Test de Take On Helicopters sur PC

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Take On Helicopters PC
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Test de Take On Helicopters sur PC (PC)



Images








Le moins que l'on puisse dire, c'est que les simulations d'hélicoptères sont peu représentées sur nos machines. Seuls quelques briscards ont le souvenir d'un DCS : Black Shark diablement pointu, en passant par le récent mixe simulation / arcade de Apache : Air Assault, ou encore les engins rudement rigides de Flight Simulator X. L'occasion est donc toute trouvée pour les développeurs tchèques de Bohemia Interactive Studio de mettre à profit leur célèbre moteur, celui de ArmA II, en affichant des paysages détaillés sur des dizaines de kilomètres et en rendant hommage à un genre trop en retrait. Reste à voir si les fanas d'appareils à voilure tournante peuvent se jeter les yeux fermés sur ce soft.

Rotor's Anatomy


D'emblée, il est important de préciser que les cartes de Take on Helicopters sont gigantesques. Parmi elles, on retrouve Seattle (60x60 kilomètres) - abritant la tombe de Kurt Cobain, le lieu de naissance du flambeur de guitares Jimi Hendrix, en passant par le record mondial du nombre de vols de voitures -, une carte dédiée aux étendues arides de l'Asie, ainsi qu'une plate-forme pétrolière basée dans l'océan. Qu'on se le dise, ces lieux ont bénéficié d'un soin méticuleux. Néanmoins, le véritable personnage principal de ce titre est la belle Seattle et les autres environnements ne parviennent pas à se hisser au niveau de la densité jouissive de cette dernière. Il est ainsi possible de survoler le Viaduc Alaskan Way, de se poser sur le toit en verre de la Bibliothèque centrale, de frôler le Space Needle et même de flâner au-dessus du mont Rainier. En utilisant leur moteur maison, les concepteurs ont donc pu rendre un hommage tout particulier à la diversité de la cité émeraude, un lieu idéal pour s'adonner aux joies de la balade en hélicoptère civil. Si bien que même si le monde entier n'est pas modélisé, on aime admirer les millions d'arbres qui composent les forêts alentours et même accorder un coup d'oeil au trafic automobile qui donne vie aux paysages urbains. A titre indicatif, les développeurs ont posé des images satellites de la cité, en y ajoutant de nombreux polygones en 3D afin de modéliser les bâtiments. Cela dit, inutile d'espérer voir votre maison de vacances, certains quartiers ne sont que grossièrement compressés, mais rien qui ne puisse desservir l'immersion. Concernant le vol à vue, le joueur peut afficher jusqu'à 20 kilomètres. A savoir qu'un ordinateur dernier cri est indispensable pour profiter d'un rendu optimal jusqu'à 6 000 pieds sans être dérangé par un clipping omniprésent. En bref, un passage par la case Options Vidéo permet de trouver le meilleur compromis entre fluidité et confort visuel, mais on regrette que l'optimisation n'ait pas été au coeur des préoccupations des développeurs.

A côté de cela, le soft est vendu avec un mode Carrière, des Challenges, un système Editeur de missions, sans oublier l'indissociable mode Libre. Niveau scénario, le joueur incarne Tom Larking. Ce jeune homme vient de perdre son père et se charge avec son frère de reprendre l'entreprise d'aéronautique du paternel. Seulement, suite au crash accidentel de son aîné, Tom est le seul à pouvoir honorer les différents contrats afin de sauver la société familiale d'une faillite certaine. Que ce soit bien clair, les joyeux lurons de Bohemia Interactive Studio n'excellent pas lorsqu'il s'agit de raconter une histoire. On passe ainsi son temps à voyager d'un point A à un point B pour promener des VIP, filmer des baleines avec un écolo, ou encore réaliser des patrouilles pour le compte de la Police. Pour pimenter la longue progression, certaines missions répondent même à des critères bien spécifiques (voler à une altitude / vitesse bien précise, trouver un bon angle de vue pour faire visiter les monuments à ses clients, etc.), mais elles ne sont jamais trépidantes et on préfère clairement se pencher sur le mode vol libre, ou sur les Challenges bien construits. En effet, entre une narration décousue, des missions qui se suivent sans le moindre lien, ou encore l'absence totale d'immersion dans les différentes anecdotes familiales exposées, ToH brille exclusivement grâce à ses sensations en vol.

