Test de Dragon Quest : L'épopée des Elus sur Nintendo DS

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Dragon Quest : L'épopée des Elus DS
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Test de Dragon Quest : L'épopée des Elus sur Nintendo DS (DS)



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Les remakes signés Square Enix s'enchaînent sur DS ce mois-ci. Après un Final Fantasy IV devant plus ses qualités au jeu original qu'aux apports de sa réédition, le premier volet de la seconde trilogie Dragon Quest vient à présent frapper aux portes du Vieux Continent. Un opus encore inconnu en Europe malgré une première adaptation sur PlayStation One. Si son cousin n'a pas pris une ride, qu'en est-il de ce Dragon Quest : L'épopée des Elus ?

Il était une fois... deux fois... trois fois...


Le jeu commence sur une ouverture on ne peut plus classique. Un jeune guerrier (ou une jeune guerrière, selon le choix du joueur) s'entraîne en compagnie de son mentor. Après quelques passes d'armes et la rencontre avec son meilleur ami, on s'attend à poursuivre de façon classique cette ouverture simpliste.

Il n'en est rien. On se retrouve en fait aux commandes de Ragnar McRyan, fidèle soldat, âgé et désireux de mettre fin aux enlèvements d'enfants qui minent les habitants de sa terre natale. Ceci fait, on entre alors dans la peau de la Tsarine Alina des terres de l'Ouest. Avide de bagarre et d'aventure, l'héroïne, garçon manqué dans l'âme, s'en va remporter un prestigieux tournoi, escortée par son précepteur Borya et par le prêtre Kiryl qui la rejoignent après son évasion d'un château qu'elle trouve bien trop protecteur. Sitôt célèbre, c'est en compagnie de Torneko Taloon que l'on débutera une nouvelle fois l'aventure. Rondouillard, veinard et doté du sens des affaires, on se lancera en tant que simple vendeur d'un magasin d'armes, avant d'amener celui-ci à ouvrir sa propre boutique et à faire quelques bonnes affaires histoire de financer la construction d'un tunnel reliant deux continents. Enfin, à ce gameplay frais et plus original succèdent les soeurs Mina et Maya, l'une danseuse, l'autre diseuse de bonne aventure, bien décidées à venger la mort de leur père.

Ce n'est qu'une fois ces formalités scénaristiques (d'une dizaine d'heures environ) passées que l'on reprendra le contrôle de celui qui, on le devine, est le héros de la légende dont on a pu entendre parler au cours des quatre premiers chapitres. On recroisera alors tour à tour les autres aventuriers que l'on aura incarnés afin de défaire le Mal qui s'installe sur le monde de Dragon Quest : L'épopée des Elus, une tâche qui occupera le joueur une trentaine d'heures supplémentaires en ligne droite. On regrettera d'ailleurs qu'après une introduction aussi prometteuse, le fil scénaristique que suivra l'aventure ne soit pas d'un calibre plus élevé. Le jeu le revendique, le montre et le confirme au fur et à mesure que les heures passent : il s'agit d'un RPG nippon old school, pure souche.

Combattre plus pour gagner plus


On est donc à des années lumière de l'épaisseur d'un Final Fantasy IV sur le plan du profil des personnages ou des émotions dégagées par les évènements ponctuant le scénario. Non, les sensations fortes sont à chercher du côté des combats, eux aussi archaïques mais pas déplaisants pour autant. Sans fioritures, les affrontements au tour par tour exigent du joueur une prise de risque minimum. Rares seront les fois où l'on osera se balader un peu trop loin d'un village sans préparation préalable, tant les paliers de difficulté entre les ennemis de chaque zone sont abrupts. Et malheureusement, le seul moyen de progresser sera le level-up à la chaîne. Les réfractaires à l'opération, qui y seront confrontés dès la première heure de jeu, risquent d'apprécier moyennement cet accueil fort peu chaleureux.

