Test de The Witcher 2 : Assassins of Kings sur PC

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The Witcher 2 : Assassins of Kings PC
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Test de The Witcher 2 : Assassins of Kings sur PC (PC)





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Apparu en 2007, The Witcher aura attendu quelques mois avant de se faire véritablement un nom sur la scène du RPG. Il faut dire que si Atari n'avait pas vraiment forcé sur la communication avant la sortie du jeu, le manque de finition de ce dernier n'avait pas non plus aidé les développeurs à mettre leur titre en avant. C'est principalement par le bouche à oreille et grâce à d'énormes mises à jour que le premier bébé de CD Projekt a connu le succès qu'il méritait, pour finalement s'imposer comme un RPG incontournable. Sans surprise donc, The Witcher 2 : Assassins of Kings a très vite suscité la plus vive impatience chez les joueurs grâce à une communication bien mieux gérée qui laissait entrevoir un jeu d'envergure et de qualité, reprenant tous les bons points de son prédécesseur tout en améliorant ce qui devait l'être. Après presque quatre ans d'attente, il est maintenant temps de savoir si les développeurs ont tenu toutes leurs promesses et si The Witcher 2 saura, lui aussi, s'imposer comme la nouvelle référence du genre.

Sorceleur de vérité


Une fois encore, l'histoire de The Witcher 2 : Assassins of Kings démarre d'une étrange façon pour Geralt de Riv. Alors que le sorceleur avait réussi à empêcher un régicide à la fin du premier épisode, le voici enchaîné au fin fond d'un cachot humide et sombre en attente de la potence qui lui semble promise. Drôle de situation pour celui qui, quelque temps auparavant, avait réussi à sauver le royaume. Pourquoi le mutant chasseur de monstres se retrouve-t-il dans une telle situation ? Voici donc la question à laquelle le prologue viendra répondre à travers un interrogatoire interactif durant lequel le héros va pouvoir s'expliquer sur les évènements ayant précédé son arrestation. Alors qu'il se trouve aux côtés du roi Foltest lors de l'assaut du château de La Valette, Geralt finit par se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment pour finalement être accusé de l'acte tragique qui risque de faire basculer le royaume dans le chaos. Heureusement, Geralt ayant toujours su s'entourer d'amis, il finira par s'échapper de la prison du château afin de tirer cette histoire au clair.

A l'instar du premier épisode, The Witcher 2 : Assassins of Kings repose sur un scénario complexe mélangeant allégrement complots politiques, vengeances et trahisons, le tout sur un soupçon de recherche d'identité. Car malgré tous ses efforts, Geralt de Riv demeure toujours amnésique et continue de rechercher les pièces manquantes de son passé dans l'espoir de retrouver sa tendre et douce promise, Yennefer, disparue sans laisser de trace. Relativement complexe, le scénario bénéficie d'une qualité d'écriture remarquable qui permet, au fur et à mesure que le joueur progresse, de faire la lumière sur les évènements sans en perdre une miette tout en apportant de nombreuses réponses aux questions restées en suspend concernant l'histoire de Geralt. Directement inspiré des œuvres d'Andrej Sapkowski, The Witcher 2 : Assassins of Kings délivre un univers d'une richesse sans pareil avec des personnages au background passionnant et des dialogues qui font mouche à tous les coups. Le héros, toujours aussi cynique et désinvolte, évolue dans un monde brutal, sans concession, où il est très difficile de distinguer la frontière entre le bien et le mal. Il n'y a pas de bons ou de mauvais choix dans The Witcher 2, il n'y a que des conséquences, heureuses pour les uns, malheureuses pour les autres, que le joueur devra assumer et qui impacteront vraiment sur le déroulement du scénario, occultant parfois tout un pan de l'aventure. Découpé en trois actes principaux, le jeu se présente véritablement comme un livre dont on est le héros et poussera, une fois le jeu fini au bout d'une petite trentaine d'heures (quêtes annexes comprises), à recommencer pour découvrir tous les chemins alternatifs ainsi que les seize fins possibles.

Forcé de s'impliquer, le joueur s'identifie alors totalement à Geralt et vit sa propre histoire. Une immersion renforcée par les qualités techniques du bébé de CD Projekt qui s'impose clairement comme l'un des plus beaux jeux de cette génération toute plateforme confondue. Profitant d'un moteur parfaitement optimisé, le jeu délivre des décors somptueux à chaque instant, alliant effets de lumière criant de réalisme et textures d'une finesse rarement atteinte. Au-delà des décors, c'est aussi la modélisation des personnages et leurs animations qui font de The Witcher 2 un véritable tableau médiéval fantastique qui ne cessera d'émerveiller le joueur à chaque instant. On reste bouche bée face à la modélisation des visages qui renforce le réalisme des cut-scenes, tandis qu'on est en admiration devant ces PNJ qui vivent leur vie de manière totalement crédible et ce, quel que soit le lieu. Alors que les villageois courent se mettre à l'abri en cas de pluie ou cessent toute activité à l'arrivée de la nuit, les soldats dans les camps militaires s'entrainent, boivent et refont le monde autour de table de jeu, avant de rejoindre une fille de joie. Les petits gars de chez CD Projekt ont bien tenu leurs promesses en réalisant un travail d'orfèvre pour arriver à nous offrir un vrai bijou visuel et sonore, chef d'œuvre d'immersion, qui, à n'en point douter, fera rapidement office de référence pour les RPG à venir. Un travail fignolé dans le moindre détail avec un goût non dissimulé pour l'œuvre de Tolkien et qui ne se prive pas d'offrir de multiples références aussi bien au cinéma qu'aux autres productions vidéoludiques du moment.

