Test de Anarchy Reigns sur PlayStation 3

 S'inscrire        Mot de passe oublié
Filtrer l'affichage :
[Plusieurs choix possibles]
Anarchy Reigns PS3
  Toutes les informations au sujet de la version PlayStation 3 de Anarchy Reigns sont sur cette fiche jeu.

Test de Anarchy Reigns sur PlayStation 3 (PS3)



Images








En quelques années, grâce à plusieurs jeux phares, l'équipe de PlatinumGames s'est faite un véritable nom dans le jeu vidéo sans toutefois connaître une popularité folle. Le genre de réputation qui fait que chaque production du studio est source d'une certaine curiosité. C'est un peu le cas avec Anarchy Reigns, un titre qui aura pris son temps avant de paraître chez nous. Disponible depuis belle lurette au Japon sous le nom de Max Anarchy, il a en effet été repoussé à maintes reprises dans nos contrées à cause des déboires occidentaux de son éditeur, Sega. S'il est finalement arrivé jusqu'en Europe, à petit prix, Anarchy Reigns s'engage dans un combat qui est loin d'être gagné.

Double histoire, double peine


N'allez pas dire à Yamanaka, Game Director d'Anarchy Reigns, que le soft est un successeur à Madworld, il vous répondrait un « non » catégorique. Le jeu PS3/360 a beau partager quelques mécaniques, l'un de ses principaux personnages et plusieurs autres protagonistes avec le soft Wii de 2009, PlatinumGames se refuse à considérer les deux productions comme liées, préférant qualifier Anarchy Reigns d'univers représenté par les mêmes acteurs de Madworld mais dont le rôle serait différent. Soit. Inutile de chercher un raisonnement logique là-dedans ni d'essayer de comprendre ce pourquoi les deux jeux partagent des similitudes tout en n'étant pas en lien, Anarchy Reigns ne mérite de toute manière pas une telle analyse. En effet, si le soft Wii nous avait séduit à l'époque avec son improbable histoire de télé-réalité mortelle, Anarchy Reigns cumule quant à lui les répliques bidons, les pseudo-retournements de situation et les mises en scène de bas-étage pour un scénario dont on se désintéresse vite. Les choses débutent pourtant de manière assez intéressante, avec le choix d'évoluer du côté du Camp Noir (avec l'ami Jack Cayman) ou de celui du Camp Blanc (en incarnant un certain Leo), mais le déroulement des évènements est finalement assez similaire.

En choisissant l'un ou l'autre des héros, seuls les principaux ennemis à combattre changent. Les missions, quant à elles, sont globalement les mêmes et le rythme de l'aventure repose sur des bases identiques. Dommage, surtout qu'Anarchy Reigns n'arrive pas vraiment à varier les plaisirs. Quatre niveaux pour autant d'environnements dans lesquels il faut accomplir différentes missions pour passer à la suite, voilà comment les choses se présentent dans le jeu de PlatinumGames. Concrètement, notre héros débarque dans un nouvel environnement découpé en plusieurs zones et doit tout d'abord taper sur tous les sbires qu'il croise afin d'accumuler un certain nombre de points. Ce sont avec ces points que les missions vont apparaître au fur et à mesure, sachant qu'il s'agit la plupart du temps de combattre un ennemi clé ou alors de venir à bout d'un challenge (combattre X ennemis en X minutes, survivre pendant X minutes), la palme du pire étant ces missions prenant la forme d'une course contre-la-montre et d'un shooter. L'ennui guette rapidement avec ce solo d'Anarchy Reigns et heureusement que le casting des personnages est là pour donner un peu de souffle à un périple dont le dénouement est également sympathique. Mais si l'on se félicite des personnages du jeu et de leur personnalité unique, on peste grandement contre les voix françaises du soft, trop caricaturales, avec un doublage du pauvre et une synchronisation labiale à la rue. La bande-son est en revanche très réussie.

