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Edité par Bethesda Softworks, à qui l’on doit notamment la série des Elder Scrolls, et développé par Artificial Mind + Movement, WET est attendu comme l’un des grands jeu de la rentrée. Campagne de pub bien réglée et promotion alléchante, tout est fait pour appâter le chaland et lui faire miroiter la promesse d’un grand moment vidéoludique dans un univers « Tarantinesque ». Quelques heures de jeu et quelques coups de Katana distribués plus tard, place au verdict.
Franchir le Ruby conWET place le joueur dans le jean ultra moulant de la belle mais vulgaire Ruby Malone. Le jeu débute par une réunion entre deux protagonistes et leurs hommes de mains. Ceux-ci s’échangent une mallette contre de l’argent avant que l’un des participants ne tue l’autre pour s’enfuir avec le pognon et le sac mystère. C’est ce moment que choisit Ruby pour arriver bien décidée à s’approprier l’argent et le contenu secret de la fameuse mallette. Une fois cette mission accomplie, un an s’écoule et Ruby est contactée par un mafieux désireux de récupérer son fils devenu bad boy professionnel en Chine. L’occasion de poser les bases d’un scénario très inspiré par la vengeance, la trahison et l’humour cynique mais surtout par l’œuvre cinématographique du maître du genre, le sieur Tarantino. De nombreuses choses lui sont d’ailleurs empruntées, de l’armement de Ruby (pistolet et katana), en passant par la présentation stylée des personnages, la construction de la narration à coups d’ellipses temporelles, les mouvements de caméra et ses gros plans sur les visages ainsi que la bande-son très 70’s. WET apparaît dès lors comme une sorte d’ode au cinéma du genre, avec une galerie de personnages bien corsés et des répliques assez cinglantes. Malheureusement, derrière tout cela, de nombreuses imperfections font que l’ambiance installée par les cinématiques et la mise en scène ne séduisent pas plus que cela. La minceur de la trame, le manque d’originalité et la réalisation technique empêchent de s’immerger totalement dans le jeu. TPS : Techniquement Pas Super…WET s’avère être bien en retard au niveau technique. En comparaison avec un soft similaire plus daté, Stranglehold pour ne pas le nommer, WET fait pâle figure et affiche des textures moches et peu travaillées. Les environnements sont ainsi délaissés et très grossièrement représentés. Cela n’aide pas le level design désespérément linéaire. L’animation n’est pas non plus particulièrement bluffante et le jeu souffre en plus de très nombreux bugs déplorables dans une production actuelle comme des collisions ratées, des ennemis rentrant dans les murs ou des objets flottants dans les airs. Pour couronner le tout, la caméra pose quelque fois de gros problèmes. La musique est le vrai point fort de WET. Rythmés et collants parfaitement à l’action, les morceaux choisis s’inscrivent dans l’ambiance particulière du jeu. Il n’est malheureusement pas possible d’en dire autant du doublage qui, s’il s’en sort un peu en VO, n’est pas franchement convaincant en version française. De plus, et sans doute pour marquer le caractère de bad girl de Ruby, les développeurs ont cru bon de mettre dans sa bouche tout un tas d’obscénité alors qu’elle aurait pu être remplie de choses beaucoup plus intéressantes ou au moins amusantes. Un vocabulaire à faire rougir un charretier qui n’apporte rien ni au personnage de Ruby, ni même au jeu. Tueries, tu pleuresQu’en est-il du gameplay ? Celui-ci s’axe autour de combos que Ruby peut apprendre au fur et à mesure de l’aventure. Enfin, apprendre n’est pas véritablement le bon terme à employer puisqu’il faut acheter ces techniques grâce aux points d’expérience glanés lors des combats. Le système de gain de points est d’ailleurs comparable à celui du pas très folichon The Club où chaque mort rapporte des points, ceux-ci variant en fonction de la manière d’exécuter l’adversaire. Enchaîner les tueries sans s’arrêter ou ramasser des bonus font augmenter un multiplicateur qui gonfle le score d’autant. Très simples et intuitifs, les combats sont très jouissifs, brutaux et rapides. Ruby est très classe et sait réaliser des mouvements dignes d’un Max Payne, ce qui a d’ailleurs pour effet de déclencher un bullet time permettant de cibler deux ennemis à la fois. Cependant, la trop grande répétitivité des actions, le manque global d’originalité et le brouillon des affrontements, problèmes de caméra en tête, rendent ces confrontations lassantes à la longue. D’autant plus que la construction des niveaux est toujours la même : un couloir, des adversaires, une arène avec des ennemis à tuer et des entrées à condamner, puis de nouveaux couloirs avec un peu d’escalade, re-arène, re-couloir, re-boss, le tout avec une IA déplorable. De temps à autre, une scène scriptée de poursuite en voitures complètement invraisemblable ou des séquences dans lesquelles Ruby rentre dans une folie sanguinaire viennent casser la monotonie de l’action. Ces dernières scènes tendent d’ailleurs vers un style graphique qui n’est pas sans rappeler MadWorld ou les productions de Suda 51. Mais rien de bien efficace et de très probant, le jeu restant très convenu et semblable sur la forme pendant toute la durée de l’aventure. Et ce n’est pas la visite du repère de la belle ou les défis à débloquer en son sein (au repère), qui viendront relancer l’intérêt d’un soft qui finalement souffre de la comparaison avec le titre de Midway précédemment évoqué. D’autant plus qu’aucun mode multijoueur ne vient prolonger la durée de vie.
Lestat, le 21.09.2009
![]() 4/10
Ne pas investir dans le premier jeu venu au cours de cette rentrée vidéoludique chargée, c’est le raisonnement à avoir face à WET. Le soft d’Artificial Mind + Movement est une déception malgré quelques beaux atouts, dont une mise en scène efficace à première vue. Cependant, pour moins cher maintenant et dans le même style, Stranglehold reste bien plus péchu et efficace, tant d’un point de vue technique que du côté de l’action. En somme, WET se place comme un titre à ne pas payer Ruby sur l’ongle mais que les amateurs du genre pourront découvrir en occasion.
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| Prix lancement | : 59,99€ - Voir le prix actuel |
| Format | : DVD |
| Localisation | : Version française intégrale |