Geralt armé : le festival


Malgré ce cadre enchanteur, la vie n'est pas un long fleuve tranquille pour Geralt de Riv. Si le jeu fait la part belle aux dialogues, le héros charismatique devra, très souvent, croiser le fer pour vaincre des ennemis aussi coriaces que variés. Le système de combat du premier épisode ayant fortement divisé les joueurs, les développeurs ont décidé de faire table rase du passé. Exit donc les trois différents styles de combat au profit d'un système basé sur le ciblage rappelant le gameplay d'un certain Batman : Arkham Asylum. Concrètement, en plaçant un marqueur sur un ennemi, le joueur cible son adversaire et, via le bouton gauche de la souris, déclenche une attaque. Simple en apparence, ce système permet, rapidement, d'enchainer les attaques de manière impressionnante. Une fois la première attaque lancée, le joueur peut tout à fait cumuler les coups sur le même adversaire ou, plus vicieux, viser un autre adversaire. Geralt se met alors à courir, sauter, virevolter dans tous les sens tel un danseur mortel durant des combats spectaculaires qui sont devenus plus dynamiques et plus accessibles que ceux de son prédécesseur.

Bien sur, le joueur pourra toujours compter sur les compétences magiques de Geralt pour s'en sortir à moindre frais. Disponibles dès le début de l'aventure, les cinq signes permettront de s'en sortir malgré leur manque de puissance au départ. Le joueur peut, à n'importe quel moment, changer le signe qu'il souhaite utiliser en faisant apparaitre une roue contextuelle qui, sans mettre le jeu en pause, ralentit le temps pour que la sélection puisse se faire simplement. Cette roue permet également de sélectionner l'arme de jet que le joueur désire utiliser, si tant est qu'il s'en serve. Geralt peut effectivement utiliser des armes à distance allant de la simple dague à la bombe artisanale, permettant de faire le ménage sans trop prendre de risque. Des compétences variées donc, qu'il sera cependant nécessaire de rapidement assimiler tant les ennemis, généralement nombreux, ne font aucun cadeau. Le début de l'aventure se révélera d'ailleurs pénible pour certains, tant la difficulté est élevée, avec des ennemis ne laissant que peu de répit au joueur qui passera l'arme à gauche plus d'une fois, à moins de très vite maîtriser roulade, parade et contre-attaque avec brio tout en sachant quand alterner entre coups forts et coups rapides.

Cependant avec l'expérience engrangée, le joueur pourra débloquer de nouvelles capacités comme la parade avancée, les attaques de groupe ou des signes plus puissants faisant de Geralt un véritable bourreau qui aura de moins en moins de difficulté à se débarrasser de ses adversaires, tuant presque tout challenge lors des combats de la seconde moitié du jeu. Un manque d'équilibrage rendu encore plus évident par les différents arbres de compétence que le joueur pourra développer. Au nombre de quatre (entraînement, alchimie, épée et magie) ces arbres permettent au joueur de personnaliser les compétences de Geralt pour appréhender les différentes situations comme bon lui semble. Si le joueur est vraiment laissé libre de faire évoluer son personnage selon ses envies, il faut reconnaitre que l'arbre de l'alchimie va très vite s'avérer dispensable. Utilisée pour fabriquer des potions permettant de booster temporairement les compétences de Geralt, elle est rendue caduque par l'impossibilité de boire des potions durant les combats. Le joueur désireux de tirer profit de cet art doit donc prévoir l'absorption desdites potions sans véritablement savoir ce qui l'attend dans les minutes qui suivent. Si certaines potions, comme celles permettant d'augmenter le taux de régénération de Geralt, sont suffisamment génériques pour être ingurgitées sans trop se poser de question, il en est autrement pour celles qui sont bien plus spécifiques. Car il est tout simplement impossible de prévoir si le prochain combat nécessitera une protection contre le poison ou le feu. Bien sûr, si le joueur vient à mourir durant le combat il pourra se préparer de manière adéquate avant un nouvel essai, mais cela tue complètement l'instantanéité de l'alchimie comme c'était le cas dans The Witcher premier du nom. Un changement de gameplay d'autant plus difficile à justifier qu'il est toujours possible d'enduire ses lames avec des huiles spécifiques et ce, même en plein combat. Une incohérence totale qui occulte véritablement l'intérêt de l'alchimie qui reste pourtant l'art caractéristique des sorceleurs. Concernant les autres arbres de compétences, ils permettent d'offrir suffisamment de choix pour que chaque joueur puisse adapter son personnage à son style de jeu. Certaines capacités, une fois augmentées au maximum, permettent même d'utiliser un mutagène qui améliore un peu plus les compétences de Geralt au niveau de ses résistances ou des dégâts perpétrés l'épée à la main.

