Test de Lost Odyssey sur Xbox 360

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Lost Odyssey X360
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Test de Lost Odyssey sur Xbox 360 (X360)



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Soufflé médiatique banal pour les uns, réussite teintée de classicisme pour les autres, les avis sont plus que partagés sur Lost Odyssey. Un staff de rêve est aux commandes du titre et il est vrai qu'on imagine difficilement l'échec pour celui qui souhaiterait s'imposer comme nouvelle référence sur Xbox 360. Prenez une grande inspiration, car on va regarder droit dans les yeux le nouveau soft de Hironobu Sakaguchi, monsieur Final Fantasy.

Les barbares sont priés de rester à l'entrée


Tout commence alors que Kaïm, un mercenaire immortel millénaire mais amnésique, se jette nonchalamment dans une énième bataille. Quelques ennemis plus loin, une météorite s'écrase et détruit tout sur son passage, à l'exception du héros. Ce dernier se verra par la suite épaulé par trois autres compagnons ne craignant pas la mort ainsi que par une petite ribambelle de mortels.

L'ensemble du jeu se veut à dimension humaine et on ne cessera pas de le rappeler. Le système d'évolution est entre autres basé sur une interaction entre mortels et immortels. Les premiers ne pourront décider des futures compétences qu'ils apprendront, mais les ont à disposition de façon permanente. Les seconds devront créer un lien de compétence avec les mortels et apprendront très vite leurs capacités sans pouvoir toutefois se servir de toutes, puisqu'il faudra assigner ces compétences à un nombre évolutif mais limité de cases. La gestion du groupe de combat, comprenant jusqu'à cinq personnages, fera appel à leur cohésion. Organisable en deux lignes, le front et l'arrière, vos combattants à l'avant génèreront une CG (Condition de Garde) qui sera fonction de leurs points de vie. Symbolisée par une jauge à quatre niveaux, cette dernière rend votre ligne arrière quasiment insensible aux attaques tant que vos troupes à l'avant ne subissent pas de dégâts. Mais, bien que dépendant au départ des PV de votre ligne de front, les sorts de soin ne permettront pas de la rétablir. D'autres pouvoirs ou aptitudes seront nécessaires : un choix cornélien s'imposera donc souvent entre soins et remise à niveau de la CG. Vos ennemis bénéficient bien sûr de cet avantage eux aussi.

Sorti de ces quelques originalités, on reste toutefois dans le très classique. De la même manière qu'un Final Fantasy IX, vos immortels pourront aussi apprendre des compétences par le biais de leurs accessoires en les portant assez longtemps. Il sera également possible de forger et reforger divers anneaux (via des objets mis un peu trop facilement sur votre chemin) procurant des bonus contre certains types d'ennemis ou ajoutant des effets à vos attaques. Toutefois, pour que cela se produise, il sera nécessaire d'enfoncer et de relâcher la gâchette de droite à un moment précis de l'attaque du personnage équipé, sans quoi les bonus ne s'appliqueront pas. De quoi maintenir le joueur alerte pendant les combats au tour par tour du titre.

Les affrontements présentent un véritable challenge. Si certains boss sont aussi retors qu'on peut l'espérer, venir à bout d'ennemis simples peut parfois relever d'autre chose que de la gageure. Permettant de changer d'équipement en plein combat sans perdre de tour et faisant la part belle aux mages (avec tout ce que cela implique : délais, besoin de concentration ou encore aide et combinaison de sorts), le tout revêt donc une agréable allure stratégique où chaque égarement peut coûter cher. D'autant plus que, pour ne rien gâcher de ces épreuves, Lost Odyssey décourage les accros du level-up outrancier. Chaque étape du titre possède un palier d'expérience au-delà duquel la montée en niveau est ralentie tant que l'on n'est pas venu à bout du prochain boss. Un choix carrément osé et élitiste obligeant à réellement se servir des différentes compétences des personnages et empêchant, au grand désarroi des débutants, le matraquage pur et simple de la touche « attaquer ». Des checkpoint invisibles sont toutefois présents en cas de game over prématuré. Pratique lorsqu'on a oublié de sauvegarder depuis quelques temps déjà.