Que cela plaise à Mr Yamanaka ou non, Anarchy Reigns emprunte donc de gros morceaux de sa formule à Madworld. La dernière production de PlatinumGames introduit toutefois quelques sympathiques éléments et l'on pense notamment à ces fameux évènements qui touchent régulièrement les zones de jeu (trou noir qui se forme, éclairs qui tombent, avions qui bombardent la zone, camion qui se renverse, etc.) ou encore aux power-ups à utiliser lors des combats (lance-missiles, bouclier, bonus d'invisibilité, etc.), apportant un peu de punch à un soft qui en manque clairement. En cause, un gameplay qui se contente de trop peu. Attaque simple, coup fort, quelques attaques spéciales (dont un mode Furie aux attaques dévastatrices), de la protection et la possibilité de choper un adversaire, voilà sur quoi repose la jouabilité d'Anarchy Reigns qui ne propose aucune évolution des personnages et se contente de quelques bonus à débloquer pour le multijoueur. On est loin de la richesse et de la fluidité d'un Bayonetta par ailleurs, ni même du plaisir que pouvait procurer Madworld en son temps. La gestion de la caméra, plutôt calamiteuse malgré la possibilité de cibler un adversaire, n'aide pas à s'imprégner d'une action trop brouillonne pour satisfaire, sans compter sur une réalisation dépassée avec un frame-rate qui se permet parfois quelques instabilités.

L'anarchie à plusieurs


Avec un solo qui se boucle en six bonnes heures (mode normal, les deux campagnes cumulées), c'est surtout du côté du multijoueur qu'il faut se tourner pour réellement apprécier Anarchy Reigns. À condition d'être prêt à passer un bon nombre d'heures sur le titre, tant les combats en ligne peuvent se révéler frustrants avec des joueurs sachant exploiter la moindre faille de leurs adversaires. On pense notamment aux chopes abusives que seule une capacité à débloquer permet de contrer, chose tellement indispensable que l'on se doit de l'activer en ignorant alors les autres aptitudes à notre portée. Dommage. Après, libre au joueur de piocher parmi les 18 personnages à sa portée (dont la délicieuse Bayonetta, à obtenir grâce au code fourni dans chaque copie du soft) afin de trouver le protagoniste qui lui convient le mieux, sachant que la principale différence entre les combattants réside dans leur manière de se mouvoir, avec plus ou moins de lourdeur. Une fois son petit protégé sélectionné, pas moins de 13 modes sont au menu (dont deux à débloquer via un code, fourni dans chaque copie du soft) pour des parties à 16 joueurs maximum de qualité bien inégale.

Il y a tout d'abord les nombreux modes compétitifs tels que la Bataille royale, le Match à mort en équipe et la Baston en duo, où les joueurs s'en mettent joyeusement plein la tronche, mais aussi des parties coopératives, comme la Survie et la Survie de fou, ou encore des parties un peu moins conventionnelles pour un jeu du genre, avec la Capture du drapeau, le Deathball et le Combat aérien. Largement de quoi s'occuper donc, mais si l'on note un ensemble qui ne fait pas vraiment dans l'original à l'exception du Deathball, un sport où frapper les adversaires est aussi important que de marquer un but. Malheureusement, ce mode là n'est clairement pas le plus populaire des joutes en ligne de Anarchy Reigns où, pour s'assurer de trouver du monde, il vaut mieux se tourner vers les parties plus classiques. Le jeu de PlatinumGames semble en effet ne pas jouir d'une communauté imposante, au point de ne pas toujours être en mesure de trouver une partie avec critères personnalisés en dehors des horaires les plus fréquentés. Et heureusement que le jeu nous propose de paramétrer notre région (Amérique du Nord, Europe, Asie, Japon et Océanie), sans quoi le lag rencontré sur des parties nippones ou US viendrait à bout des plus acharnés.


Jerem, le 14.01.2013



5/10
CONCLUSION

Un tarif attractif, des éléments puisés chez l'excellent Madworld et de talentueux développeurs aux commandes, Anarchy Reigns semblait bien parti pour séduire. Hélas il n'en est rien et à l'exception d'un casting flamboyant, difficile de trouver de véritables satisfactions dans une production à la réalisation dépassée, où le solo n'est clairement pas à la hauteur d'un multijoueur assez bien fourni. Ennuyeux en solitaire, le jeu de PlatinumGames s'apprécie surtout en multi mais il manque cette petite touche qui en ferait un univers singulier. Au lieu de ça, Anarchy Reigns se révèle être un beat'em all certes défoulant mais surtout répétitif, brouillon et sans véritable personnalité.
LES PLUS
+ Un prix moins élevé que la moyenne
+ Plutôt défoulant
+ Multijoueur assez fourni
+ Un beau casting
LES MOINS
- Réalisation dépassée
- Solo sans intérêt
- Gameplay sans saveur particulière
- Voix françaises caricaturales (et ridicules) à souhait




INFOS EN +
Format :   Blu-Ray