De prime abord, il est nécessaire de passer par la case Entraînement afin d'apprivoiser l'oiseau de fer et ne pas finir en bouillie au premier coup de vent. Contrôle de l'altitude, ajustement de la puissance du rotor, gestion de l'inclinaison, tout est là et on doit de surcroît compter sur un temps d'adaptation pour se faire aux modifications du poids des trois types d'hélicoptères disponibles. Par conséquent, après avoir décollé (ce stade nécessite une bonne minute ainsi qu'une demi-douzaine de manipulations) et gardé son appareil en l'air, l'heure est à la découverte des modèles de vol. Après une quinzaine de minutes seulement, le constat est implacable : Take on Helicopters est un jeu. Comprenez que ce soft ne nécessite nullement un doctorat en physique nucléaire pour tenir l'hélicoptère dans les nuages et à la différence avec les célèbres simulations du genre, quelques libertés ont été prises. Tout d'abord au niveau de l'absence totale de dégâts en survitesse, sans faire l'impasse sur la possibilité de faire une vrille, un tonneau, ou un looping avec un giravion léger. Mais ce qui va faire hurler au scandale les puristes, c'est l'apparition de l'auto-hover. Derrière ce terme barbare se cache l'activation du stabilisateur de vol automatique. Petite nuance pour les néophytes, la prise en compte de la vitesse et de l'altitude a une grande importance au moment d'activer cette aide, car une mauvaise appréhension déclenche un décrochage immédiat.

Pour autant, le pilote le plus aguerri peut ignorer ce système afin de sentir la sueur perler sur son front lors d'un atterrissage totalement manuel. Dès lors, les sensations sont jouissives. Après s'être posé, on se sent fort, on est heureux d'avoir pu maîtriser une machine de plusieurs tonnes et plus simplement, on est dépaysé. D'ailleurs, le succès de Bohemia Interactive Studio est d'avoir su façonner un titre assez complet (le tableau de bord est fidèlement représenté, mais certaines commandes font offices de décorations) pour ne pas perdre le pilote en herbe sous une foule d'informations, sans pour autant mettre de côté les habitués du genre par le biais d'un mode Difficile extrêmement prenant et réaliste. Au bout du compte, c'est pour ces raisons que Take on Helicopters représente le meilleur compromis entre simulation et arcade de ces dernières années. En sus, notons pour conclure que de nombreux objectifs attendent le joueur, que ce soit en solo (avec le mode Time Attack, la Carrière, les missions scénarisées et le vol libre), en multijoueur avec le online, mais également via le mode Editeur. Véritable coeur du titre, le moyen de construire entièrement ses propres objectifs assure de nombreuses heures dans les airs, le tout en planifiant ses propres histoires en attendant du contenu additionnel, ou des niveaux créés par la communauté du jeu. Et de ce côté, on peut faire confiance à la vaste communauté des titres de Bohemia Interactive Studio pour produire des missions de qualité.


Kephren, le 14.11.2011
Kephren
TEAM JEUXVIDEO24
Monteur, réalisateur et héliciculteur dans le Bas-Rhin.

7/10
CONCLUSION

En dépit de quelques défauts, Take on Helicopters est sans l'ombre d'un doute le meilleur compromis entre simulation et arcade disponible à ce jour sur PC. Moins exigeant qu'un DCS : Black Shark, plus accessible qu'un certain Flight Simulator X, le tout avec de très bonnes sensations en vol, le soft de Bohemia Interactive Studio séduit indéniablement. Bien entendu, il reste à corriger une optimisation réalisée à la truelle (un patch est en route), quelques bugs (scripts qui ne se lancent pas, quelques freezes) et les animations immondes des personnages qui choquent à côté de la qualité visuelle des paysages. Toutefois, on se trouve en face d'un titre agréable qui récompense les efforts des joueurs en libérant tout son potentiel aux plus persévérants. Enfin, inutile de préciser que les simulations d'hélicoptères sont rares… il s'agit donc là d'une occasion rêvée de découvrir le genre.
LES PLUS
+ De très bonnes sensations
+ Une profondeur de champ exceptionnelle
+ Un bon compromis entre simulation et arcade
+ L'éditeur de missions
LES MOINS
- Très gourmand en ressources
- Une narration décevante
- La carte Asie trop vide
- Quelques bugs
- Entièrement en Anglais
- Des temps de chargement assez longs





INFOS EN +
Prix lancement :   39,99€  -  Voir le prix actuel
Format :   DVD