Test de Medal of Honor : Warfighter sur PC

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Medal of Honor : Warfighter PC
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Test de Medal of Honor : Warfighter sur PC (PC)



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Octobre, novembre, deux mois qui correspondent maintenant au combat annuel que se livrent Electronic Arts et Activision pour la palme de la meilleure vente de FPS pop-corn. Alors que Call of Duty : Black Ops II ne sortira que dans quelques jours, une courte avance est prise par le géant EA avec Medal of Honor : Warfighter, suite directe du reboot moderne de la série paru en 2010. Dispose-t-il des atouts suffisants pour être un bon FPS ou est-ce simplement un jeu convenu et peu original ? Réponse en quelques paragraphes.

Pour le Tier mais pas pour le meilleur


Sans surprise, le joueur est lâché dans les rangers des héros de l'unité Tier 1, Preacher, Stump et Voodoo, ce groupe de soldats surpuissants et increvables que l'Amérique du Nord envoie un peu partout dans le monde au mépris des règles élémentaires de droit international. Mais c'est pour la bonne cause paraît-il, puisque ceux-ci sont déployés pour lutter contre des terroristes internationaux qui ont mis la main sur un explosif dévastateur nouvelle génération. Pourquoi ? En 4 heures, durée de la campagne solo avec les cinématiques, le joueur n'en saura rien. Mais ce n'est pas grave, puisque Danger Close en profite pour étaler ce qui se fait peut-être de pire en matière de clichés : le but affiché est simple, essayer de se démarquer de son principal concurrent, Call of Duty en « collant » au maximum avec la réalité.

Les missions sont donc presque toutes « inspirées par des faits réels » et l'histoire des « héros » est contée à l'aide de multiples flashbacks qui montrent à quel point le dévouement et le patriotisme peuvent justifier des actions armées. La fin du jeu en elle-même boucle parfaitement ce cercle vicieux avec un pseudo happy ending et un joli texte bien moralisateur. On place le soldat américain au niveau d'un Captain America et on rappelle à tous que, pour être un vrai héros, il faut être prêt à regarder la mort en face, être un père, un frère, un mari et rentrer embrasser son enfant dans la même journée. Vivement le DLC qui permettra d'aller tuer Ben Laden !

La vérité est ailleurs


Mais ce qui frappe surtout, c'est le contraste entre cette volonté de montrer la vie réelle des soldats américains luttant pour défendre leur nation aux quatre coins du globe (Dubaï, le Pakistan, la Somalie, etc.) et le peu de réalisme une fois dans le jeu : des missions couloirs au level design inexistant et surtout qui placent le joueur constamment en situation de force. Les ennemis sont ainsi bêtes à pleurer et foncent en ligne droite pour mourir sous les balles des seuls vrais gentils. L'IA est donc quasi inexistante et surtout pas aidée par la bonne idée qu'ont eu les développeurs de poser un peu partout des stocks d'armes salutaires. On note d'ailleurs avec beaucoup d'ironie la toute première mission du jeu qui se résume à courir tout droit pour arriver sur des docks, face à un hélicoptère qu'il faut descendre à l'aide d'un lance-roquettes posé nonchalamment au pied d'un escalier… Pour du réalisme on repassera ! Malheureusement, tout le jeu est construit de la sorte et le niveau de difficulté choisi n'influe que sur les dégâts que le joueur encaisse.

À noter aussi que la médiocrité devient parfaite avec la toute dernière bataille livrée dans la base en flamme du grand méchant. Un bel exemple de nullité dans le level design, couplé à des méchants qui attendent de se faire tuer à bout portant au passage du joueur. Au rayon des idioties, et malgré le patch mis en avant par l'éditeur et installé juste après la sortie du jeu, il faut souligner le comportement des partenaires qui accompagnent Tier 1 et qui passent leur temps à canarder au hasard, sans jamais toucher ou alors seulement en tirant à travers les murs. Au moins les problèmes de scripts sont résolus et les missions peuvent s'enchainer sans obliger le joueur à les relancer contrairement à ce que l'on pouvait rencontrer dans l'épisode précèdent, ce qui avait toutefois le mérite de rajouter artificiellement un peu de durée de vie... Pour le reste c'est hélas du grand classique dans toutes les situations traversées. Les seules originalités résidant finalement dans la possibilité de briser des portes à l'aide d'un tomawak, d'un fusil à pompe ou d'autres joyeusetés. Cela permet de tuer bien rapidement et bien gentiment les ennemis trouvés dans la pièce ouverte en mode ralenti ainsi que dans quelques phases en véhicules trop longues et très ennuyeuses.

