Test de Dragon Age II sur Xbox 360

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Dragon Age II X360
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Test de Dragon Age II sur Xbox 360 (X360)



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Dernière œuvre de fantasy en date chez BioWare, la licence Dragon Age n'a eu besoin que d'un peu plus d'une année pour enchaîner la sortie de deux épisodes, sans parler des DLC entre-temps. Conçu par les petites mains talentueuses du studio canadien, le bien nommé Dragon Age II arrive tout de même par la grande porte. L'épisode de la confirmation ?

Les RPG ont aussi leurs séries B


Mais qu'est-il donc bien arrivé à l'équipe en charge du développement de Dragon Age II ? Où est donc passé le budget de blockbuster réservé un jeu de cette envergure ? Certainement pas dans la mise en scène ou le scénario en tout cas. Racontée sous la forme d'un flashback bateau entre deux personnages secondaires, l'histoire de notre héros peine sacrément à décoller. Sans spoiler quoi que ce soit, on peut dire que l'histoire de Dragon Age II fait plus penser à une intrigue secondaire dans son déroulement et son intensité, sans réelle menace majeure qui se dessine avant une bonne dizaine d'heures et avec des problématiques économiques et politiques assez rébarbatives. Le constat est assez surprenant lorsqu'on connait les antécédents de BioWare. Or il n'y a pas que l'histoire qui cale à l'allumage dans ce Dragon Age II, c'est malheureusement un tout en termes d'ambiance.

Les personnages, point primordial dans un jeu du genre, sont soit des têtes-à-claques en puissance soit des victimes au destin niais et inintéressant. Certains, comme le nain Varric, surnagent heureusement mais c'est une goutte d'eau dans un désert rempli de personnages tout simplement trop génériques pour marquer les esprits. Les développeurs ont en plus fait table rase du passé pour introduire un nouveau personnage pouvant être un homme ou une femme : Hawke, mais obligatoirement de race humaine, une autre régression par rapport aux choix plus ouvert de Dragon Age : Origins. Libre cependant au joueur de choisir son physique et sa classe (mage, guerrier ou voleur), comme dans tout bon RPG qui se respecte. Cette suite lui offre même un doublage intégral de ses dialogues (avec un acteur et une actrice en fonction du sexe), ce qui n'était pas le cas dans Origins. Hélas pour nous autres francophones, le jeu se retrouve intégralement doublé dans la langue de Molière par des doubleurs sans doute plus habitués aux films X qu'aux tragédies. Entre le manque de conviction et les approximations (le tout dû à une traduction qui laisse parfois à désirer), le combo est dévastateur et peine à crédibiliser cet épisode.

La suite facile


En parlant d'univers d'ailleurs, notons que le level design et l'architecture générale des zones de Dragon Age II est tout simplement décevante. La quasi totalité du jeu se déroule à Kirkwall (une ville médiévale assez imposante) et dans ses environs. Les joueurs qui espèrent pouvoir flâner au gré du vent pour assister à un coucher de soleil entre deux quêtes peuvent faire leur deuil, il n'y a rien de dynamique dans ce Dragon Age II. Le titre se compose de dizaines de petites zones isolées les unes des autres (des quartiers de la ville principalement), où l'on choisit de se rendre en consultant un bête menu en forme de carte. Avec les dizaines et les dizaines de temps de chargement que cela impose. En guise de système jour/nuit du pauvre, c'est au joueur de choisir, via la carte de jour ou la carte de nuit, à quelle période jouer (sachant que certaines quêtes ne sont accessibles qu'à l'une ou l'autre). Et encore, cela ne concerne que Kirkwall. Les environs n'ont pas eu le droit à la nuit. Logique. Mais s'il n'y avait que ça contre quoi râler, on serait pourtant bien content.

Pas franchement énorme, le monde de Dragon Age II abuse ainsi du recyclage des décors. Les endroits reculés qui servent de grotte ou de donjon sont refourgués à plusieurs reprises au cours de l'aventure, avec des changements tellement mineurs (un ou deux passages fermés, la sortie qui devient l'entrée, etc.) que la fainéantise des développeurs saute au visage. Pour un jeu développé en un an et qui propose du DLC dès le premier jour, l'attitude de BioWare est tout bonnement scandaleuse. D'autant plus que cela n'empêche pas Dragon Age II de proposer une durée de vie presque deux fois moins importante que son ainé (entre quinze et trente heures en fonction des quêtes secondaires). Cela reste certes une bonne moyenne par rapport aux standards actuels, mais au prix d'un gameplay beaucoup plus tourné vers l'action qui en décevra plus d'un.

Du RPG au hack and slash


Les équipes de BioWare ont effectivement souhaité faire de Dragon Age II un épisode plus dynamique, en effectuant de petits changements aux grandes répercussions. Par rapport à Origins, la base reste la même avec un mélange hybride entre temps réel et RPG-tactique. Ceci étant, un premier changement saute rapidement aux yeux et rapproche davantage le titre d'un hack and slash avec la nécessité d'appuyer frénétiquement sur le même bouton pour effectuer les attaques de base. Le menu radial, qui s'affiche avec la gâchette gauche et qui met le jeu en pause, sert de son côté pour les potions, les capacités spéciales et le positionnement plus précis des personnages. Sur consoles, le système de visée est malheureusement archaïque et oblige à tâtonner avec le stick analogique lorsqu'il y a beaucoup de cibles potentielles.

