Test de Call of Juarez : Bound in Blood sur Xbox 360

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Call of Juarez : Bound in Blood X360
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Test de Call of Juarez : Bound in Blood sur Xbox 360 (X360)



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Ubisoft réédite son partenariat avec les développeurs polonais de Techland. Un studio peu actif dans le monde des FPS depuis la sortie en 2006 de Call of Juarez premier du nom, un FPS chez les cow-boy changeant agréablement des thèmes usuels. Après 3 ans de silence, les frères McCall sont de nouveau prêts à faire parler la poudre dans une aventure réunissant tous les classiques du genre.
 

Il faut tourner l'Apache…


Call of Juarez : Bound in Blood n'est pas une suite à proprement parler mais tout simplement une introduction à l'histoire narrée dans le premier épisode. Pas moins de 20 ans avant les évènements de Call of Juarez, les frères McCall sont lâchés en pleine guerre de sécession du côté des confédérés. Suite à un évènement particulier, ils décident tout simplement de déserter pour aller sauver la ferme familiale, embrasser leur vieille mère malade et récupérer le raté de la famille, William, rentré dans les ordres et donc prêtre de son état. Le cours des choses les entraînera dans une spirale de violence à la recherche d'un trésor perdu avec sur le dos leurs anciens compagnons d'armes ayant mal digérés la désertion.
 
Le scénario, sans être transcendant, est extrêmement bien rythmé et remplit parfaitement le cahier des charges d'un bon western spaghetti : de l'humour, des dialogues crus, de la violence, des attaques de diligences, des saloons, des rues sales, des duels, des shérifs véreux, des chevauchées intrépides, des canyons dangereux et bien entendu des indiens. Tout y est et c'est tant mieux, on prend ainsi plaisir à suivre le parcours bourré de rebondissements du trio infernal qui traverse des situations classiques pour le genre mais parfois extrêmement jouissives. L'histoire est également servie par des cinématiques plus que sympathiques au doublage correct, malgré une synchronisation labiale catastrophique. Les voix sont parfaites, tantôt caricaturales, tantôt sérieuses et annoncent immédiatement la couleur. Mention spéciale pour les répliques de Ray McCall et gros bémol concernant les indiens et leurs voix de prépubère en pleine mue. En même temps quand on s'appelle "Torrent Impétueux"…
 

Réalisation nickelle Chrome


Alors que le premier épisode souffrait de gros défauts techniques dus à un moteur encore en rodage et grippé, le Chrome "angine", les petits gars de Techland se sont ressaisis pour pondre un moteur aux petits oignons. C'est beau, c'est fluide et ça en jette, le Chrome Engine nouvelle version, la quatrième pour être précis, remplit pleinement son office. Les paysages sont superbes et il ne faut absolument pas s'arrêter au premier niveau, le moins convainquant sans conteste, mais avancer dans le jeu pour découvrir tout le potentiel graphique et artistique du titre. Les villes sont criantes de vérité, les environnements traversés, les éclairages choisis rendent parfaitement l'atmosphère du grand ouest américain. Tout est fait pour que le joueur soit immergé à fond et cela marche parfaitement, notamment grâce à une bonne profondeur de champ laissant s'exprimer pleinement les paysages. De la plaine aride et désertique en passant par la forêt vallonnée et la descente dans une carrière, Call of Juarez : Bound in Blood varie les plaisirs et privilégie les extérieurs. Ce n'est pas pour autant que le moteur physique est en reste puisque quelques éléments sont également destructibles dans les rares intérieurs traversés. Au rayon des bons points il faut signaler la modélisation crédible, mais pas non plus excellente, des différents protagonistes que ne viennent gâcher que les problèmes de lipsync déjà signalés et une animation pas toujours très heureuse.
 
Par ailleurs, un gros point noir concerne l'utilisation abusive du HDR qui fait vraiment mal aux yeux, rends certains décors beaucoup trop flous et certaines actions irréalistes. Mais dans l'ensemble le jeu de Techland est véritablement une réussite technique, surtout comparée à son aîné. L'autre réussite, c'est la bande-son avec une mention toute particulière pour les dialogues et les bruitages d'une rare qualité. Ces derniers sont plus que crédibles et contribuent à renforcer le côté mâture et sans concession de ce western spaghetti. En revanche, les musiques se font trop discrètes et le jeu manque cruellement de grands morceaux à la Enio Morricone lors des passages épiques. On est là encore bien loin de la bande originale d'un Outlaws et dont, pour la petite histoire, le disque du jeu pouvait être mis dans la chaîne hifi pour profiter pleinement des compositions.
 

