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Les fans de stratégie old-school peuvent se réjouir : le descendant de l'antique mais passionnant Panzer General tient à présent dans la poche. Revu et corrigé par Sproing et édité par 10tacle Studios, le titre s'offre le culot de sortir en même temps qu'Advance Wars : Dark Conflict. Alors, réel challenger, bonne alternative ou simple bidasse vantard et profiteur de guerre ?
Faire du neuf avec du vieux
Panzer Tactics DS plonge le joueur en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale. A l'instar de son ancêtre, on y revivra les grandes étapes de la Blitzkrieg en tant que général nazi sur des cartes tenant compte de la réalité historique. Mais on devra après cette mise en bouche faire face à l'armée allemande aux commandes de l'Armée Rouge, beaucoup moins bien équipée, avec la météo pour seule alliée. On tentera enfin de reconquérir l'Europe avec l'aide des forces américaines et britanniques, mais les troupes allemandes à présent bien implantées donneront énormément de fil à retordre. Une fois avoir mis à mal toutes les factions eurasiennes, ce qui devrait vous prendre pas mal de temps, il vous restera le mode multijoueur jouable à 4 avec plusieurs cartouches ou en online (via une interface rendant toutefois difficile les rencontres fortuites entre joueurs).
La base du jeu n'a guère évolué depuis ses débuts. Il s'agit d'un jeu de stratégie au tour par tour se disputant sur des cartes découpées en hexagones, comme à la grande époque des wargames déclinés en jeux de plateau. Le cadre historique du soft est plaisant et plus d'une centaine d'unités différentes ayant réellement existé, au comportement et aux statistiques distinctes, sont disponibles.
Au registre des nouveautés, il sera à présent possible d'adjoindre des officiers à une unité si votre prestige auprès de vos supérieurs est suffisant. Ces héros de guerre pourront par exemple augmenter le moral de vos troupes, leur permettre de voir plus loin, etc. En contrepartie, il faudra à présent prêter l'œil aux commandos qui pourront saboter des véhicules, faire de la propagande en territoire ennemi ou encore assassiner un de vos précieux officiers.
Des armées prestigieuses
La liste des unités disponibles s'équilibre de façon un peu plus complexe que celle d'un Advance Wars. Comprenez ici que le système s'éloigne bien plus du pierre-feuille-ciseaux que son concurrent, sans toutefois y échapper complètement. On retrouve donc des unités pouvant attaquer leurs adversaires adjacents ou éloignés, qu'elles soient terrestres, navales ou aéroportées, sachant que la plupart d'entre elles sont encore plus efficaces contre une cible privilégiée. Toutes, sauf les tanks, peuvent à tout moment être embarquées sans coût supplémentaire dans des camions pour les déplacer plus rapidement. Attention cependant, elles seront alors sans défense jusqu'à votre prochain tour. On pourra faire de même avec des navires ou encore des avions de transport, mais seulement à condition d'avoir à disposition un aérodrome pour embarquer et débarquer.
La production d'unités devra être gérée avec une grande prudence, puisque celle-ci ne se fera pas au moyen de ressources venant régulièrement renflouer vos caisses. C'est en fonction du prestige de votre armée que vous aurez l'autorisation de réquisitionner des troupes supplémentaires, de ravitailler celles déjà sur le terrain ou de soigner vos blessés, moyennant un coût en Points de Prestige. Ces derniers, une fois dépensés, le sont définitivement. De plus, vous devrez les gagner durement, en capturant des villes, en finissant vos missions en un nombre de tours record ou en épatant les hauts gradés en menant à bien des objectifs secondaires.
Point de vacances à la campagne
Contrairement à beaucoup de jeux de stratégie au tour par tour, on tiendra à ses unités comme à la prunelle de ses yeux en mode campagne. En effet, si l'on vous accorde quelques renforts temporaires à chaque début de mission, vos unités de départ seront celles qui auront survécu dans le scénario précédent. Elles gagnent par ailleurs de l'expérience au fil de vos conquêtes et sont améliorables.
L'IA vous incitera d'ailleurs doublement à la prudence. Venir à bout des premières cartes demandera certes un peu de temps (chaque scénario parmi les 30 disponibles étant relativement long à terminer) mais assez peu de réflexion au final. Mais une fois sur un pied d'égalité avec l'opposant, chaque inattention sera rapidement et sévèrement punie par un adversaire prompt à frapper là où il provoquera le plus de dégâts non pas numériques, mais stratégiques. Il vous faudra par conséquent tirer profit des différents types de couvertures afin de mettre au point des embuscades et apprendre à vous replier quand la situation l'oblige, ce que la console fait très bien.
Heureusement pour le joueur, un didacticiel assez bien fait et long de plus d'une heure permettra de se familiariser avec quelques techniques de base ainsi que les concepts du jeu, mais également avec un système d'icônes pas toujours compréhensibles.
Schneller ! Schneller !
Le seul hic au milieu de cette structure dont l'efficacité n'est plus à prouver est bel et bien sa réalisation. Bien que les cartes soient plus colorées que celles de ses prédécesseurs, les troupes qui y vadrouillent s'entassent en un schéma assez brouillon. Après une ou deux missions, alors que l'on commencera à reconnaître les sprites ridiculement petits représentant ses unités, on aura certainement l'ingénieuse idée de couper la musique, les cuivres militaires en quasi-MIDI tapant assez vite sur le système.
On regrettera aussi que certains détails viennent complètement gâcher le plaisir de jeu : impossible de faire défiler la carte à grande vitesse, on perd souvent de nombreuses secondes à se déplacer d'hexagone en hexagone à la croix de direction pour aller vérifier ce qu'il se passe deux cases plus loin. On pestera également contre le fait que les annulations de déplacement ne puissent être uniquement partielles : il est rapidement frustrant de devoir répéter l'opération « monter dans un avion, déplacer l'avion, parachuter l'infanterie » depuis le début quand on ne souhaite que déplacer le point de chute de ses fantassins d'une malheureuse case. Pour finir, un temps de latence plus que désagréable vient s'immiscer entre chaque sélection, que l'on joue à l'aide de la croix de direction ou au stylet. On préfèrera d'ailleurs ce dernier, le curseur censé mettre en surbrillance les éléments sélectionnés étant aussi lumineux qu'une luciole morte.
Yato, le 31.01.2008
6/10
CONCLUSION
Il est vraiment dommage que la réalisation de Panzer Tactics DS, qui évite avec surprise la redite complète des épisodes PC, nous ramène aussi loin en arrière. La caution historique est bien rendue via un nombre hallucinant d'unités ayant réellement existé, même si l'austérité de l'ensemble risque d'en rebuter plus d'un. Avec son gameplay à la fois classique et efficace, les passionnés de tactics ou de jeux de plateau à l'ancienne seront ravis, d'autant plus que l'IA saura faire mal là où il le faut. Le tutorial assez complet sera l'occasion de voir si vous accrochez au jeu malgré ses carences techniques, auquel cas, préparez-vous à une campagne éreintante. Si cette dernière n'est pas vraiment scénarisée, l'obligation de prendre soin de ses unités (puisqu'elles vous suivront tout au long de votre ascension) et le système de Points de Prestige, en lieu et place du classique argent de poche, promettent de grands moments de stratégie à qui passera outre l'aspect général du soft.
LES PLUS + Une IA vicieuse
+ Le cachet historique
+ Les points de prestige et les unités clés à conserver en mode campagne |
LES MOINS - Brouillon et austère à faire peur
- Des temps de latence entre chaque sélection, vite énervants
- La musique |
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