Le pire dans tout ça, c'est que le gameplay de ce second épisode arrive à se créer une certaine légitimité tout en reniant d'un magnifique retournement de veste ses origines. Dragon Age II est ainsi presque exclusivement orienté combats, avec la possibilité de la jouer façon hack and slash, sans jamais faire de pause. C'est d'ailleurs assez efficace tant la difficulté manque en mode normal, surtout avec l'absence des dégâts alliés. Heureusement, les choses commencent à changer après une dizaine d'heures de jeu et il convient alors de faire bien plus attention aux actions de chacun lors des grandes bastons. On passe plus régulièrement via le menu circulaire qui permet de choisir ses actions au calme et l'on reprend plaisir à organiser sa petite troupe. Il y a donc des bases assez plaisantes dans ce mélange hybride et il n'est pas désagréable d'enchainer les combats. Seulement voilà, au fur et à mesure que les heures passent, les petits défauts finissent par devenir de véritables plaies. À commencer par l'intelligence artificielle de nos compagnons, tout simplement sidérante de nullité. Entre le mage qui n'hésite pas à partir en courant vers l'ennemi pour tanker et les potions qui ne sont jamais consommées, le baby-sitting reste une activité obligatoire dans Dragon Age II.

Le RPG pour les nuls


Conçu pour attirer un nouveau public vers la série, ce deuxième épisode se montre également plus simpliste dans sa gestion des équipements. Toute la partie armure est en effet réservée à Hawke, comme si le nouveau public visé par BioWare était incapable de prendre le temps de s'occuper de cette partie. Heureusement, il reste encore la liberté de choisir les armes et capacités de chacun. Ces dernières se débloquent de manière très classique, à chaque niveau gagné, et permettent de spécialiser sa fine équipe dans des arbres de talents divers et variés (mais classiques bien sûr). Fait intéressant, certains ne peuvent se débloquer qu'en ayant réussi à obtenir l'amitié du personnage concerné. Résoudre certaines quêtes et certains dialogues précis étant les deux éléments faisant gagner ou perdre des points d'amitié. Le système de discussion a d'ailleurs été amélioré par rapport à Origins et se rapproche de ce que l'on trouve dans Mass Effect avec des possibilités de réponses qui s'articulent autour d'un cercle central. On peut alors facilement choisir une attitude (amicale, hostile, vénale...) ayant des répercussions parfois importantes dans le déroulement de l'histoire.

Les capacités des personnages s'accompagnent également d'une gestion classique des attributs, avec à chaque niveau trois points à dépenser en force, intelligence, volonté, etc. Ainsi s'augmentent la puissance d'attaque, le mana ou la vie, voire les compétences de crochetage dans le cas des voleurs. BioWare n'a pas totalement renié son héritage, fort heureusement d'ailleurs, même si cela n'empêche pas Dragon Age II de pencher clairement vers de l'action décérébrée. Le positionnement des personnages ne sert plus à rien (sauf en difficulté cauchemar), le matraquage de boutons est roi et les combats finissent par adopter le même déroulement à coups de sorts de zone quelque soit la situation rencontrée, sans vraiment avoir besoin de faire appel à un quelconque sens tactique. Certainement un crève-cœur pour les puristes, mais la nouvelle cible de BioWare pourrait bien y trouver son compte.

Pour conclure, on finira par un mot sur la partie technique du titre, tout simplement décevante sur consoles. Non seulement les développeurs ont recyclé à tour de bras leurs décors, mais ils sont en plus vides la majeure partie du temps, sans la moindre animation. Le moteur graphique nous offre des textures qui font peine à voir et les baisses de frame rate s'acoquinent régulièrement de tearing. Et que dire des bugs qui permettent d'obtenir argent et XP à volonté ? Le symbole d'un titre conçu à la hâte, tout simplement.


Xzyl, le 12.03.2011


5/10
CONCLUSION

Dragon Age II est malheureusement la première grosse déception de l'année 2011. Truffé d'éléments conçus à la va-vite, sacrifié sur l'autel de l'action décérébrée et techniquement décevant, le jeu de BioWare manque presque à tous ses devoirs. Pire, on cherche encore le souffle épique et la trame passionnante que devrait insuffler un tel blockbuster. Au lieu de ça, ce Dragon Age II n'est qu'une vaste mascarade mêlant doublages ratés, combats bourrins et décors recyclés à foison. Le fait est que BioWare vise un nouveau public avec son titre. On peut le comprendre, d'autant que Dragon Age II a quand même des arguments à faire valoir pour ceux qui recherchent un RPG simplifié, mais ce n'est pas une raison pour sortir un titre bâclé, à fortiori pour se faire de l'argent sur le dos des fans.
LES PLUS
+ Bonne durée de vie
+ Pour ceux qui cherchent un RPG light
LES MOINS
- Histoire peu passionnante
- Pas bien beau
- Trop facile et trop bourrin
- La fête du recyclage facile
- Manque de vie et de libertés
- Une seule race pour le héros
- Ces doublages...





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Format :   DVD
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