Test de Prince of Persia sur Xbox 360

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Prince of Persia X360
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Test de Prince of Persia sur Xbox 360 (X360)



Images








Les fêtes de Noël approchent et avec elles le lot de potentiels cadeaux qui pourra combler les joueurs désireux d’acquérir la perle rare. C’est ce moment que choisit Ubisoft pour dévoiler le nouveau visage du Prince de Perse : un visage tout en cel-shading qui tranche radicalement avec l’image développée dans la précédente trilogie. Un virage à 180 degrés qui risque de beaucoup faire causer parmi les fans de la première heure. Alors véritable réussite ou coup commercial pour casual gamer ?

Le naufrage de l’Elika


Le désert… Une vaste étendue sablonneuse que seul un homme sans raison pourrait accepter d’affronter. C’est justement là que le Prince apparaît pour la première fois sous ses nouveaux traits. Moins mature au premier abord mais toujours bardé de cicatrices le héros affronte la tempête. Nulle explication n’est donnée quant à sa présence en ces terres… Il tombe par hasard sur Elika, une jeune femme poursuivie par des gardes armés. Après l’avoir sauvée l’histoire se met peu à peu en place : le royaume de la princesse vient d’être envahi par le vilain Arihman qui contrairement à ce que la traduction de son nom pourrait laisser croire n’est pas un homme qui rigole beaucoup. En effet, la corruption qu’il a lancé s’est répandue comme une véritable marée noire. Il a également rallié à sa cause les quatre hommes de cet univers : la concubine, le chasseur, l’alchimiste et le gardien… Ces personnages vont constituer les quatre boss qui reviendront de manière récurrente jusqu’à leur totale élimination.

Le procédé narratif utilisé est d’ailleurs assez original pour être expliqué : si quelques cut-scenes sont imposées, le joueur reste totalement libre de discuter ou non avec la princesse pour en savoir plus sur l’intrigue. Ce choix peut plaire ou rendre sceptique lorsqu’il est compris comme la volonté de ne pas encombrer l’aventure avec du blabla jugé peu important puisque pas obligatoire. Le bon point de cette méthode est qu’elle permet d’éviter un maximum les interventions du Prince : ses phrases et réparties ne manquent pas d’humour mais la pauvreté du doublage est tel qu’elles en perdent tout intérêt. Un peu dommage, mais encore une fois les dialogues ne sont pas un passage imposé.

Casual Princing


Le Prince of Persia nouveau peut se résumer de la manière suivante : quatre boss, quatre grandes régions avec plusieurs endroits à libérer pour un total de 25 zones à purifier. Si cette annonce pourrait laisser penser que le titre est doté d’une très bonne durée de vie, il n’en est rien : celle-ci est artificiellement rallongée par le mécanisme mis en place par les développeurs.

En effet la routine est toujours la même : le joueur entre dans une zone corrompue, trouve la dalle de corruption, bat un boss et purifie le lieu. Il doit ensuite explorer à nouveau l’endroit devenu pur pour ramasser des orbes de lumière qui lui permettront de débloquer un nouveau pouvoir et une nouvelle région. Et ainsi de suite jusqu’à épuisement des lieux… Le joueur entre donc dans une logique répétitive et rébarbative, renforcée par le faible nombre d’énigmes et les indications omniprésentes des endroits à atteindre. Chaque mur empruntable est marqué par une trace laissant à penser qu’un type est préalablement venu baliser le terrain. Tout est fait pour que le joueur ne rame surtout pas et ne reste pas bloqué trop longtemps. Sans doute les développeurs se sont-ils dit qu’il serait dommage que le non initié abandonne le jeu à cause d’une difficulté trop importante.

