
Toutes les informations au sujet de la version PlayStation 3 de Grand Theft Auto IV sont sur cette fiche jeu.
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Rarement un titre aura été aussi attendu que ce Grand Theft Auto IV. Messie pour certains, hantise pour d’autres, le GTA nouveau est enfin là. Près de quatre ans après un San Andreas acclamé par la critique et adulé par la grande majorité des fans, Rockstar renoue avec sa série fétiche, pour la première fois sur PlayStation 3. Forcément, en débarquant sur une nouvelle génération de consoles Grand Theft Auto IV entraîne de nouvelles attentes et de nouveaux espoirs. En vain ?
Là où tout recommenceAppâté par un cousin un peu trop porté sur les bobards, Niko Bellic quitte sa Serbie natale et traverse l’océan pour débarquer à Liberty City, la terre des opportunités. Roman lui a promis une vie rythmée à coups de voitures de sports et de femmes dévergondées, loin de leurs vieilles habitudes des balkans. Hélas pour nos deux cousins la réalité varie sensiblement. Créchant dans un appart délabré de Broker, Roman accumule les dettes de jeux et, évidemment, ne manque pas d’embarquer Niko dans ses embrouilles plus vite qu’il n’en faut pour descendre un rail de blanche. Comme on pouvait le supposer, ce nouveau Grand Theft Auto délaisse ce petit effet cartoon que l’on avait connu dans les épisodes PS2 et adopte une ambiance moins troisième degré. La réalisation globale se met ainsi au service d’un jeu plus proche que jamais du polar, du film bien noir avec tir en pleine tête pour ceux qui osent élever la voix. On peut regretter cette prise un peu plus au sérieux de l’ambiance mais l’histoire et la mise en scène, bien qu’étant quelque peu décevantes, réussissent tout de même à reléguer la concurrence plusieurs métros derrière. Et si l’on juge la qualité d’un GTA à l’hilarité de ses personnages alors ce numéro quatre s’en tire plutôt bien avec notamment certains mails et dialogues de Brucie qui resteront dans les annales. L’ambiance est d’ailleurs sublimée, comme à l’accoutumée, par une très bonne bande-son. Les doublages anglais, Niko en tête, sont excellents. Il est juste regrettable que les séquences en véhicules soient marquées par une plâtrée de dialogues. Si cela ne gène pas outre mesure pour qui n’a pas besoin des sous-titres pour comprendre, c’est en revanche tout de suite plus délicat de conduire dans Liberty City tout en essayant de suivre une conversation sur plusieurs lignes de textes en bas de l’écran. Les habituelles radios sont une fois encore au rendez-vous avec une sélection extrêmement variée allant de Bob Marley à Justice, en passant par Elton John ou The Who. Grand Theft Auto IV innove également en marquant l’arrivée des chaînes de télévision, à regarder sans modération dans ses diverses planques mais malheureusement uniquement en VO et sans sous-titres. Serbian ConnexionS’il faut attendre une petite dizaine de missions avant de se faire offrir sa première arme à feu, Grand Theft Auto IV ne tarde pas à renouer avec les bonnes habitudes. Courses-poursuites, fuites, escortes, assassinats, les objectifs ne vont pas vraiment dépayser les habitués de la série. Le jeu bénéficie en plus d’une nouveauté qui ne paye pas de mine au premier abord mais qui renouvelle une bonne partie du gameplay : le téléphone portable. S’il sert bien sûr à rester en contact avec les différents protagonistes via des coups de fils ou des SMS, les développeurs lui ont également trouvé une utilité dans les missions. Prendre en photo un groupe de gangsta pour confirmer une cible ou sonner un téléphone proche d’une fenêtre pour se dégager un angle de tir sont autant de possibilités, certes scriptées, offertes par le nouveau jouet de Niko. Et ce n’est pas tout puisque le portable sert aussi à relancer une mission qui aurait échoué, reléguant ainsi aux archives les tristement célèbres pertes de temps des anciens opus. Les possibilités offertes par le gameplay, d’un point de vue plus général, sont en baisse par rapport à San Andreas si l’on compare la richesse de personnalisation du personnage ou le terrain de jeu. Il faut dire que ce dernier avait placé la barre très haut avec ses trois villes et sa campagne environnante. Mais ce que ce nouvel opus perd en diversité, il le regagne haut la main en complexité. Une ville immense, incroyable de cohérence, avec une architecture de folie où chaque rue dispose d’une identité propre et d’un nombre ahurissant de détails (vendeurs de hot-dog, arrêts de bus, poubelles, kiosques à journaux etc.), qui ne demandent qu’à partir en mille morceaux lors d’une conduite un peu trop sèche. Car l’autre nouveauté d’envergure de ce Grand Theft Auto