
Toutes les informations au sujet de la version Xbox 360 de Alan Wake sont sur cette fiche jeu.

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C'est l'histoire d'une arlésienne. Annoncé pour la première fois en 2005, Alan Wake aura connu cinq longues années de développement avant de voir le jour. Devenu entre temps exclusif à la Xbox 360, le « Thriller psychologique » créé par les finlandais de Remedy Entertainment a encore tout à prouver. S'agit-il du digne successeur des précédentes œuvres du studio ou d'une nouvelle déception de la part d'un titre attendu pendant de longues années ?
À Bright Falls, ça sent le sapinAuteur new-yorkais à succès, Alan Wake pense passer de paisibles vacances lorsqu'il débarque à Bright Falls avec sa femme Alice. Cette petite bourgade montagneuse, que l'on croirait provenir tout droit de Twin Peaks, paraît comme coupée du monde par tant de forêts et de reliefs. Les gens y sont aimables, serviables et se connaissent tous comme s'il s'agissait d'une grande famille. Mais le havre de paix d'apparence ne va pas tarder à devenir un véritable guet-apens pour notre héros. En dévoiler davantage sur le scénario d'Alan Wake serait un crime, tant il s'agit de l'une de ses principales qualités. L'histoire, la narration et la mise en scène sont en effet ce qui définit le mieux le nouveau jeu de Remedy Entertainment. Découpée en six chapitres et exclusivement solo, l'aventure d'Alan Wake se joue comme un jeu d'action à la troisième personne, mais se découvre comme une bonne série TV américaine à gros budget. On retrouve d'ailleurs des « précédemment dans Alan Wake » au début de chaque épisode, une particularité que l'on avait déjà pu apercevoir dans le Alone in the Dark d'Eden Games. Les plans de caméra, la dimension parfois grand spectacle de l'action, les personnages à la personnalité bien tranchée, tout transpire le savoir-faire des développeurs finlandais. Tout au long du jeu, le joueur est accompagné par les pensées d'Alan, le guidant aussi bien dans la progression (« je devais trouver un moyen d'ouvrir le portail ») que ses nombreuses réflexions sur ce qui se trame à Bright Falls. On se prendrait presque d'amour pour l'écrivain et, au moins, on s'accroche vraiment à ce gringalet qui n'a rien demandé. Lorsqu'il ne pense pas ou ne discute pas le bout de gras avec d'autres personnages, Alan se retrouve bien souvent au cœur des endroits les plus reculés de la région. Le jeu alterne en effet les lieux classiques (la mine, la scierie, la ferme, etc.) avec de longs passages en forêt où la brume et l'obscurité règnent en maître. Le travail effectué sur le level design est du reste à souligner. L'architecture des niveaux a beau être linéaire et balisée comme de nombreux autres jeux du genre, on a parfois presque l'impression d'être dans un monde ouvert tant l'espace accordé aux zones de jeu, ainsi que le paysage qui s'étend à perte de vue, jouent bien leur rôle. Bien sûr, on n'est jamais à l'abri de l'éternelle barrière de cinquante centimètres qui bloque le joueur, mais ça reste assez rare pour ne pas gâcher le plaisir. Alan à la PayneSi le jeu mérite bien des éloges pour la globalité de sa mise en scène, d'un point de vue purement ludique, Alan Wake reste quand même éloigné de la tuerie qu'on attendait. La faute à gameplay finalement très classique qui s'enfonce parfois dans des répétitions assez poussives. Prenons par exemple les feux à main, dont l'utilisation débute à chaque fois par un effet proche du bullet time de Max Payne (Remedy Entertainment oblige) mais qui se traduit aussi par l'impossibilité de courir. Quand on sait que des dizaines d'ennemis veulent la peau de l'écrivain, ça fait doucement sourire. Cela dit, il faut aussi reconnaître que les ennemis sont l'un des meilleurs éléments proposés par Alan Wake. A mi-chemin entre des spectres et des zombies, ils prennent la forme d'humains entourés d'une enveloppe de brume ténébreuse. Tant que le joueur n'a pas suffisamment affaibli la brume en question à l'aide de sa lampe-torche, les ennemis sont indifférents aux armes à feu. La lampe-torche, qui sert au passage de viseur, se décharge dès lors que le joueur effectue une forte pression sur la gâchette. Une manipulation pourtant