Le saint des seins


En bon RPG qui se respecte, The Witcher 2 : Assassins of Kings propose également tout un tas d'activités annexes à la quête principale. A commencer, bien entendu, par les quêtes dites secondaires permettant d'engendrer de l'expérience et/ou de récupérer du matériel de meilleure qualité. Comme pour la quête principale, ces petites missions annexes jouissent d'une excellente écriture, d'une ambiance particulièrement soignée et de personnages au background détaillé. Durant ces petites aventures le joueur trouvera généralement des items de qualité ou, parfois, des schémas pour fabriquer des éléments d'armures, des épées ou de nouveaux projectiles bien plus performants que l'équipement classique. Pour en tirer profit il suffira de trouver un artisan forgeron qui pourra fabriquer l'objet en question en échange d'une menue rémunération et à condition d'être en possession des ingrédients nécessaires. Ces derniers se trouvent, comme dans le précédent épisode, dans la nature ou sur les ennemis terrassés et constituent une grande partie du loot récupéré par le joueur.

Malheureusement, cette passion pour la collection des objets devient vite problématique tant la gestion de l'inventaire est bancale et mal pensée. Présenté sous une forme de liste, l'inventaire peut bien entendu afficher les objets n'appartenant qu'à une catégorie bien précise (éléments d'armure, ingrédients, livres…) pour se simplifier la vie, mais les bonnes idées s'arrêtent là. On peste souvent contre ces listes que l'on ne peut pas trier, contre les descriptions qui ne s'affichent que lorsqu'on clique sur un objet alors que ledit objet est en surbrillance, ou encore contre la gestion catastrophique des déplacements dans les menus lorsqu'on utilise un PAD (pourtant parfaitement géré dans le reste du jeu). Bref, l'inventaire de The Witcher 2 est une vraie plaie, et il est fort dommage que les développeurs ne se soient pas attardés un peu plus sur le sujet. C'est d'autant plus agaçant que Geralt est dorénavant limité au niveau du poids de sa besace, obligeant le joueur à faire régulièrement le ménage puisque les coffres de stockage, que l'on trouvait jadis dans les auberges, ont dorénavant disparu. Impossible donc de collectionner les armures ou les épées uniques, il faut constamment recycler.

Enfin, entre deux quêtes secondaires, le joueur pourra s'adonner aux plaisirs, limités, des compétitions de bras de fer, des parties de poker dés et des tournois de baston à main nue, voire se divertir un peu en allant au bordel pour des plaisirs d'une autre nature. Geralt étant toujours un coureur de jupon, les développeurs n'y sont clairement pas allés de main morte quand il s'agit de mettre en scène Geralt dans les bras d'une demoiselle nous rappelant à quel point The Witcher 2 est un jeu mature et adulte totalement assumé, dans lequel aucune concession n'a été consentie. Mais qui s'en plaindra ?


- Ludo -, le 27.05.2011


9/10
CONCLUSION

Inutile de le nier plus longtemps, The Witcher 2 : Assassins of Kings tient toutes ses promesses. Après un premier essai prometteur, les développeurs de CD Projekt ont su remettre le couvert avec brio pour offrir un RPG comme les joueurs n'en n'avaient pas vu depuis longtemps. Techniquement bluffant, doté d'un scénario riche et mature loin des clichés manichéens habituels, porté par un héros plus charismatique que jamais, The Witcher 2 fait clairement partie des grands noms de la catégorie. Certes l'inventaire poussif et l'alchimie devenue dispensable font un peu tâche, mais ce n'est rien en comparaison de tout ce que le jeu peut offrir en termes de quêtes épiques, de sensations, d'immersion et de rejouabilité. Un titre majeur dans l'histoire du RPG, qu'il est impossible de ne pas conseiller à tous les fans du genre.
LES PLUS
+ Fidélité de l'univers de Sapkowski
+ Techniquement bluffant
+ Character design somptueux
+ Bande-son réussie
+ Une vraie gestion des conséquences
+ Rejouabilité
+ Gameplay revu avec brio
LES MOINS
- Difficulté mal dosée
- Inventaire lourdingue
- L'alchimie dispensable





INFOS EN +
Prix lancement :   44,99€  -  Voir le prix actuel
Format :   DVD
Localisation :   Version française intégrale
Espace disque :   16 Go
Config mini. :   Intel Core 2 Duo 2.2 GHz ou AMD équivalent , Nvidia GeForce 8800 ou ATI équivalente 512 Mo, 1 Go de RAM (XP) ou 2 Go (Vista et 7)
Config reco. :   Intel Quad Core ou AMD équivalent, Nvidia GeForce 260 ou ATI Radeon HD 4850 1 Go, 3 Go de RAM (XP) ou 4 Go (Vista et 7)
OS Windows :   XP/Vista/7