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Au pays des jeux de course où il est question d'action et de power-ups, nombreux sont les titres à tenter le coup sans vraiment réussir à se démarquer. Pas de quoi effrayer les développeurs de Bizarre Creations qui, après avoir séduit les joueurs grâce à la série Project Gotham Racing, s'invitent sur ce périlleux terrain via le dénommé Blur, en comptant bien faire parler leur maîtrise. Après plusieurs semaines de bêta test et un soutien très actif d'Activision, le nouveau bébé Bizarre Creations a pris le départ sur nos consoles et PC. Verdict après de nombreux tours de pistes et d'innombrables tôles froissées.
La course ne suffit pas En s'orientant vers un titre arcade avec Blur, l'équipe de Bizarre Creations n'a pour autant pas souhaité tourner totalement le dos au côté réaliste de la chose. Du coup, en lieu et place d'un garage de voitures purement fictives, ce sont des véhicules de marques telles que Volkswagen, Dodge, Ford, BMW et autres qui entrent en piste, pour un total de plus de 55 véritables bolides représentés dans le jeu et classés dans différentes catégories. Côté circuits, Blur ne va chercher aucune contrée imaginaire et puise son inspiration, certes très libres, auprès de grandes mégalopoles à l'instar de Tokyo, Los Angeles, Barcelone ou même New York. Il en résulte des tracés somme toute assez classiques, taillés comme il se doit pour accueillir les courses du jeu et proposant même plusieurs chemins alternatifs. Sur ce point, le jeu de Bizarre Creations ne cache guère son inspiration auprès des titres du genre et les environnements dans lesquels les développeurs nous invitent à évoluer manquent parfois un peu de panache. Un sentiment qui s'accentue avec le mode Carrière, élément phare de la partie solo de Blur. D'ailleurs, en dehors des statistiques, des Autocollants à glaner (le menu des Succès), du Show Room (on y retrouve toutes les voitures débloquées), des photos prises pendant les courses et diverses autres options, il n'y a en réalité que le mode Carrière qui permet de s'adonner à des courses face à l'IA. Un peu léger, d'autant plus que le mode en question montre rapidement ses limites. Bouclée en neuf parties, que l'on débloque au fur et à mesure, la carrière de pilote dans Blur se résume à enchaîner des courses, affronter un boss et bis repetita. En fait, chacun des neuf boss du jeu est associé à une série de sept challenges à relever, y compris le face-à-face contre le boss en question qui se débloque en remplissant certaines conditions. Des conditions qui se basent aussi bien sur la performance du joueur que sur sa popularité, caractérisée par le nombre de fans acquis à sa cause. En effet, dans Blur, il ne s'agit pas seulement de terminer premier, il faut aussi le faire avec le plus de classe possible. Ainsi, si le joueur gagne des points Feux en fonction de sa place dans la course (troisième place au minimum), il doit aussi séfuire le plus de fans possible en utilisant et abusant intelligemment des power-ups. Des objectifs de fans répartis sur les tracés, qui demandent d'accomplir certaines tâches d'une manière bien précise en un temps limité, et des slaloms de fans, où il faut passer entre des portes fictives en un minimum de temps, permettent aussi d'accroître sa popularité. Ce nombre de fans, combiné aux points Feux recueillis, permet de progresser dans sa carrière en débloquant véhicules, nouvelles classes de voitures et affrontements contre les boss. Cela donne clairement un peu de piment au déroulement des courses traditionnelles qui sont en plus parfois remplacées par des parties Destruction, dans lesquelles il faut détruire le plus de véhicules possibles en un minimum de temps, et des parties Point de contrôle, où il s'agit de franchir le plus de points de contrôle avant la fin du chronomètre. Mais avec seulement quelques heures pour venir à bout de toutes les épreuves et tous les boss, exception faite du mode de difficulté supérieure bien plus coriace, Blur n'arrive finalement pas à donner à son mode solo l'ampleur qu'il faudrait. Huit power-ups et moi Le mode solo de Blur a beau être en demi-teinte, le concept du titre n'en reste pas moins bien exploité. Avec un gameplay qui repose sur seulement huit power-ups, on se dit de prime abord que l'équipe de Bizarre Creations ne s'est pas vraiment foulée. Mais au fil des courses, on se rend rapidement compte que la force du jeu est d'imposer une utilisation stratégique voire même tactique des items pour espérer terminer en pôle position. Mine, Surcharge, Nitro, Éclair, Impact, Orbes, Bouclier et Réparation, chacun de ces power-ups s'utilise de différentes manières. Par exemple, si la Nitro offre un bonus d'accélération non négligeable, elle permet aussi, en orientant la direction vers le bas, de prendre plus facilement un virage serré ou même d'éviter au dernier moment une Surcharge lancée par un concurrent. Même constat avec la Surcharge justement qui, si elle s'oriente directement sur un ennemi dans son utilisation classique, peut également faire office de bouclier en contrant les projectiles lancés de derrière. Avec huit power-ups