Quatre immortels pleins d'avenir


La première vingtaine d'heures du jeu peut s'avérer rebutante car, comme de nombreux classiques avant lui (les Final Fantasy en tête), le soft s'avérera particulièrement dirigiste. Son scénario reste classique mais est conté de façon à faire ressortir les côtés humains qui se cachent derrière ses accoutrements « too much ». Complètement à l'opposé d'une bande de poseurs malgré leur design medieval-fashion, les personnages imposent une sobriété qui sied à l'intrigue politique en toile de fond. Heureusement, certains d'entre eux comme le général des armées de Numara ou votre comparse Jansen Friedh, viennent apporter un peu de ridicule typiquement nippon à l'ensemble et calment le jeu à la manière des servants de Shakespeare.

La mise en scène pourra être appréciée ou non, toujours est-il que Lost Odyssey possède sa propre façon de présenter les situations. Le jeu scinde en effet souvent l'écran en plusieurs parties diffusant le même moment sous plusieurs angles différents. Peut-être utilisée abusivement, cette technique permet néanmoins de toujours apercevoir les expressions du visage des héros, qui convoient bon nombre d'informations implicites. Le titre de Mistwalker impose donc son style narratif, à défaut de briller d'originalité dans d'autres domaines. Il s'agit là de l'un des quelques points forts du soft, pour peu que l'on soit un joueur doté, si ce n'est de sens artistique, tout au moins d'un cœur.

En effet, il est plus que possible que Lost Odyssey vous force à sortir le paquet de mouchoirs. Votre sensibilité alors atteinte, vous aurez déjà fait usage de plusieurs tissus blancs avant la fin du premier DVD parmi les quatre qui composent l'aventure, d'une durée d'un peu moins de vingt heures chacun. Pour vous faire vibrer, le jeu ne se contente d'ailleurs pas de cut-scenes et propose également 34 nouvelles écrites par le romancier et nouvelliste Kiyoshi Shigematsu. Trente et un d'entre elles ayant fait l'objet d'une parution sous forme de recueil sur l'archipel nippon. Ces récits d'une bonne vingtaine de pages chacun, traduits dans un français inspiré sans pour autant relever du génie littéraire, interviennent lorsque Kaïm entre en contact avec des événements lui rappelant son passé. Facultatifs, ces derniers permettent d'éviter habilement le piège du flashback sentimental et sont certainement plus émouvants que les cinématiques d'autres productions du genre. Seuls une musique d'ambiance et quelques bruitages s'ajouteront au défilement irrégulier et différemment animé des caractères. Le tout permettra aux amateurs de beaux textes de se reposer entre deux combats. Une fois encore le titre ne s'adresse qu'à un petit groupe de joueurs. Heureusement, les histoires des 1 000 Rêves de Lost Odyssey restent diponaise, dans laquelle la fin n'est jamais mentionnée. Plus accessible, la chute à l'occidentale servira à mettre en valeur des thèmes contemplatifs classiques de la littérature nipponne, tout en faisant le rapprochement peut-être un peu pompeux et redondant avec la malédiction qui frappe le héros.

Les mains dans l'cambouis


Après ce quart d'heure en tête à tête avec les beaux yeux de Kaïm Argonar, il est temps de jeter un œil à ce qui l'entoure et à l'aspect purement technique de sa réalisation. Bien qu'un peu aliasée, elle sert des décors inégaux mais charmants, pas forcément finement détaillés et avec quelques problèmes de framerate. Cette réalisation ne rend par contre pas complètement justice aux personnages dessinés par Takehiko Inoue (Slam Dunk) et certains d'entre eux (Gongora en tête) passeraient pour des modèles moyens de la génération de consoles précédente. Fort heureusement, ceci ne s'applique pas à l'ensemble des ennemis et personnages et comme évoqué précédemment, les expressions faciales relèvent le tout.

