Toutes les informations au sujet de la version PC de Star Wars : The Old Republic sont sur cette fiche jeu.
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Après plus d'une centaine d'heures passées sur Star Wars : The Old Republic, l'heure est enfin venue de livrer notre bilan complet sur le MMORPG de BioWare. L'occasion de découvrir si le titre tient toutes ses promesses, autant en ce qui concerne le PvP que le contenu PvE de haut niveau. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, notons d'emblée que le développeur canadien place son bébé au centre de nombreux paradoxes. C'est une des raisons pour lesquelles, dans les lignes qui suivent, nous ne chercherons pas à comparer SWTOR à son concurrent le plus direct, ces deux mastodontes étant finalement assez différents.
Vox Populi Trois ans d'images au compte-goutte, de cinématiques dantesques dévoilées aux différents E3, de rumeurs laissant entrevoir un budget colossal, d'inquiétudes quant à la possibilité de ne jamais arriver à la sortie officielle et de posts anxiogènes sur les forums officiels. De mémoire, jamais un MMO ne fut aussi attendu/raillé/espéré/détesté/adulé que Star Wars : The Old Republic. Et puis comment ne pas se rappeler du douloureux accouchement lors duquel les serveurs ont surchauffé, grillant instantanément des millions de jours de RTT à travers le monde. Un lancement dans le feu et les larmes comme on les aime. L'averse passée, les fans absolus de la licence ont finit par découvrir un nouveau genre de MEUPORG. Car comme on vous le disait un peu plus haut, SWTOR inaugure une progression inédite jusqu'à ce jour. Pour le comprendre, prenez un soft lambda qui lâche tout son potentiel au moment où l'on atteint le niveau maximal. Ici, c'est tout l'inverse. L'aspect narratif procure une sensation grisante dès le générique d'ouverture, au point de ne jamais vouloir se déconnecter d'une partie. Au cas où vous auriez passé les trois dernières années dans une grotte afghane, le contexte du soft plonge le joueur 3.500 ans avant l'épopée du jeune agriculteur blondinet Luke Skywalker et un peu plus de 300 ans après le mythique RPG Star Wars : Knights of The Old Republic. Un bon moyen de parfaire la mythologie de cette oeuvre donc, sans pour autant bousculer radicalement nos habitudes. Car si l'on se remet rapidement dans le contexte, l'Empire accuse le coup de sa défaite contée dans KOTOR tandis que la reconstruction de Coruscant suit son cours après la signature d'un pacte de non-agression fragile. Mais ne nous y trompons pas, les illuminés Jedis et les puissants seigneurs Siths se livrent une véritable guerre froide. On s'attend ainsi à des luttes frontales titanesques et à des complots minutieux en se lançant dans l'aventure, seulement voila, les planètes contrôlées d'un camp à l'autre bénéficient du soutien de quelques révolutionnaires ayant le seul but de renverser la vapeur. Pour faire simple, on pose nos guêtres en plein milieu d'un champ de mines prêt à se faire bombarder : la blitzkrieg en verlan quoi. Comme toujours, le studio canadien brille par son écriture ciselée et sa maîtrise totale de son sujet. Ceci-dit, le jeu soulève des tonnes de questions, de reproches, d'incompréhensions et ce, dès la création de son personnage. Pensez à toutes les races issues de l'univers Star Wars... Ici, les développeurs en ont rendu seulement neuf jouables, toutes basées sur des modèles humains. On ajoute des cornes, on obtient un Zabrak ; on pose deux ou trois implants cybernétiques, voici un Cyborg ; quant aux autres, les peintures faciales ou autres artifices ne s'éloignent jamais d'un faciès humain. Ce manque de diversité incompréhensible est d'autant plus frappant lorsque l'on se souvient que les Wookiees, Mon Calamari et autres Trandoshans figuraient au casting du défunt Star Wars : Galaxies (le premier MMO Star Wars). Même constat au niveau de la personnalisation de son personnage. Les options chiches et le bricolage sommaire laissent un profond goût amer, amputant grandement les possibilités de voir naître un personnage véritablement unique, avec lequel on passe des centaines d'heures à arpenter la galaxie. A savoir que cette frustration