Le bon goût et les couleurs


Visuellement parlant, le jeu offre en revanche de belles choses. Sur PC, la guerre est pour le coup réaliste grâce au moteur Frosbite 2 qui avait déjà offert un sublime rendu à Battlefield 3. Sur consoles, les choses sont un peu différentes puisque le joueur qui voudra jouer dans des conditions graphiques se rapprochant de l'expérience PC devra libérer presque 2 Go d'espace disque pour installer un pack de textures HD. Le jeu affiche donc des éclairages dynamiques de toute beauté, des reflets et des effets d'explosions plus que convaincants. En revanche, il peine parfois à modéliser des personnages crédibles et le gros manque réside finalement dans l'immobilisme du décor environnant qui, bien que d'aspect crédible, ne se détruira jamais sous les impacts de balles ou les grenades jetées. Niveau bande-son, on est forcé une nouvelle fois de supporter Linkin Park ou tout simplement des compositions ni mauvaises, ni bonnes, mais qui collent parfaitement avec le contexte du titre. Quant aux bruitages, ceux-ci s'en sortent plutôt bien et, couplés avec les graphismes, l'ensemble reste crédible. Côté technique en mode multi, le fossé est tel avec l'aspect visuel du solo qu'on est en droit de se demander si le même soin a été accordé aux deux modes de jeu : textures moches, baveuses et couleurs ternes viennent franchement ternir une expérience de jeu déjà pas folichonne.

Puisqu'il est question du multijoueur, finissons le tour du propriétaire par ce mode que les joueurs acceptent désormais de voir comme étant le véritable point clé d'un Call of Duty ou d'un Medal of Honor. Le fait que la campagne solo soit pauvre et dérisoire semble en effet bien accepté par la communauté visée. Pour autant, encore faut-il que le multi soit complet et intéressant. Complet, en apparence aucun reproche à faire : huit modes de jeu et huit cartes, une douzaine d'armes par classe, cela semble plutôt bon sur le papier. Pour autant, il faut d'emblée signaler que ces huit modes sont beaucoup trop similaires pour véritablement se différencier : capture de points stratégiques avec respawn ou non en cas de mort, deathmatch en équipe, etc. Tout commence d'ailleurs avec le choix de sa nationalité : une fois celle-ci sélectionnée, deux classes de personnage sont attribuées et le joueur doit se les coltiner jusqu'à débloquer 4 les suivantes, ce qui peut prendre beaucoup de temps.

Sur le terrain, les développeurs ont voulu faire original en forçant le jeu par escouade de deux. Sans doute toujours dans une optique de reproduire les sensations d'un vrai binôme sur le terrain, cette fausse bonne idée permet de relever un camarade tombé, de lui filer des munitions et de réapparaître sur lui. Chacune de ces actions fera d'ailleurs gagner des points permettant de débloquer les classes suivantes. Le seul hic, c'est que cela ne peut fonctionner que lorsque les deux joueurs se connaissent : à défaut, chacun partira dans son coin sans se filer un coup de main. Il faut rajouter à cela le level design des huit cartes peu inspiré, alternant entre couloirs et arènes resserrées qui rendent les affrontements peu intéressants. La classe Sniper en devient même presque inutile. On privilégiera en effet les classes de démolition pour palier avec une grande puissance de feu le manque de précision des armes et la rigidité des mouvements. Pour le reste, cela reste du très classique avec des grades et des killstreaks communs. Il faut souligner pour finir que le bon goût se retrouve jusque dans la personnalisation des parties avec la possibilité via Battlelog de n'affronter que des joueurs de telle ou telle nation, histoire d'unifier les peuples.


Lestat, le 29.10.2012



4/10
CONCLUSION

Avec son mode solo trop court à la morale plus que douteuse, ses situations prévisibles et sans aucune once d'originalité, Medal of Honor : Warfighter est tout simplement à oublier. Quant à ceux qui aiment jouer en ligne, ce n'est pas la partie multi peu intéressante et mal maitrisée qui permettra à Medal of Honor : Warfighter de lutter contre le futur titre d'Activision. Pour ceux qui cherchent une expérience moderne mais plus dynamique, il vaut mieux retourner sur Battlefield 3 du même éditeur qui reste bien plus intéressant.
LES PLUS
+ Solo techniquement joli
+ Les binômes en multi, une bonne idée de départ
LES MOINS
- Le reste et notamment le vrai-faux réalisme recherché





INFOS EN +
Format :   DVD
Localisation :   Version française intégrale
Espace disque :   20 Go
Config mini. :   Windows Vista SP2, Processeur Dual Core 2 GHz, 2 Go de RAM, Carte graphique compatible DirectX 10.1 avec au moins 512 Mo de RAM
Config reco. :   Windows 7 64 bits, Processeur Quad Core, 4 Go de RAM, Carte graphique compatible DirectX 11 avec 1024 Mo de RAM