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Rico Rodriguez est de retour. Près de quatre ans après avoir fait un malheur à San Esperito, voilà que l'agent secret le plus fantaisiste du jeu vidéo revient pour de nouvelles aventures sur nos consoles et PC. Sans surprise, les développeurs suédois d'Avalanche Studios reprennent largement la recette qui avait fait mouche en 2006, tout en l'améliorant par touches. Mais que les fans se rassurent, il est toujours question dans Just Cause 2 de cascades plus improbables les unes que les autres.
Rico ReloadedJust Cause 2, comme son ainé, c'est avant tout une histoire d'archipel paradisiaque. Le rendez-vous est donc donné cette fois-ci à Panao, un ensemble d'îles imaginaires situées en plein cœur des mers turquoises d'Asie. Seulement voilà, passé le paysage carte postale, premier couac pour le jeu d'Avalanche Studios. Mise en scène bancale, dialogues dignes d'un nanar de série B, doublages horribles, on ne peut pas dire que Just Cause 2 accueille le joueur dans les meilleures conditions. On retrouve en fait l'un des gros défauts du premier épisode, avec toujours une histoire qui sert plus d'excuse que de véritable scénario. Clairement pas le point fort du jeu, la trame de ce second opus est en plus desservie par une importance un peu trop extrême du Chaos. Concrètement, le joueur doit remplir des missions secondaires ou détruire des éléments de Panao pour remplir diverses jauges, qui débloquent de nouvelles armes mais aussi les prochaines missions qui feront avancer l'histoire. C'est un choix délibéré des développeurs donc, mais qui peut se révéler frustrant pour le joueur souhaitant juste faire avancer l'histoire. C'est à croire que les services secrets américains ont tout leur temps pour mener à bien leur mission, entre deux téquilas frappées au bar du coin et une petite séance de chute libre. Au sujet des missions d'ailleurs, on retrouve tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un jeu ouvert de nos jours. Les missions principales, celles que donnent l'Agence, alternent les objectifs (récupérer tels objets, sécuriser telle base, etc.), avec toujours un prétexte pour en mettre plein la tronche aux ennemis. On retrouve également une myriade de missions secondaires, allant des missions de factions (pour gagner de précieux renseignements auprès des terroristes du coin) inévitables pour le joueur, ou les missions presque tierces comme du contre-la-montre à bord de véhicules (deux roues, quatre roues, bateaux, avions, hélicoptères), quant à elles totalement facultatives. Un beau melting-pot qui donne une excellente durée de vie à Just Cause 2 puisqu'il faut une vingtaine d'heures pour boucler l'aventure, tout en sachant qu'on a tendance à faire tout et n'importe quoi en marge de nos objectifs et donc à y passer de très nombreuses heures. L'île de la tentationS'il ne brille pas par l'intensité de sa narration, Just Cause 2 en met en revanche plein les yeux avec son immense terrain de jeu et ses nombreuses possibilités de cascades. Panao est véritablement gigantesque, avec des kilomètres et des kilomètres de routes, de mer, de montagnes, de déserts, de villes et des villages. Beaucoup plus varié que son ainé, ce deuxième épisode se montre vraiment bluffant de ce point de vue là. Car en plus de cela, la technique suit plutôt bien les envies gargantuesques des développeurs. Énorme profondeur de champ, peu de baisses de frame rate, textures convaincantes, éléments destructibles (assez limités, hélas), on ne peut pas reprocher grand chose à cet égard. On aurait en revanche fortement apprécié que les processeurs soient un peu plus sollicités dans la gestion de l'IA ennemie, malheureusement catastrophique la plupart du temps. Il n'est ainsi pas rare d'affronter des ennemis qui restent plantés en attendant la mort, tandis que d'autres ne bougent jamais le petit doigt pour venir déloger le joueur de sa planque. À ce titre, on regrette d'ailleurs que Just Cause 2 n'offre aucune gestion de la couverture, chose pourtant de plus en plus indispensable à l'heure actuelle. À la place, le jeu d'Avalanche Studios se rattrape avec son célèbre duo grappin/parachute. Un duo qui fait une nouvelle fois un malheur, pour notre plus grand plaisir. Il est ainsi toujours possible de s'accrocher à tous les bâtiments, d'ouvrir son parachute pour prendre rapidement de l'altitude et même d'accrocher un ennemi pour le ramener vers soi ou pour le scotcher momentanément contre un mur. La prise en main, de manière générale, nécessite un peu de pratique avant d'arriver à vraiment tout dompter (ne serait-ce que parce que chaque véhicule à un comportement unique), mais globalement c'est du tout bon pour ce second opus. Un point qui a donc été amélioré par rapport à Just Cause, mais tout en gardant la folie qu'on lui connaissait. On se délecte de pouvoir une nouvelle fois monter en position de cascade sur tous les véhicules (avions compris) ou de piquer un hélicoptère en plein vol, sans avoir à se soucier de finir en petits morceaux. Pas de prise de tête en jouant à Just Cause 2 et c'est avec bonheur que l'on laisse libre court à notre imagination. Le jeu n'est pas pour autant une promenade de santé et, bien que l'IA ne soit pas un modèle du genre, il faudra faire attention à ne pas faire dégringoler la barre de vie de Rico trop vite. Tout ce qu'il faut pour ne pas être lassé trop rapidement en somme.
Xzyl, le 31.03.2010
![]() 7/10
S'il ne plaira pas à tout le monde à cause de sa mise en scène ratée et de ses défauts omniprésents (IA à la ramasse, déroulement parfois confus), force est de constater que Just Cause 2 améliore avec brio la série. Grâce à un archipel encore plus beau et surtout plus varié, toujours autant de folies offertes aux joueurs et un bon paquet d'objectifs à remplir, les fans du genre en auront pour leur argent. Du challenge, du plaisir, le tout dans un monde immense riche en possibilités, Just Cause 2 remplit l'essentiel de son contrat de belle manière.
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