Indien vaut mieux que deux tu l'auras


Beaux graphismes, bonne réalisation, excellente ambiance, scénario crédible et collant aux canons du genre, que demander de plus ? Peut-être un gameplay qui tienne la route et des environnements ouverts pour parfaire ce tableau. Et c'est là que le bât blesse. En effet, Call of Juarez : Bound in Blood a été clairement conçu et pensé de manière dirigiste. Le joueur est guidé, ne risque pas de se perdre ni de louper des informations à l'écran grâce, ou plutôt à cause, d'un HUD énorme et envahissant. Mais la surprise ne s'arrête pas là : choisir Ray McCall, le bourrin spécialiste des flingues et des explosifs, au lieu de son frère Thomas, spécialiste du fusil et de l'escalade, simplifie grandement les choses. Les cibles viennent en effet se placer directement sur la tête des adversaires et vont même jusqu'à suivre ceux-ci si l'envie leur prend de se déplacer. Dommage, cet assistanat imposé plombe un peu de vivre l'aventure en compagnie du futur prêtre déchu.
 
Mais une fois encore, et même en niveau de difficulté avancé, des problèmes se font sentir : le jeu reste trop simple et les capacités des deux héros n'y sont pas étrangères. En effet, Ray et Thomas disposent d'une jauge qui se remplit rapidement en tuant des adversaires et qui leur permet de déclencher un coup spécial : un marquage des cibles pour une exécution automatique dans le cas de Ray et une exécution rapide dans le cas de Thomas. Par ailleurs, les ennemis souffrent d'une IA assez affligeante et réagissent parfois de manière étrange, fonçant sans réfléchir sur le joueur pour se laisser abattre. C'est d'autant plus flagrant lors des (trop) nombreux passages scriptés qui placent le joueur aux commandes d'une gatling. Il suffit alors de laisser enfoncer le bouton de tir et de balader l'arme à l'écran pour être sûr de toucher quelqu'un. Pas de dynamite, pas de type qui se planque, uniquement des lemmings qui courent vers la mort.
 
Pour continuer sur les points noirs du titre, Call of Juarez : Bound in Blood propose malheureusement des niveaux dirigistes et linéaires, à tel point qu'il est possible de perdre la partie en s'éloignant trop loin de l'objectif. A de trop rares occasions il sera possible de choisir d'enchaîner sur la suite de l'aventure ou de prendre du temps pour réaliser trois missions secondaires, toujours les mêmes, pour gagner de l'argent et acheter de nouvelles armes.

West terne…


Call of Juarez : Bound in Blood repose donc surtout sur son ambiance de folie qui permet de faire oublier légèrement une mécanique de jeu toujours identique quel que soit le niveau traversé. Malgré la présence d'une simili complémentarité entre les deux frères, le titre ne dispose pas d'un mode coopération. Dommage, d'autant plus qu'un des modes en multijoueur permet de revivre quelques scènes fortes du mode solo et que cela aurait pu donner une force supplémentaire à ce titre.
 
Concernant le multi, justement, il se limite à 12 joueurs. Plutôt sympathique, il convainc surtout par la taille de ses maps et la possibilité de choisir différentes classes de personnage aux compétences propres. Pour le reste, les modes de jeu restent amusants avec une mention particulière pour le mode "Wanted" (un seul homme contre tous) et le mode « Légende du Far-West" nécessitant la réalisation d'objectifs en équipe. La durée de vie du titre est donc sensiblement rallongée par ce mode multijoueur mais, encore une fois, la campagne solo se finit beaucoup trop rapidement. Soulignons tout de même que Techland prépare du contenu additionnel.


Lestat, le 10.07.2009


7/10
CONCLUSION

Bien plus abouti techniquement que le premier opus, Call of Juarez : Bound in Blood s'impose comme un titre beau et prenant, notamment grâce à une réalisation quasi sans faille qui mélange agréablement tous les clichés du genre. Pourtant, et malgré toutes ses qualités techniques et scénaristiques, le jeu n'est pas exempt de défauts. Un environnement peu ouvert, une progression trop dirigiste, une faible durée de vie du solo et l'absence de mode coopératif rendent l'expérience trop frustrante pour le prix exigé. Reste un mode multijoueur sympathique mais ne justifiant pas à lui seul l'achat du titre. Les FPS abordant cette thématique étant trop rares, il serait toutefois dommage que l'amateur du vidage de douilles passe son chemin.
LES PLUS
+ Bonne réalisation technique et recherche artistique
+ Décors et environnements crédibles
+ Dialogues adultes bien sentis
+ Scénario impeccable pour un western
+ Ambiance prenante et mature
LES MOINS
- Beaucoup trop court et trop dirigiste
- Pas de mode coopératif
- Animations parfois trop rigides
- HUD et HDR trop envahissants




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Format :   DVD