C’est ainsi, suivant la même logique, que le Prince ne pourra pas mourir : en effet, la belle Elika le rattrape à chaque saut loupé pour le reposer gentiment sur la plate-forme précédant la prise de risque. Le jeu se trouve ainsi vidé de tout challenge qui aurait pu rendre intéressant les mécaniques ennuyeuses déjà évoquées. A aucun moment le joueur ne se sent en danger puisqu’il a constamment avec lui son assurance vie féminine. La facilitée est d’ailleurs poussée jusque dans ses moindres retranchements : même lors des rares passages pendant lesquels Elika est immobilisée, elle pourra se soustraire temporairement de ses liens pour venir rattraper le Prince en cas de dérapage. Depuis Europe Assistance on n’a jamais rien fait de mieux…

Inutile de continuer plus loin la liste, l’intérêt du jeu est fortement diminué par cette approche exclusivement casual. Une vision qui se retrouve également dans des combats peu nombreux et uniquement en un contre un. Rien de très compliqué : pendant les affrontements le joueur doit se contenter de bloquer et d’appuyer ensuite en rythme sur deux ou trois boutons maximum pour réaliser un combo qui enverra au tapis l’adversaire. C’est classe mais ça ne suffit pas à dynamiser l’action. De plus en cas de coups trop violents ou de mort imminente, pas de problème un QTE se déclenchera avec l’apparition pendant cinq secondes de la touche à presser pour échapper à la mort… Impossible à manquer à moins d’être parti se faire un café entre temps.

Pop art


Non, ce qui sauve finalement de l’oubli cette nouvelle mouture de Prince of Persia c’est sans contexte son univers graphique : le cel-shading apporte une touche plus poétique et colorée. Les niveaux traversés sont ainsi bourrés de détails et diffèrent véritablement de l’un à l’autre. Il arrive souvent qu’on s’arrête pour observer la magie des paysages qu’un crénelage pourtant marqué n’arrive pas à gâcher. Que l’on aime ou que l’on déteste la direction artistique est irréprochable : la volonté de trancher avec la noirceur de la précédente trilogie est nette mais le changement visuel passe plutôt bien. Dommage que le Prince ait un charisme d’huître surgelé car son design ainsi que celui général des ennemis et de la princesse est plutôt bien fichu. Idem concernant les animations qui sont de grande volée.

Il est ainsi toujours aussi plaisant et chic de voir le Prince courir sur les murs, glisser et déraper grâce à la griffe qu’il possède. Cette griffe est d’ailleurs la grosse et quasiment seule nouveauté du titre, Elika remplaçant finalement les pouvoirs du sable. Elle permet au héros de s’agripper à des anneaux, d’actionner des mécanismes ou encore de propulser ses adversaires en l’air pour pouvoir mieux les enchaîner. Dommage dès lors que la trop grande facilité du titre, l’impossibilité de mourir et la trop grande linéarité du level-design, en zones couloirs déguisés, viennent gâcher le plaisir de jeu et instaurent une grande lassitude. Seules les musiques, comme toujours très belles et envoûtantes, parviennent à garder le joueur en éveil.


Lestat, le 11.12.2008


5/10
CONCLUSION

Ubisoft avait prévenu que ses jeux seraient désormais plus accessibles et permettraient de toucher un plus large public. Certes, mais à ce point, cela en devient peut-être un peu trop exagéré et Ubi reste pour le coup bien trop soft. Cet épisode du Prince de Perse ne vaut finalement que pour ses graphismes soignés, ses animations travaillées et sa musique enivrante. Le reste n’est pas franchement excitant : gameplay aseptisé, héros immortel, niveaux dirigistes, énigmes simples et mécaniques de jeu rébarbatives. Non décidément, il ne s’agit pas ici d’un bon épisode de la série. Les joueurs occasionnels apprécieront, ceux qui veulent du challenge en échange de leur argent passeront leur chemin.
LES PLUS
+ Univers beau et envoûtant
+ BO enivrante
+ Postulat de départ intéressant
LES MOINS
- Trop facile
- Gameplay aseptisé 
- Elika n'apporte rien
- Dialogues facultatifs




INFOS EN +
Résolutions :   480p  720p  1080i  1080p
Prix lancement :   69,90€  -  Voir le prix actuel
Format :   DVD
Localisation :   Version française intégrale
Mémoire :   6 Mo par sauvegarde
Son :   Dolby Digital