reste au premier plan tout au long de l'aventure car on retrouve les races déjà citées en tant que partenaires, tandis que d'autres apparaissent en nombre sur des planètes bien précises. Est-ce un signe de paresse, de manque de temps, ou de ressources insuffisantes ? Une fois le personnage terminé, une seconde étonnante surprise pointe le bout de son nez : les graphismes.Road Trip Soyons clairs, Star Wars : The Old Republic est franchement hideux entre ses ombres dignes d'un jeu Nintendo 64, ses textures baveuses innommables (ne zoomez pas sur votre personnage à jeun), son absence d'anti-aliasing incompréhensible, sans oublier sa distance d'affichage rachitique qui fait que l'herbe pousse devant nos yeux. Dans le même ordre d'idées, on peste sur une interface à l'ergonomie discutable, nous empêchant par exemple d'ouvrir plus de deux fenêtres à la fois. Très clairement, le versant technique est dépassé pour ne pas dire obsolète, la faute sans doute aux longues années du développement. Mais dans le même temps, en bon paradoxe, SWTOR est franchement beau. Il faut se pencher en fait sur la direction artistique du titre qui, elle, est éblouissante. Qu'il soit question de Hoth avec son désert de neige immaculé, de Coruscant avec son architecture mystiquement démesurée ou encore de Nar Shaddaa avec son ambiance de Las Vegas cyber-punk élevée aux champignons hallucinogènes : le travail réalisé force l'admiration. Puisqu'on en est à parler des planètes, l'élément flagrant qui sort du lot au bout de quelques heures vient du fait que ces contrées apparaissent comme mortes : les PnJ restent immobiles, le cycle jour/nuit est absent, idem pour les changements climatiques. Reste que la narration solide prend le relais pour faire vivre tout ça. Chaque quête raconte une petite histoire, une intrigue volubile à l'effet d'engrais vivifiants pour ces terres. Une fois l'objectif rempli, la perception d'un monde en constant mouvement comble le vide d'animations. A côté de ces « petites histoires », il y a la grande, baptisée Classe. Là où le commun des MMORPG lance le joueur dans du monster bashing à outrance, SWTOR joue la carte de la subtilité en proposant des missions bonus, débloquant des récompenses d'XP, le tout sans prendre l'aventurier en otage. Bien évidemment, on peut farmer ou chasser le gros loot qui tâche, mais ce n'est clairement pas ce à quoi la majorité s'adonne. Le coeur du jeu étant plutôt de connaître la suite des mésaventures de son combattant, car les rebondissements foisonnent. Pour autant, les classes disponibles à ce jour sont déjà connues de tous : le chevalier Jedi tanke, le Contrebandier exploite sa couverture pour arroser les belligérants de loin et l'Inquisiteur Sith exploite la Force en balançant des éclairs redoutables. S'il apparaissait dans les trailers que les échauffourées seraient classiques, voire même un peu lourdingues, le fait est que les combats sont dynamiques (l'absence d'une attaque automatique y est d'ailleurs pour beaucoup), intelligents et donnent férocement envie de s'essayer aux autres classes. Quant à la gestion des arbres de spécialisation et de la progression du personnage, le déjà-vu emboite le pas. Le craft pour les nuls Une petite parenthèse s'impose pour éplucher le crafting. En l'occurrence, on charge ses compagnons de récolter et de prendre part à des missions diverses et variées qui octroient des récompenses précises. Des armures aux armes, en passant par des missions diplomatiques ou encore des cadeaux de partenaires (qui permettent d'entretenir de bonnes relations avec ceux-ci), les compétences d'équipage sont nombreuses. A savoir que les recettes sont disponibles chez des PnJ bien précis et que via un ordre donné, vos sous-fifres se plient à votre demande. Il faut en revanche reconnaître que la récolte sur le terrain est faible, nécessitant par conséquent d'envoyer ses acolytes directement en missions contre quelques crédits (il est possible d'en envoyer plusieurs, mais ils ne sont plus disponibles pour se battre à vos côtés pendant un laps de temps), ce afin de produire à la chaîne ses consommables/équipements/etc. La subtilité de ce système de craft est de pouvoir