Test de Bayonetta sur PlayStation 3

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Bayonetta PS3
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Test de Bayonetta sur PlayStation 3 (PS3)





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Remarqué dès son annonce pour le charisme 90D de son héroïne et l'illustre chef de projet (Hideki Kamiya, créateur de Devil May Cry) à ses commandes, Bayonetta aura mis près de deux ans avant d'arriver à terme. Le temps pour Platinum Games de nous concocter un beat'em all de haute volée, doté de tous les ingrédients aujourd'hui indispensables pour en mettre plein la vue aux joueurs.

"I'm a bit... I mean witch."


À la voir comme ça, se dandiner en tenue ultra-moulante et sucette en bouche, on pourrait la prendre pour une femme de petite vertu totalement paumée ; pas vraiment la tête de l'emploi pour une héroïne de jeux vidéo. Mais dès ce qui sert de prologue au jeu, Bayonetta se dévoile pleine de surprises, qu'il s'agisse de ses incontestables talents de sorcière ou de son côté doucement folle et irresponsable. Son goût prononcé pour les armes à feu, qui la pousse à en utiliser même avec les pieds, transforme très rapidement le jeu en un délire pour les sens, avec une Bayonetta qui s'en donne à cœur joie dans des cabrioles toutes plus improbables les unes que les autres. L'histoire cachée derrière ce personnage atypique, son amnésie et son don pour dégommer les anges, on la découvrira au fil de l'aventure, dans une mise en scène au moins aussi barrée que l'héroïne, quitte à se montrer parfois incompréhensible.

Peu importe, Bayonetta se juge avant tout pad en main et bouche ouverte, le scénario restant secondaire comme dans tout beat'em all. Or, côté gameplay, le nouveau bébé de Hideki Kamiya en met plein la vue. Si les bases sont assez classiques pour le genre, avec un bouton pour locker l'adversaire, un pour esquiver et d'autres à combiner pour les combos, Bayonetta apporte très rapidement une première idée toute simple mais géniale : le Witch Time. Il s'agit en fait d'esquiver un coup au dernier moment pour déclencher une sorte de bullet time durant lequel les ennemis vont au ralenti, laissant ainsi l'occasion au joueur de placer combo meurtrier sur combo meurtrier. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais le Witch Time est vraiment le cœur du fonctionnement de Bayonetta. Il permet à la fois aux joueurs peu habitués de s'en sortir en ayant un minimum de réflexe, tandis que les hardcore gamers se voient offrir un excellent moyen de maximiser les dégâts, tout en minimisant ceux reçus. Le Witch Time permet aussi de souffler, un luxe qui n'est pas de refus lorsqu'on enchaine des combats ultra speed très, très nombreux... D'autant que les ennemis deviennent de véritables pestes au fur et à mesure que l'on progresse dans le jeu. Et ce, sans parler des boss qui atteignent un nouveau niveau de gigantisme dans Bayonetta.

Sorcière sans balai cherche coups à donner


Il n'est ainsi par rare d'affronter un gros vilain avec un nombre de barres de vie à faire pâlir les plus courageux sans lui arriver ne serait-ce qu'à l'orteil. Sauf que paradoxalement, ce ne sont pas toujours les plus grosses bêtes qui donnent envie de jeter la manette contre le mur, la faute aussi bien à une difficulté parfois mal gérée qu'à une gestion des checkpoints vraiment généreuse (jusqu'à plusieurs pour un boss). Il y a toutefois une sacrée différence entre finir le jeu et le boucler totalement avec les meilleures récompenses, même en difficulté normale. Pour y parvenir et faire le plein de succès/trophées, il devient indispensable de connaître sur le bout des doigts les nombreux combos offerts par le jeu. Certains ont notamment la particularité de donner lieu à des invocations en fin d'enchainement, les cheveux de Bayonetta prenant alors la forme d'un talon aiguille dévastateur ou d'un poing vengeur.

Dans le jeu de Platinum Games, les combats ont également tendance à se conclure en beauté par ce que les développeurs ont appelé une attaque sadique. Notre sorcière bien aimée, qui ne se refuse décidément rien, fait alors apparaître par magie toutes sortes d'objets de torture allant de la roue cloutée à la guillotine, pour le grand bonheur d'un ennemi qui n'en demandait pas tant. Même si elles se déclenchent assez facilement (en appuyant sur deux boutons), les attaques sadiques restent limitées et peuvent s'assimiler à une petite récompense personnelle. Il faut en effet veiller à remplir une jauge de magie en attaquant les ennemis, tout en évitant les coups, sous peine sinon de perdre la magie accumulée. Un point qui, au passage, renforce l'intérêt du Witch Time mais qui décuple surtout le sentiment de puissance que l'on peut ressentir en incarnant Bayonetta. C'est d'ailleurs en souriant bêtement devant la surenchère d'hémoglobine et de membres coupés que l'on se rend compte à quel point Platinum Games a réussi son coup.

T'as une salle gueule, tu sais


Jamais insurmontable, le challenge imposé par Bayonetta se révèle plaisant tout au long d'une aventure qui dure une bonne dizaine d'heures pour le commun des joueurs, en difficulté normale. La bonne tenue de la caméra et la générosité des développeurs côté checkpoints sont vraiment à saluer, évitant de nombreuses crises de nerf. Les joueurs qui recherchent la performance en auront aussi pour leur argent avec un système de classement qui se montre impitoyable et des défis dignes des meilleures œuvres masochistes. Et ce, sans parler des modes de difficulté supérieurs qui demanderont de finir le jeu deux fois avant de se débloquer l'un après l'autre.

Le dernier point à évoquer, la réalisation globale du titre, est aussi le plus problématique. Il y a d'abord le style graphique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde avec ses anges d'une laideur sans pareil (mais au charisme certain) et son héroïne tout droit sortie d'un film de Marc Dorcel. Il faut quand même reconnaître que l'identité visuelle de l'univers de Bayonetta est on ne peut plus unique et qu'il est difficile d'y rester indifférent. La différence de traitement des deux versions Xbox 360 et PlayStation 3 est en revanche beaucoup plus préjudiciable pour tous les joueurs et particulièrement les possesseurs de PS3 qui devront se satisfaire d'un frame rate moins stable et de textures moins nettes. Cela ne ruine pas l'expérience de jeu, heureusement, mais ça reste suffisant pour faire grincer des dents.


Xzyl, le 07.01.2010


8/10
CONCLUSION

En perpétuelle évolution depuis sa création, le genre beat'em all trouve avec Bayonetta une nouvelle représentante de choc et de charme. Le titre de [societe]Platinum Games[/societe] réunit dans son gameplay le meilleur de ces dernières années avec un rythme qui ne faiblit jamais, des coups de folie, des boss gigantesques et des idées qui permettent à Bayonetta de se montrer exigeant tout en restant accessible au commun des mortels. Doté qui plus est d'une héroïne qui ne se prend pas au sérieux et d'une ambiance excellemment kitsch, Bayonetta s'impose comme un jeu de référence pour tout amateur de beat'em all. Rien que ça.
LES PLUS
+ Un style de dingue
+ Rythme effréné
+ Des boss monstrueux
+ Gameplay riche et exigeant, mais pas élitiste
+ Musiques magnifiques
+ Bonne durée de vie
LES MOINS
- Certains environnements qui reviennent un poil trop souvent
- L'histoire, originale mais confuse
- Difficulté qui aurait pu être mieux dosée
- Techniquement inférieur sur PS3




INFOS EN +
Résolutions :   480p  720p  1080i  1080p
Format :   Blu-Ray