui entre, qui sort et qui commence à s'énerver. Bien trop simpliste, cette feature est complétée par l'ajout d'une jauge d'instinct qui, de normal à difficile, permet de détecter les hostiles à travers les murs, d'anticiper leurs déplacements, d'afficher le cône de vision et de détection mais qui permet surtout de se dissimuler des regards indiscrets. En effet, bien plus qu'avant, l'IA de cet opus fonctionne selon le principe suivant : les déguisements du tueur (toujours tous à sa taille, quelle chance !) deviennent suspects en fonction de la zone ou de l'identité revêtue. Par exemple, un jardinier pourra vaquer à ses occupations dans les jardins mais ne pourra pas entrer dans la maison sous peine d'être suspecté. De même, un garde aura accès à certaines parties privées mais s'il croise d'autres gardes, ceux-ci le suspecteront immédiatement car ils ne le reconnaitront pas comme étant un collègue habituel. Très logique, ce système est pourtant gâché par la jauge d'instinct qui permet, du moins en facile et jusqu'en difficile (de manière bien plus limitée), de simplement se protéger le visage pour ainsi passer complètement inaperçue devant une personne qui aurait dû poursuivre le joueur. Cela donne des situations cocasses et surtout invraisemblables dans lesquelles 47 disparaît grâce à un mouvement de la main, ce qui ne redore d'ailleurs pas le blason d'une IA encore parfois perfectible… Celle-ci est capable du pire comme du meilleur et quelques bugs de calibrage sont à noter.Autre possibilité induite par cette jauge, le fait de pouvoir marquer plusieurs adversaires, à la manière de Sam Fisher dans le dernier Splinter Cell, pour les éliminer de manière brutale à l'arme à feu mais via une cinématique toujours très classe. La jauge est donc un apport que les débutants apprécieront mais qui fera fuir d'office les plus endurcis qui se tourneront donc vers le mode puriste. Le challenge, c'est maintenant Io Interactive est bien conscient du fait que de nombreux joueurs (dont deux particulièrement au sein de notre rédaction) considèrent Hitman comme une simulation de tueur à gages. Infiltration, discrétion et invisibilité sont donc les maitres mots et les développeurs ont pensé un mode dans lequel aucune aide n'est visible. Exit la mini-map, le score, la jauge d'instinct, bref exit le HUD entier et place à une interface complètement épurée. Si le système de jeu reste le même (QTE pour le corps-à-corps etc…), les parcours changent du tout au tout. Ainsi, les ennemis ou obstacles sont plus nombreux, l'IA plus retorse et même les parcours empruntés par les gardes/policiers changent. Il faut donc être patient, très patient et surtout attentif pour espérer s'en sortir. De même, et toujours dans cette idée d'offrir l'expérience la plus réaliste possible, la jauge d'instinct est quasi inexistante : tout au plus permet-elle de se cacher une seule fois ou de cibler un ou deux adversaires maximum avec le tir rapide. Mais une fois utilisée, plus question de la recharger en effectuant l'un des objectifs de la mission. Pour finir, les déguisements sont quasiment inutiles puisque les ennemis d'un même type se reconnaissent entre eux et il faut faire particulièrement attention à la zone traversée ou au choix de l'habit pour espérer s'en sortir sans dommage. Presque impossible dans certains endroits surpeuplés, à moins de prendre véritablement son mal en patience ! Inutile de préciser également que 47 est aussi fragile qu'un cou entre le fil d'une corde à piano dans ce mode de jeu. Cette difficulté puriste est d'ailleurs la plus gratifiante en termes de points puisque réussir une mission permet de débloquer plus rapidement les aptitudes avancées pour le Monsieur Propre de l'assassinat (meilleure résistance, visée plus précise etc…).Et ça continue en score et en score Dans Hitman : Absolution tout est au final une histoire de score. Bien plus que dans le précédent épisode, la règle est simple : il ne faut tuer que sa cible et uniquement d'une manière « accidentelle » pour marquer le maximum de points. Ainsi le moindre écart, le moindre meurtre inutile pénalisera le résultat final et ne permettra pas de débloquer l'intégralité des améliorations de fin de mission précédemment évoquées. Les chasseurs de succès/trophées devront donc mettre leurs nerfs à rude épreuve pour espérer décrocher la récompense ultime ! Si ce système est parfaitement compréhensible car il impose de jouer au véritable assassin invisible, il exclut tout de même certaines possibilités pour le joueur qui souhaite marquer des points tout en mettant une dose de fun supplémentaire dans son actio. En effet, dans des missions remplies de méchants peu recommandables (mafieux ou autres), l'élimination de l'un d'entre eux affectera le score final d'un malus. Peu logique in fine puisque 47 est tout de même là pour faire le ménage parmi les bad guys lancés à sa poursuite ou qu'il traque. D'autant plus d'ailleurs dans une certaine mission qui prend place juste après un massacre injustifié et met le joueur face à de véritables barbares dont il aurait aimé par vengeance accrocher les têtes comme trophées au-dessus de sa cheminée. Encore moins logique, pourquoi pénaliser le meurtre de la cible principale lorsque celui-ci n'est pas réalisé à l'aide de l'une des possibilités imaginées par les développeurs ? Il est parfois bien sympathique d'attirer la cible pour la planter en silence, lui briser la nuque, l'étrangler ou tout simplement lui mettre un bon coup de silver ballers silencieux entre les deux yeux. Il faudra donc faire un choix entre se la jouer à la Solid Snake et marquer le plus de points, ou simplement faire un peu ce qui passe par la tête et accepter d'être pénalisé pour cela. Pour finir, le mode multijoueur est également orienté scoring puisqu'il s'agit tout bonnement de lancer des défis à ses amis. Pour cela, il faut programmer des contrats sur des cibles désignées dans des missions du jeu et en demandant à ses amis de les assassiner en marquant le plus gros score, sous certaines conditions (type d'arme, déguisement, temps limité, etc…). Sympathique et original, ce mode de jeu devrait occuper quelque temps mais pas forcément faire passer de longues nuits blanches à la différence du solo.
![]() 7/10
Déroutant dans son approche car c'est désormais le scénario qui entraine l'action et non plus l'inverse, Hitman : Absolution est un épisode qui ne plaira pas à tout le monde. Bien scénarisé, agréablement mis en scène, proposant de beaux meurtres et de belles scènes, le jeu montre aussi un aspect plus sombre avec des niveaux découpés en zones tampons, une IA parfois étrange et des couloirs franchement peu excitants. Ceux-ci ont pour effet de casser le rythme pourtant soutenu du titre qui n'hésite pas à faire dans la surenchère. Le nouveau système mis en place, notamment à travers la jauge d'instinct, fera plaisir aux joueurs ne souhaitant pas s'arracher les cheveux mais gâchera le plaisir des autres qui préfèreront se tourner vers le mode puriste proposant un vrai challenge. Malgré ces quelques défauts, Hitman : Absolution signe quand même le grand come back de 47 dans une vraie bonne aventure qui tiendra le joueur éveillé de longues heures.
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