
Toutes les informations au sujet de la version PlayStation 3 de Heavy Rain sont sur cette fiche jeu.

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Cinq ans, c'est le temps que s'est octroyé Quantic Dream pour sortir sa nouvelle création après l'excellent Fahrenheit. L'occasion de changer d'histoire bien sûr, mais aussi de console, Heavy Rain étant l'une des premières exclusivités PlayStation 3 de 2010. Une puissance nécessaire aux dires des développeurs, qui ont souhaité franchir un pas de plus vers la fusion entre film et jeu vidéo. Pari réussi ?
Les origamis de mamieComme malheureusement bien des jeux sur PlayStation 3, Heavy Rain débute par l'installation plutôt longue de données sur le disque dur de la console. Cette pause forcée est toutefois utilisée pour mettre le joueur à contribution, puisqu'il pourra soit laisser la console tourner soit l'accompagner en suivant un petit tutoriel de création d'origami. Original. Qu'est-ce que l'origami ? Il s'agit de techniques de pliage de papier avec lesquelles certains artistes arrivent à recréer diverses formes. Un origamiste, il y en a d'ailleurs un de très doué dans Heavy Rain puisqu'il s'agit du tueur en série autour duquel tout le jeu de Quantic Dream gravite. Le tueur de l'origami a ainsi pris l'habitude depuis plusieurs années de laisser une de ses créations dans les mains de ses victimes. Ces dernières sont d'ailleurs suffisamment nombreuses pour qu'un détective privé et un agent du FBI se lancent sur ses traces, en sus de toutes les forces locales de police. Comme dans Fahrenheit, Heavy Rain offre au joueur plusieurs personnages jouables et autant de points de vue sur la trame principale. Dans Heavy Rain, ils sont quatre et si trois d'entre eux sont à la poursuite du tueur, le dernier, Ethan Mars, est quant à lui le père de la victime du moment, que seuls quelques jours séparent d'une mort certaine. Tout au long du jeu, de nombreuses questions vont donc se poser. Le tueur sera-t-il arrêté à temps ? Si oui, par qui ? Tel ou tel personnage survivra-t-il ? La force d'Heavy Rain c'est justement de ne pas apporter une réponse fixe à chacune d'elles, mais une multitude en fonction des actions du joueur. Il y a aussi certains passages du jeu que l'on découvrira, ou non, en fonction de la réussite de certaines actions, ou de choix délibérés. Nous avons en effet pu assister à plusieurs variantes d'un même chapitre (Heavy Rain en compte une cinquantaine), ainsi qu'à trois fins différentes en conséquence directe de décisions changées à divers moments, pour certaines variant du tout au tout. De cette singularité, pas nouvelle mais sans doute plus poussée qu'à l'accoutumée, ressort une véritable impression d'être le seul décideur de tout ce qui se déroule dans Heavy Rain, ou presque. Presque, parce qu'il y a aussi des points qui font que ce qui doit se passer se passera. Inutile de vouloir tuer un personnage dès le début en ratant volontairement les QTE par exemple, il choisira de lui même, et pour le coup sans aucun contrôle du joueur, de rebrousser chemin si sa vie est en danger. Le jeu reste aussi très cloisonné, dans le sens où on ne peut même pas aller jeter un œil à l'étage au-dessus de celui de l'appartement du détective Scott Shelby, par exemple. Heavy Rain arrive quand même plutôt bien à focaliser l'attention du joueur sur ce qu'il y a à sa disposition, grâce notamment à une bonne ambiance et une belle mise en scène, très cinématographique. ARI, un ami qui vous veut du bienPour ce faire, Heavy Rain ne lésine pas sur les effets de caméra, avec de nombreux travellings et des angles surprenants. Il arrive assez souvent que l'écran se scinde, façon 24h chrono, pour offrir au joueur différentes vues d'une même action. Un tel choix artistique permet la plupart du temps de renforcer l'immersion et l'oppression que l'on pourrait ressentir dans certaines situations. En plus de cela, il est possible à tout moment d'écouter les pensées de son personnage. Un bon moyen de savoir ce qu'il ressent et ce qu'il faut faire dans les rares cas où l'on peut être bloqué, les énigmes que le jeu propose n'étant pas bien méchantes. On notera tout de même la particularité des phases avec l'agent du FBI Norman Jayden, qui dispose d'un équipement ARI à faire fantasmer plus d'un geek. Il s'agit tout simplement d'une paire de lunette capable de mettre en évidence toutes les preuves (empreintes, traces de sang...) dans son rayon d'action. De quoi ridiculiser d'un seul coup tout l'arsenal des Experts. L'ARI permet aussi de passer en revue tous les indices et les dossiers récoltés par Norman au cours du