IV se trouve dans son moteur physique, sûrement ce qui se fait de mieux pour un jeu aussi dense. La conduite des véhicules est totalement renouvelée et ne se maîtrise qu’au prix de nombreux essais et d’un paquet de tôle froissée. On regrette juste que certains aspects aient été un peu trop exagérés, comme le frein à main où le transfert de poids dans les virages. De toutes façons, on retrouve toujours de grosses énormités en terme de physique (une voiture qui en soulève une autre par exemple). You can run but you can’t hideCe nouveau moteur physique est également mis à contribution dans les gunfights, désormais à des années lumières de ce qui se faisait auparavant dans la série. Finie la galère pour viser un adversaire tout en évitant de se prendre un maximum de plomb dans le gilet pare-balle. Grand Theft Auto IV a eu la géniale idée de se mettre à jour en imitant ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle : tout ces titres misant sur la couverture. Le bouton R1 fait dès lors office de touche à tout faire pour se mettre à couvert. Derrière un muret, ou pour terminer une course par une glissade du plus bel effet envoyant Niko se cacher derrière un véhicule, on a vite fait d’en user et d’en abuser tellement c’est bon. S’il n’est pas à couvert, le jeu passe alors en vue épaule, celle dont les bénéfices ne sont plus à prouver depuis Splinter Cell. Reste qu’une fois à couvert, Niko peut tirer à l’aveugle en passant son arme au-dessus de sa planque ou se lever à tout moment pour envoyer deux trois pruneaux bien placés qui feront mouche à coup sûr. La visée automatique est en effet extrêmement efficace, peut-être même un peu trop, mais n’enlève heureusement rien du plaisir procuré par des phases de tir à outrance. Il est d’ailleurs possible d’utiliser qu’une visée manuelle, en fonction de la pression exercée sur la gâchette de visée. Les gunfights sont d’autant plus prenants qu’ils bénéficient désormais d’un moteur graphique accordant incontestablement plus de libertés aux développeurs. Merci la next-gen’. Les différents personnages ne sont plus modélisés à la tronçonneuse, le clipping et les baisses de frame rate, bien que toujours présents dans Grand Theft Auto IV, sont tout de même sacrément moins importants que dans San Andreas. Là où ce nouvel épisode impressionne le plus c’est sans conteste dans la complexité de son monde. Une étendue gigantesque, un nombre d’intérieurs en progression, des passants et des véhicules affichés par dizaines, le tout sans jamais le moindre temps de chargement. Les seuls existants étant là pour assurer les transitions entre cut-scène et phases de jeu. Qu’on se le dise, Grand Theft Auto IV est à ce jour le jeu du genre le plus abouti techniquement, et de loin. Vient enfin la cerise sur le gâteau, le mode multijoueur. Non seulement celui-ci n’a pas été bâclé mais il n’a surtout pas été développé au détriment de l’aventure solo qui affiche encore une sacrée longue durée de vie. A une époque où les jeux ont tendance à se terminer en moins de dix heures, GTA IV dépasse lui largement les trente heures. Qui plus est, de nombreux choix viennent se poser au joueur et les décisions prises ont une incidence sur la fin du jeu, qui en possède donc plusieurs alternatives. Autant dire qu’on en a pour son argent. Pour en revenir au multijoueur, jouable uniquement en online seul sur sa console, celui-ci propose un nombre conséquent de modes. Des classiques deathmatch et team deathmatch à des modes plus originaux et peut-être même plus réussis (cops n' crooks, team mafia work) en passant par les habituelles courses de voitures, tout est là. Il y a du monde et très peu de lag, bref c’est le pied.
Xzyl, le 05.05.2008
![]() 9/10
Pourtant loin d'être exempt de toute imperfection, Grand Theft Auto IV reste une valeur sûre. A défaut de révolutionner un concept popularisé par la série, ce quatrième épisode arrive néanmoins à renouveler l’expérience et à embarquer le joueur dans une aventure hors du commun. Jamais une ville n’aura semblé aussi réelle que ce Liberty City, grouillante de vie et à l’architecture magistralement démesurée. Avec son moteur physique inédit et son nouveau système de visée, Grand Theft Auto IV gomme même les principaux défauts des anciens opus. S’il est possible de regretter la nouvelle orientation plus sérieuse prise par l’ambiance et les quelques problèmes récurrents de clipping ou de frame rate, c’est bien peu au regard de tout ce que peut offrir le titre à côté. Difficile dans ces conditions de ne pas s’incliner devant la suprématie et le talent de Rockstar, qui nous livre là une première vraie claque pour 2008.
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