recycler ses objets dans le but de gagner des plans plus avancés. Notons aussi que des éléments peuvent contenir des slots à combler, histoire de modeler ses statistiques comme bon vous semble. Une personnalisation complète de son stuff en somme.Paradox Valley Ne l'oublions pas, l'une des forces majeures de SWTOR vient de ses doublages, en témoigne sa récente entrée dans le Guiness Book. Et de ce côté, force est de constater que l'immersion en ressort grandie, puisqu'il faut reconnaitre que les choix de réponse à un PnJ ne sont pas légion dans le genre. Comme dans un RPG BioWare (Mass Effect, Dragon Age, KOTOR, etc.), le joueur vit l'échange, mais pas seulement, puisqu'il est souvent possible de changer drastiquement le cours d'une conversation. On se surprend ainsi à draguer (mais pas que) une jeune femme influente d'Aldérande, à tailler en fines lamelles son Maître affable et même à accepter de rendre service à un technicien en sabotant le travail de son supérieur. En sachant que certains personnages croisés nous donnent de leurs nouvelles via notre messagerie. En plus de modeler la personnalité de son combattant sur mesure, quelques décisions impactent sur l'alignement obscur ou lumineux. Parce que l'ambition de BioWare est de proposer un contexte commun à tous et une épopée unique pour chaque personnage. Le souci du détail va jusqu'à édifier des « zones fermées » destinées à une classe précise dans lesquelles les PnJ présents peuvent changer : du phasing (zones qui évoluent en même temps que le niveau du joueur) pur jus, peut-être introduit moins subtilement que l'on aimerait. Militant pour une narration viscérale, SWTOR fait presque oublier à ses hôtes qu'ils se trouvent dans un MMO, mais on s'aperçoit petit à petit qu'il s'agit précisément de l'effet escompté. Grâce aux nombreux partenaires que l'on peut convoquer à tout moment, on ne se sent réellement jamais seul. Alors bien sûr les Zones Litigieuses et les Opérations sont présentes, magnifiquement orchestrées d'ailleurs, mais il se trouve que ces à-côtés ont tout du contenus additionnels. L'aventure est en fait d'abord pensée pour le PvE. En témoigne le système d'équilibrage des points de vie en PvP emprunté à Age of Conan qui offre à tous la possibilité d'en découdre avec d'autres joueurs humains rapidement. De même pour les batailles spatiales à base de rail-shooting fortement inspirées de Rebel Assault. Il faut voir dans celles-ci un moyen de passer le temps entre deux missions sur le terrain, parce qu'au bout du compte, ce mini-jeu est furieusement ennuyeux. Ce qui est d'ailleurs étonnant puisque l'obtention de son vaisseau (autour du niveau 15) est un moment déterminant du scénario. Même s'il est possible d'acheter des améliorations pour son bâtiment auprès de commerçants spécialisés, ce dernier sert seulement de moyen de transport d'une planète à une autre en plus d'être l'endroit où les compagnons vous parlent de temps en temps. Bref, pas l'endroit le plus excitant du titre.
Kephren, le 02.02.2012
![]() 7/10
Star Wars : The Old Republic est un MMORPG atypique aussi incomplet et rempli de défauts qu'exceptionnel. Certes, on ne rattrape pas des années d'expérience en un essai, mais les bases qui composent le soft plantent les fondations d'une oeuvre vidéoludique à l'avenir chatoyant. Si l'immersion ressentie tout au long du scénario principal marque un tournant gargantuesque pour le genre, reste qu'un sentiment d'abandon se fait sentir une fois le niveau maximum atteint. Il y a bien plusieurs modes de difficulté pour les raids, des instances de groupes à l'ambiance formidable et des boss à débusquer sur les planètes présentes à cette heure, mais tout le coeur de SWTOR se situe en PvE. Après avoir extrêmement soigné cette dimension du jeu, les développeurs canadiens doivent maintenant se pencher sur le contenu Haut Level pour faire de cette formidable scénarisation en solo (ou en petit groupe), un soft massivement multijoueur de référence. Et pour ça, il ne reste qu'un pas.
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| Prix lancement | : 59,99€ - Voir le prix actuel |
| Format | : DVD |
| Localisation | : Version française intégrale |