indispensable car elle a pour effet d'éblouir momentanément l'adversaire et de l'affaiblir plus rapidement, mais consommant aussi un très grand nombre de piles. La lumière s'éteint alors pendant plusieurs secondes si l'on en vient à être à court de jus, obligeant dans ce cas à changer rapidement les piles d'une pression sur Y (changement qu'Alan effectue très rapidement heureusement) ou à attendre que la lampe se recharge peu à peu, en priant pour ne pas y passer. C'est en grande partie sur ce point que repose toute la tension du titre et c'est plutôt réussi, puisqu'on se retrouve parfois à surveiller la jauge de lampe-torche comme on regarderait le compte à rebours d'une bombe prête à exploser. Un autre élément qui contribue à la tension, mais qui n'est pas forcément voulu de la part des développeurs, c'est le manque de souplesse du personnage. Alan souffre d'une inertie un peu bizarre qui le fait par moment glisser et tomber de certains rebords, tandis que le système d'esquive n'est pas le plus pratique que l'on puisse croiser dans un jeu d'action à la troisième personne. Les actions offertes aux joueurs sont d'ailleurs relativement limitées et classiques, sans système de couverture ou de réel inventaire. Pour autant, on ne peut pas vraiment dire que ça manque. Enfin, le dernier point qui fait toute la force de l'ambiance dégagée par Alan Wake, c'est Bright Falls. Il faut avoir vu une série comme Twin Peaks pour bien comprendre le genre d'atmosphère, à la fois lourde et mystérieuse, qui se dégage de cette ville. La présence humaine est suffisante pour ne pas errer trop longtemps en forêt, mais aussi suffisamment rare pour se croire seul au monde. La beauté des paysages le jour n'a finalement d'égal que la tension qui règne la nuit. Le jeu aurait sans doute pu être encore meilleur de ce point de vue là si les développeurs avaient réussi à le rendre encore plus flippant, car il faut bien reconnaitre que Alan Wake ne fait pas si peur que ça. Heureusement, ça ne l'empêche pas d'être prenant de bout en bout. Bright EngineGrosse claque lorsqu'il fut annoncé en 2005, Alan Wake reste un jeu agréable à regarder cinq ans plus tard. D'autres titres se sont cependant imposés sur ce créneau depuis, mais Bright Falls a vraiment son mot à dire sur tout ce qui concerne la gestion des ombres et des lumières, ainsi que les effets de brouillard, de particules et d'explosion. Globalement, on peut dire que les développeurs ont réussi à retranscrire avec brio l'ambiance unique d'une ville perdue au cœur des montagnes américaines. Concernant les défauts, car il y en a, on regrette la tendance au tearing de certains passages, ainsi que le retard à l'affichage de certaines textures. La copie est en revanche proche de la perfection du côté de la bande-sonore. Alan Wake se dote de musiques entrainantes que l'on aime réécouter et de bruitages suffisamment crédibles et variés. Le jeu de Remedy Entertainment possède par ailleurs de très nombreux dialogues, émissions de radio et de télévision, tous intégralement doublés en français. Les acteurs sont justes la plupart du temps et leurs voix collent vraiment bien avec les personnages en pixel. Tout ce qu'il faut pour passer un super moment en jouant à Alan Wake.
Xzyl, le 11.05.2010
![]() 8/10
Une chose est sûre, Alan Wake montre une fois encore toute la maîtrise de Remedy Entertainment en matière d'ambiance, de mise en scène et de narration. Des ingrédients tellement bien maîtrisés qu'ils suffisent à éclipser le gameplay un poil trop classique du titre et son manque de variété. Alan Wake est avant tout une aventure exclusivement solo comme on en fait de moins en moins sur console, avec certes une linéarité qui pourra en décevoir certains, mais aussi un périple d'une dizaine d'heures vraiment passionnant. Techniquement, le jeu s'en sort bien avec de grands espaces, une excellente gestion de la lumière et un moteur physique bien fichu. On apprécie également le jeu pour sa bande-son et ses doublages français, ce qui est loin d'être négligeable pour une œuvre qui cherche à happer le joueur. Très bon mais pas parfait, Alan Wake est sans aucun doute l'une des meilleures expériences solo de cette année.
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