Test de Condemned 2 : Bloodshot sur Xbox 360

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Condemned 2 : Bloodshot X360
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Test de Condemned 2 : Bloodshot sur Xbox 360 (X360)



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Condemned premier du nom avait réussi à se faire une place au soleil à la sortie de la Xbox 360. Mettant avant tout l'accent sur l'ambiance et proposant assez peu de combats à l'arme à feu, le titre de Monolith Productions n'avait pas manqué de faire son petit effet en son temps. Mais de l'eau a coulé sous les ponts et si, contrairement au cinéma, la suite d'un jeu vidéo est souvent meilleure que l'original, Condemned 2 : Bloodshot tiendra-t-il le choc face à lui-même en sus de la concurrence ?

Ethan Thomas, inscrit aux Alcooliques Unanimes


Le jeu démarre sur des chapeaux de roue. On retrouve Ethan Thomas à l'état de déchet humain seulement un an après la fin du premier épisode. En état d'ébriété constant, crasseux, puant et assez bien modélisé pour qu'on le sente à travers l'écran, ce dernier va être contraint et forcé de reprendre du service puisque SKX, le tueur en série le plus glauque qui ait jamais été, semble être encore en vie... A moins qu'il ne s'agisse d'un fan enthousiaste perpétuant son oeuvre ? Quoi qu'il en soit, ces soucis ne vous accapareront que plus tard dans l'aventure. En effet, tout commence dans un bar, un client bouscule Ethan et le toise. Dans la seconde qui suit, l'inconnu dit au revoir aux deux tiers de sa dentition en gargouillant dans son sang. L'antihéros bourré de puces se fait bien entendu chasser du rade et se retrouve impliqué dans une rixe entre mendiants. L'occasion de s'attarder sur les améliorations apportées au gameplay.

Là où le premier épisode proposait un bouton pour frapper et un autre pour se protéger, Condemned 2 diversifie et complète habilement ce système. Une gâchette pour chaque poing, des coups de pied attachés au stick de droite, des crochets en maintenant le stick de gauche enfoncé. On se servira des deux fameuses gâchettes en même temps pour se protéger voire même, avec un bon timing, pour contrer. Enchaîner vos coups dans un certain ordre vous octroiera même des bonus aux dégâts. D'autres actions sont possibles, telles attaquer en courant, lancer vos armes à la figure des adversaires pour les étourdir, ou dans les jambes afin de leur faire perdre l'équilibre, ainsi que les finir de façon violente. En effet, une fois étourdis, il est possible d'empoigner vos ennemis et d'apporter une conclusion sanglante à votre débat en vous servant de zones alors marquées d'un crâne. Attendez-vous à tout, du classique crâne fracassé sur un lavabo au cerveau comprimé dans un étau industriel, en passant par l'empalement sur une canalisation rouillée.

Le tout est particulièrement violent et les visages que l'on voit se déformer à chaque coup en vue à la première personne amènent plus d'une fois à se demander pourquoi Manhunt 2 a été plus médiatisé que ce nouvel opus de Condemned. Un constat encore plus remarquable lorsque l'on utilise les attaques spéciales d'Ethan. Nécessitant une jauge de cruauté pleine, ces dernières permettent de réaliser des enchaînements ou de briser des membres à vos ennemis via de courts QTE. Le tout se fait au ralenti et il faut admettre que lire la peur dans ce qu'il reste de visage à vos adversaires avant de leur asséner un coup de boule final ajoute énormément à l'ambiance du titre.

Un flingue dans la main droite, un litre de whisky dans l'autre


Puisque l'on parle de l'ambiance du titre, cette dernière est glauque à souhait. De plus, il est impossible de se rassurer avec son beau héros tout en pectoraux, ce dernier étant encore moins stable que les marginaux qui tenteront de vous tuer. Même vos armes ne pourront vous mettre à l'aise. Toutes plus ou moins improvisées et respirant la violence, allant de la canne de baby-foot à la simple gaine électrique en passant par divers outils, s'en servir en lieu et place du bouquet de phalanges habituel glace le sang. D'autant plus que les bruitages et de courts riffs musicaux accompagnent vos coups, vous plaçant aux premières loges de votre propre horreur.

Vous traverserez une bonne dizaine de niveaux particulièrement longs et propices à l'angoisse. Même si les premiers se ressemblent assez, le reste du jeu vous fera un peu plus voyager, notamment le chalet enneigé et le musée. Mais où que vous alliez, vous devrez faire face à une obscurité omniprésente face à laquelle votre lampe de poche ne pourra pas grand-chose. On ira même jusqu'à dire que cette dernière est trop importante et qu'elle sert plus au final à perdre le joueur dans des niveaux au level-design toujours aussi peu inspiré qu'à instaurer une véritable ambiance.

En effet, le malaise sera plus souvent instauré par vos propres actes. Ethan doit s'envoyer une bonne goulée de whisky si il lui arrive de tomber sur une arme à feu afin de ne pas trembler, ce que le joueur fera par contre après s'être fait surprendre par le réalisme de son premier coup de feu atteignant sa cible. Les décors participent donc à tout cela, mais dans une moindre mesure, malgré la crasse, la rouille, le sang et au final cette ambiance assez proche d'un Silent Hill qui vous entoure constamment, les énigmes en moins.