A cela vient s'ajouter la bande-son et de ce point de vue là, il faudrait être sourd pour en nier la qualité. Nobuo Uematsu flatte une fois de plus l'ouïe et il est tentant de faire abstraction de ses voisins de palier quelques minutes pour profiter à plein volume des violons, flûtes, guitares et cuivres utilisés de façon éclectique. Il a beaucoup été question des doublages du titre : ces derniers sont disponibles, entre autres, en français, anglais et japonais. La VF s'en tire vraiment très bien même si quelques heures seront nécessaires pour éviter d'assimiler Kaïm à Grand Corps Malade tant sa voix grave s'en rapproche. A moins d'ailleurs d'être snob ou de mauvaise foi, on la préfèrera à la VO parfois sous-jouée, un comble pour une production nipponne. D'autant plus que vous pourrez dire adieu à la synchronisation labiale honnête du titre si vous effectuez ce changement.

Concernant la principale légende urbaine à propos de Lost Odyssey, autrement dit les temps de chargement, elle s'avère presque entièrement fondée. Le RPG fait ici pâle figure quand on sait de quoi la console est capable. Assez fréquents dans les villes et mal cachés par des introductions à rallonge avant les combats, ils sont effectivement gênants mais pas complètement exaspérants. On se contentera de ronchonner lorsqu'on a oublié d'acheter quelque chose dans un magasin trois temps de chargement plus loin, mais dans l'ensemble, ces derniers ne nuisent pas réellement au plaisir de jeu. Et puis, si vous êtes pris par l'aventure Lost Odyssey malgré tous ses choix litigieux, vous n'en êtes certainement plus à ça près.


Yato, le 08.03.2008


7/10
CONCLUSION

Bon mais très ciblé, Lost Odyssey ne souhaite en aucun cas révolutionner le genre, mais le pousse directement vers le joueur adulte, réfléchi et sensible. Adulte de par son scénario politique classique, mais prenant pour focale les sentiments profonds de l'être humain et ses questionnements ainsi que leur évolution à travers chacun des héros. En ce qui concerne ces derniers et leur design peut-être bridé par la réalisation du titre, Lost Odyssey est à Blue Dragon ce que Takehiko Inoue est à Akira Toriyama. Ce qui est normal, direz-vous, puisqu'il s'agit là des character designers respectifs de ces deux titres. On le qualifiera de réfléchi de par ses combats tactiques faisant la part belle aux sorciers et sa difficulté, relevée par l'impossibilité d'abuser du level-up. Sensible enfin, avec une mise en scène humaine mettant l'accent sur l'implicite. Le titre déifie l'éphémère au milieu d'un groupe d'immortels via les longs textes illustrant les souvenirs de Kaïm. Un thème vu et revu dans la littérature nipponne mais servi de façon digeste pour le public européen. Les musiques de Nobuo Uematsu et les doublages français de bonne facture, au moins aussi bons qu'une VO pas toujours au top, accompagneront ce voyage intérieur, malheureusement entrecoupé de nombreux temps de chargement. Le jeu ne plaira vraisemblablement qu'à un petit nombre, mais ceci est avant tout dû à des choix assumés qui lui assurent une véritable cohésion ludique et artistique.
LES PLUS
+ Sans précédent artistique sur consoles
+ La bande-son
+ Les combats intéressants dus au bridage séquentiel de l'expérience...
LES MOINS
- Contrairement à sa narration, très classique dans son déroulement
- Les 20 premières heures où le titre prend le joueur par la main
- À revoir sur le plan technique (baisses de framerate dès le combat d'introduction et nombreux temps de chargement)




INFOS EN +
Résolutions :   480p  720p  1080i  1080p
Prix lancement :   64,90€  -  Voir le prix actuel
Format :   DVD (4)
Localisation :   Version française intégrale
Mémoire :   600 Ko
Son :   Dolby Digital