aux fonctions diverses, on comprend qu'il y a largement de quoi se forger une défense solide ou préparer une redoutable attaque. En partant d'une idée basique, Bizarre Creations a donc su insuffler le petit plus qu'il fallait pour rendre Blur intéressant et prenant. À cette utilisation réfléchie des bonus s'accompagne une prise en main immédiate, à mi-chemin entre de l'arcade pure et dure et un brin de simulation. Pas de quoi réveiller les sens des joueurs de Project Gotham Racing bien sûr, les subtilités dans la conduite des véhicules de Blur se résumant à la catégorie à laquelle ils sont attachés. Entre le véhicule de type Glissant, à l'adhérence faible, le Tout-terrain, qui s'adapte à n'importe quel circuit, ou encore l'Équilibré, parfait mélange entre les genres, les joueurs peuvent opter pour le style de leur choix avec une différence qui se fait réellement sentir sur la piste. On notera même l'opportunité de repeindre son véhicule avant chaque course et d'utiliser une Modification, sorte de super-bonus à débloquer en battant un boss.En multijoueur ou rien ? Et si le mode Carrière ne suffit pas à prendre la pleine mesure de Blur, le multijoueur montre quant à lui à quel point le soft a des arguments à faire valoir. Il y a tout d'abord les parties en écran splitté à quatre joueurs sur une même console, assez réussies, mais c'est surtout du côté du jeu en ligne que le soft de Bizarre Creations brille. Avec 20 joueurs maximum sur les circuits, les parties deviennent très rapidement haletantes voire même un peu brouillonnes si le quota maximum de joueurs est atteint. Plus que jamais, il faut apprendre à bien gérer ses bonus et ne pas les lâcher bêtement dans la nature, sous peine de ne pas avoir à sa disposition un précieux item à un moment opportun de la course. Patience et réflexion sont donc de mise, même si une grande majorité des joueurs a tendance à déclencher le maximum de bonus possible sans se préoccuper de ce qui peut se passer quelques minutes après. En général, ce ne sont pas les plus impatients qui remportent les courses dans Blur mais bel et bien ceux qui savent attaquer quand il faut ou toujours garder un bonus pour se défendre. Cela s'applique aussi bien aux parties classiques du multijoueur qu'aux sessions un peu moins ordinaires à l'instar de Annihilation et Course par équipe qui sont parfaits pour varier les plaisirs. Mais ce qui rend le tout si agréable à parcourir, c'est le véritable système de progression mis en place par les développeurs pour le multijoueur de Blur. Tout comme en solo, le joueur glane des fans au fil des parties et augmente ainsi son rang pour accéder à de nouveaux modes et débloquer des véhicules supplémentaires. Mieux encore, le titre regorge de défis à accomplir pour le plaisir ainsi que des récompenses décernées en fin de course à une poignée de joueurs selon les aptitudes de l'un à utiliser un bonus, à les éviter ou à rester en tête sans jamais se faire dépasser, par exemple. Les joueurs ont même la possibilité de sélectionner une combinaison de trois avantages (six sont à débloquer au total), des bonus permanents qui confèrent des aptitudes particulières et qui se collent au style de conduite que l'on veut adopter. De manière plus générale, tout est fait pour que le multi de Blur soit le plus accueillant possible, et ça marche. Cela fonctionne tellement que l'on se rend encore plus compte des lacunes du solo, faisant du titre de Bizarre Creations un jeu à ne posséder qu'à condition de vouloir pleinement se dévouer aux parties à plusieurs. D'un point de vue technique, Blur souffle malheureusement le chaud et le froid. Si les décors de chaque tracé manquent cruellement d'originalité et souffrent en plus de quelques lacunes, il n'y a rien à redire sur la modélisation des véhicules et sur les effets visuels qui apparaissent à chaque bonus utilisé. L'impression de vitesse est au rendez-vous, notamment grâce à une fluidité toujours de mise, aussi bien en solo qu'en ligne, un point essentiel. Pas grand chose enfin à redire du côté de la bande-sonore du jeu, faite de morceaux dynamiques à souhait et de bruitages discrets comme il faut. Ni plus, ni moins.
Jerem, le 08.06.2010
![]() 7/10
Derrière un concept finalement assez banal se cache un titre solide et très accrocheur. C'est l'impression qui ressort des courses de Blur dont on apprécie grandement l'aspect stratégique apporté par le système des power-ups, intelligemment mis en place, et tous les petits à-côtés qui rendent l'expérience de jeu la plus plaisante possible. C'est surtout vrai pour le multijoueur du soft de Bizarre Creations, complet et progressif, là où le solo pèche davantage par son manque d'originalité. Et si la réalisation du jeu fait un peu grise mine avec ses environnements pas toujours très folichons, elle se montre sous un meilleur jour lorsqu'il s'agit d'apprécier les bonus en action et la fluidité des courses. Les fans du genre bien décidés à se lancer en ligne apprécieront à coup sûr Blur, ses courses nerveuses et son concept rafraîchissant, tandis que les joueurs exclusivement solo passeront leur chemin.
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