Egalement présentes dans le premier Condemned, les séquences d'enquête pour alcoolique fêtent leur retour. Moins rigides qu'avant, laissant entre autres le choix des instruments et présentant parfois un nombre d'éléments à examiner supérieur au nombre de preuves que l'on peut envoyer, elles sont au final assez peu nombreuses et de qualité assez inégale, les rendant plus ou moins gadget bien que plaisantes. Les plus travaillées mettront en marche vos neurones et c'est avec plaisir que l'on étudiera des taches de sang au sol avec sa lampe à UV pour déterminer la cause d'un décès et ce qu'a fait la victime dans ses derniers instants. Dans le même registre, le jeu vous proposera quelques QCM pendant les phases de narration (majoritairement à la première personne) auxquels vous devrez répondre correctement en réfléchissant aux évènements de l'aventure et à ce qu'ils peuvent cacher, pour obtenir ensuite plus d'informations sur l'histoire du jeu. Sur ce point, le titre s'en tire à mi-parcours en faisant se rejoindre les éléments assez brouillons des premiers niveaux, qui parviennent toutefois sans mal à captiver par la surprise que provoque une telle violence. Le jeu prend d'ailleurs à contre-pied le schéma classique des FPS modernes, préférant le retour progressif à une certaine sobriété à l'habituelle Descente aux Enfers.

La technique du gendarme


La durée de vie de l'ensemble s'avère bien calibrée, avec une fin qui pointe juste quand l'ennui pourrait montrer le bout de son nez. Ceux qui ont apprécié l'aventure et qui sont partants pour un deuxième tour de manège seront heureux d'apprendre que quatre niveaux de difficulté sont disponibles et qu'une note attribuée à la fin de chaque niveau (attribuée en fonction de vos capacités d'enquêteur et de fouineur) sera l'occasion de vous octroyer divers objets utiles, comme un poing américain, un étui ou des chaussures un peu plus silencieuses.

Les fans d'action pure et dure pourront s'essayer aux défis du mode bonus, qui n'est malheureusement guère poignant. Le même constat s'impose en multijoueur : en optant pour une prédominance des combats à mains nues dans ce mode, on se retrouve vite avec des combats assez brouillons. D'autant plus que quelques problèmes de lag viendront gâcher la plupart de vos contres, que vous aurez tôt fait de laisser tomber, comme les 7 autres bourrins avec qui vous jouerez en ligne. L'ambiance elle aussi se fait la belle. Dommage, car certains modes apportaient une petite dose de fraîcheur à l'ensemble, notamment la Ruée des Clochards, où deux joueurs équipés d'armes à feu doivent survivre quelques minutes face à une demi-douzaine d'autres n'ayant que leurs poings et les éléments du décor à disposition.

D'un point de vue strictement technique, Condemned 2 : Bloodshot n'a pas à rougir face à ses concurrents. Les ennemis, relativement intelligents une fois passée leur apparition scriptée, se révèlent aussi agréables à regarder qu'à affronter. On pourra juste faire remarquer leur faible diversité au sein d'un même niveau ainsi que la place au final assez peu importante accordée au surnaturel, toutefois mis en scène aussi efficacement qu'un cauchemar à la David Lynch. Les humains sont en tout cas réussis et leur déformation progressive l'est tout autant. En ce qui concerne les décors, le bump mapping est utilisé à bon escient pour les surfaces extérieures. Quant aux intérieurs, difficile de s'en faire une idée précise tant ces derniers sont sombres. Quand bien même ils eussent été immondes, la pression vous fait généralement oublier d'inspecter un énième mur couvert d'organes.

On regrettera toutefois que le jeu ait été conçu en priorité pour les équipements haute-définition. En effet, certains caractères tout simplement minuscules ne peuvent être lus correctement si vous utilisez un câble composite, ruinant ainsi vos scores d'investigation. L'aspect sonore n'est encore une fois pas en reste et fait également la force de ce second volet avec, comme dit précédemment, des riffs musicaux lancinants vous faisant prendre conscience de la folie du personnage principal.


Yato, le 05.04.2008


7/10
CONCLUSION

Condemned 2 : Bloodshot apporte tout ce que l'on était en droit d'attendre de cette suite. Un système de combat retravaillé et intéressant et une ambiance toujours au top en grande partie due au héros, encore moins rassurant que les monstres qu'il croise. Beau, agréable à l'oreille et original, seuls quelques points noirs viennent obscurcir le tableau : les phases d'enquête de qualité inégale, tantôt prenantes et intelligentes mais flirtant d'autres fois avec l'anecdote, ainsi que le multijoueur inutile heureusement sauvé par un solo qui se suffit très bien à lui-même. Sans révolutionner le genre, Condemned 2 : Bloodshot s'inscrit sans problème dans la gamme des « bons titres », avec ce qu'il lui faut d'identité pour briller au milieu des autres jeux du genre.
LES PLUS
+ Héros et combats originaux
+ Ambiance malsaine
+ Scènes d'enquête intelligentes
LES MOINS
- Trop peu d'enquêtes de qualité
- Multijoueur brouillon
- L'aventure prend son temps pour démarrer





INFOS EN +
Compatibilité :   60hz seulement
Prix lancement :   $59.99  -  Voir le prix actuel
Format :   DVD