Heureusement, on se laisse rapidement et facilement hypnotiser par cette course aux niveaux. Les combats peuvent être résolus très rapidement, plus encore avec la fonction automatique que l'on débloquera peut-être un peu tard (après les multiples introductions). Bien sûr, ceux-ci iront en se complexifiant avec le temps, le jeu autorisant même des changements dans la composition de son équipe en pleine bataille. L'écran supérieur affiche toutes les informations nécessaires tandis que celui du dessous présente, en vue à la première personne, la zone de combat. Les ennemis y sont modélisés dans une 2D vraiment fine et méritent un prix pour leur animation particulièrement bluffante. Les affrontements bénéficient de menus clairs ; ces derniers le sont toutefois un peu moins durant les phases d'exploration, bien que rien de grave ne soit à signaler.

En balade dans les différents donjons et villages que l'on traversera, les décors de ce remake se montreront dans une 3D colorée peuplée de personnages en 2D. Cerise sur le gâteau et véritable prouesse technique pour le support : les décors de polygones s'étalent sur les deux écrans de la console, alors que les gâchettes latérales permettent de faire pivoter la caméra afin de découvrir des entrées ou des coffres cachés. Pour un peu, on entendrait presque la portable déclarer "Ca vous épate ?", essoufflée telle un Didier Bourdon dans Jésus II. On dénombre en effet quelques rares ralentissements, insignifiants et pas particulièrement gênants.

Un dernier pour la route ?


S'il fait donc bon redécouvrir les sensations d'antan (des villageois avec lesquels il faudra impérativement discuter pour connaître à l'avance les pièges qui guettent) sous un jour graphique et technique vraiment plaisant, le tout au son des mélodies aussi enjouées que réussies de Koichi Sugiyama, qu'en est-il des innovations apportées à ce remake ? Les joueurs seront ravis d'apprendre que la défaite du boss final ne conclura pas l'aventure, puisqu'un chapitre bonus les attend à l'issue de cette victoire supposée finale. Au programme : un nouveau donjon avec à la clé un combat titanesque, ainsi qu'un personnage supplémentaire à ajouter à l'équipe. La DS propose également - de façon plus anecdotique - d'échanger des personnages non-joueurs avec d'autres aventuriers en ligne afin de remplir son Village Champignon, un hameau que l'on devra peupler après l'avoir découvert pour débloquer quelques trésors. Celui-ci changera selon le type de villageois que l'on y installera et propose par conséquent des possibilités Wi-Fi ; on aurait toutefois préféré donner des ordres au stylet en combat, les fonctions tactiles de la console n'étant absolument pas utilisées.


Yato, le 18.09.2008


7/10
CONCLUSION

Si les schémas classiques du RPG nippon à l'ancienne (à savoir l'évolution automatique des compétences, le level-up obligatoire ainsi que le scénario linéaire et les personnages à trait de caractère unique) ne sont de nos jours pas aussi abordables que la "révolution" Final Fantasy IV, cet autre remake de l'un des monuments d'Enix mérite également que l'on s'y attarde. Le titre se donne visiblement beaucoup de peine, aussi bien au niveau technique que graphique, pour se rendre attrayant aux yeux du joueur moderne, malgré un stylet complètement absent de l'aventure. La DS crache ses tripes dans des décors en 3D sur deux écrans et rend pleinement justice aux monstres d'Akira Toriyama, aussi bien dessinés qu'animés. La première dizaine d'heures se révèle prenante, notamment avec son agencement original en épisodes présentant les principaux protagonistes. Les combats assurent ensuite le reste de l'intérêt alors qu'on découvre le classicisme du scénario. A portée des ludothèques européennes pour la première fois de son histoire et comprenant des ajouts dignes d'intérêt, les anciens prendront certainement avec Dragon Quest IV beaucoup de plaisir à éprouver des sensations old school que l'on croyait perdues, tandis que les joueurs moins connaisseurs ou ne jurant que par la réalisation seront accueillis à bras ouverts par les prouesses du soft, qui les épauleront et les rassureront au sein de cet univers moins dirigiste et bien plus cruel que celui des productions actuelles.
LES PLUS
+ Réalisation aux petits oignons
+ Introduction longue, originale et prenante
+ Les combats difficiles
+ On garde les musiques en tête un bout de temps
LES MOINS
- Séances de level-up obligatoires
- Pas has been, mais très old school




INFOS EN +
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