jeu, ainsi que quelques fonctionnalités bien sympathiques qu'on se gardera de dévoiler. On le sait depuis son annonce, Heavy Rain repose son gameplay quasi uniquement sur des QTE, ces actions qui consistent à appuyer rapidement sur une touche précise dans un temps imparti. Il y avait déjà pas mal de passages du genre dans Fahrenheit, mais Heavy Rain va vraiment encore un cran au-dessus. Ainsi, il faut d'abord faire la distinction entre les QTE, qui doivent s'exécuter en un temps limité, et les actions contextuelles comme prendre un objet ou ouvrir la porte que le joueur est libre de faire. Les deux utilisent le joystick analogique de droite, les touches de façade (croix, carré, rond, triangle), les gâchettes et la fonction Sixaxis. Leur utilisation peut aussi varier, selon qu'il faille appuyer une fois, plusieurs fois, appuyer en douceur ou maintenir plusieurs touches les unes après les autres. Et le jeu ne se prive pas pour tout combiner, toujours de manière assez cohérente heureusement. Ce que l'on regrette en revanche, c'est que les QTE soient un peu trop généreux au niveau du temps accordé, et donc un peu trop faciles, d'autant que le jeu ne se termine jamais par un Game Over. Malgré tout, Heavy Rain boucle l'essentiel en arrivant à être suffisamment varié, ce qui est déjà un exploit pour un titre qui ne repose que sur les mêmes actions du début à la fin. Pluie battanteEn ce qui concerne la technique, Heavy Rain fait honneur au support qui l'accueille. Il suffit d'ailleurs de se replonger dans Fahrenheit pour constater que du chemin a été parcouru à tous les niveaux. Du côté des très bonnes choses, la motion capture fait une nouvelle fois des merveilles dans la majorité des situations, tandis que le soucis du détail, notamment pour la modélisation des visages, est parfois impressionnant. Les textures ont de temps en temps un peu de mal à s'afficher quand il faut mais elles sont propres, voire impressionnantes lors de certaines scènes sous la pluie. En revanche, du côté des choses qui fâchent, il y a le tearing, ces micro-déchirures qui sautent au yeux sur un grand écran, des animations faciales parfois bien en-dessous des autres et certains bugs un poil grossiers. Le point le plus regrettable reste néanmoins la lourdeur des personnages lorsqu'ils ne sont pas pressés ; ils avancent tous à une vitesse d'escargot les bras ballants, ce qui est loin d'être la chose la plus plaisante du jeu. Il faut aussi noter que les protagonistes avancent avec la touche R2, comme dans un jeu de course, ce qui a le dont de surprendre au début. Même si on s'y fait avec les heures, il y a toujours un moment où notre alter-ego réagira de manière plus que bizarre, comme pour faire un demi-tour. Ce n'est pas rédhibitoire, mais l'immersion en prend encore un coup. Le dernier point, qui lui aussi varie entre excellence et regrets, concerne la bande-sonore de Heavy Rain. La musique, signée par Normand Corbeil et un orchestre symphonique, est la plupart du temps excellente. Le jeu utilise également pleinement le Blu-ray côté doublages et sous-titres puisque l'on y retrouve une bonne partie des langues du Vieux Continent et qu'il est possible de changer à la volée. En revanche, on remarque clairement que toute la modélisation des visages et la synchronisation labiale a été faite pour la version anglaise. En VF, voir les lèvres bouger alors qu'aucun son ne sort de la bouche du personnage, ça fait tache. Ça fait d'ailleurs mal de le dire pour un jeu développé en France, mais la VO est de ce point de vue clairement supérieure.
Xzyl, le 02.02.2010
![]() 7/10
Comme Fahrenheit en son temps, Heavy Rain est une aventure unique à mi-chemin entre film interactif et jeu vidéo. Si certaines bases avaient déjà été posées il y a cinq ans par le premier, le second va aujourd'hui plus loin en termes de mise en scène et de réalisme, tout en variant et en dynamisant davantage sa partie QTE. Très particulière, l'expérience pourra être perçue comme une franche réussite ou comme une bête succession de QTE selon les affinités de chacun. La démo jouable sera quoi qu'il arrive disponible pour écrémer les plus réticents. Quant aux autres, ils découvriront avec Heavy Rain une aventure captivante de bout en bout et qui, malgré des défauts notables, constitue surement l'une des expériences les plus rafraichissantes que le jeu vidéo ait eu à nous proposer ces derniers mois.
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| Résolutions | : 480p 720p 1080i 1080p |
| Prix lancement | : 69,99€ - Voir le prix actuel |
| Format | : Blu-Ray |
| Localisation | : Version française intégrale |