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Silent Hill Homecoming : le changement dans la douceur
fleche  Publié le 09.04.2009, à 11:43 par - Ludo -

http://silver.slug.free.fr/blog_wid/SilentHillH/cover.jpgMême si elle s'est montrée irrégulière en termes de qualité depuis l'inégalable second épisode, il faut reconnaitre que la série des Silent Hill reste la véritable ambassadrice de l'horreur et de l'angoisse sur console. Et ce n'est pas le récent changement d'orientation pris  par Resident Evil, qui me contredira. Alors, après un Dead Space ayant clôturé l'année 2008 en fanfare, l'horreur sera-t-elle de nouveau à son apogée en 2009, avec le premier Silent Hill sur cette génération de console ? A l'heure où Konami peine à convaincre sur les consoles nouvelle génération, Homecoming arrive à point nommé. Une licence de renom, une réalisation qui a toujours su convaincre, bref, voilà de quoi donner envie de se plonger dans cette nouvelle aventure. Et même si nous autres, pauvres européens avons du attendre 6 mois depuis la sortie US, on ne boudera pas notre plaisir de retrouver, enfin, les infirmières les plus dérangées de l'histoire du jeu vidéo


http://silver.slug.free.fr/blog_wid/SilentHillH/test.jpgLe Silent Hill nouveau est arrivé
Exit donc la Team Silent. La première grande nouveauté de ce Silent Hill, c'est de ne pas être développé par l'équipe que l'on a connu jusque là. Cette fois-ci, direction l'ouest, pour un développement entièrement américain effectué par le studio de Double Helix. Inutile de crier au scandale: l'excellent opus PSP, développé par Climax, a déjà prouvé qu'un développement externe n'était pas forcément synonyme de raté. Et d'un point de vue purement fonctionnel, il faut bien avouer que les petits gars de chez Double Helix ont fait du bon boulot: garder l'esprit de Silent Hill tout en lui injectant un peu de renouveau. Au niveau des grandes nouveautés on a donc, enfin, le droit à une caméra libre que vous pourrez orienter à votre guise via le stick droit. Un grand classique depuis de nombreuses années, mais une grande nouveauté pour Silent Hill. Mieux vaut tard que jamais.

Toujours au rang des grandes nouveautés, Silent Hill: Homecoming se dote d'un système de combat bien plus évolué que celui de ses prédécesseurs. Exit donc les persos avec deux mains gauches, un balai dans l'cul et ne sachant pas se battre, ainsi que les combats tournant systématiquement à votre désavantage. Pour les armes de mêlée, vous avez maintenant le choix entre les coups rapides et légers (A), les coups lents et violents (X), et la parade (B). La parade, c'est d'ailleurs le point central des combats de ce nouvel épisode. Il vous faudra prendre le temps de bien apprendre à l'utiliser en fonction des adversaires que vous pourrez rencontrer. Sans maitrise de la parade, point de salut. Si une fois maitrisée, elle vous permettra de prendre un avantage indéniable lors des combats, il vous sera très couteux de chercher à vaincre vos adversaires sans esquiver leurs attaques. Car la contrepartie de ce nouveau système de combat, c'est que les ennemis sont un peu plus véloces que ceux que l'on a pu connaitre jusque là dans la série. Même si l'IA reste à revoir sur certains points, les combats prennent une tout autre dimension dans ce nouvel opus. Et n'espérez pas défourailler tout ce petit monde à grand coup de fusil à  pompe en pleine tête (il faudrait déjà la trouver la tête sur ces horreurs), car sur ce point, on est bien dans un Silent Hill : peu de munitions, et les rares que vous pourrez trouver vous seront très utiles contre les boss. A noter enfin que, notre cher Alex peut très bien se déplacer en tirant, lui ! (Chris si tu me lis, ce message est pour toi....)

Pour le reste, on reste dans le classique avec les icônes emblématiques de la série : lampe torche, radio parasitée à l'approche d'un monstre, boisson de santé, puzzle en tout genre, bref, de quoi donner quelques points de repères aux fans de la série qui apprécieront de retrouver leur petit dans ce nouvel opus.

Dans la pénombre, Joshua s'en est allé
C'est donc avec ce gameplay renouvelé que vous êtes lancés dans l'antre de la folie. Et le mot est faible, puisque dès le début du jeu, vous êtes confrontés aux horreurs de Silent Hill. Aux commandes d'Alex Sheperd, un militaire, vous retournez chez vous après un séjour à l'hôpital suite à des blessures de guerre. Un repos relativement bien mérité. Seulement, à votre arrivée, vous allez vite déchanter. Dans la petite bourgade natale de Shepherd’s Glen tout et tout le monde est en train de sombrer dans la démence. La ville semble avoir été secouée par un tremblement de terre, et les rares survivants que vous croisez se comportent de manière étrange. Et le fait que votre bourgade soit voisine de Silent Hill, n'y est surement pas pour rien. Le vrai point de départ du scénario prendra place lors de la rencontre avec votre mère, complètement catatonique, qui vous expliquera que Josh, votre petit frère, a disparu. En bon fils que vous faites, vous partez donc à sa recherche, et promettez à votre mère de le ramener saint et sauf.

Comme à l'accoutumée dans un Silent Hill, le scénario comporte son lot de révélations, de rebondissements et de détails révélateurs. Là dessus il est important de souligner que le travail des développeurs a été plutôt soigné. Si vous prenez le temps de lire les livres, de suivre les dialogues et d'analyser tout ce que vous voyez, vous vous rendrez alors compte que l'ensemble offre une cohérence remarquable, laissant peu de place au vide. Il est, par exemple, intéressant de voir que chaque monstre représente quelque chose de bien précis, et que les difformités apparentes cachent en fait un aspect particulier du passé d'Alex, ou des protagonistes. Chaque boss notamment, est la véritable incarnation du mal qui ronge la ou les personnes impliquées. Un bon point donc, surtout que ce genre de cohérence immerge totalement le joueur dans cet univers complètement dérangé. Double Helix ayant eu l'excellente idée de masquer les succès à spoiler, ce n'est donc pas moi qui vous révèlerai quoique ce soit de l'histoire. A vous de vous plonger dans ce passé trouble pour en savoir d'avantage.

Une technique pénalisante
Malheureusement, il est inévitable d'en arriver au gros point noir du jeu : techniquement le soft est complètement dépassé. Il ne faut pas se leurrer, ça pourrait tourner, en l'état, sur PS2 sans le moindre problème. Des animations faciales ridicules, une modélisation des visages à la limite du mauvais, des textures allant du passable au parfois hideux, dénotent complètement avec la mise en scène du soft qui se veut relativement soignée. Chaque pièce, chaque lieu est imprégnée de cette ambiance si particulière à la série : c'est glauque, crade, malsain, sombre. Tellement sombre d'ailleurs, qu'il n'est pas rare de ne rien voir du tout, même avec la lampe torche. La faute à un éclairage totalement non maitrisé. Il est vraiment dommage que le soft n'ait pas fait l'objet de plus d'attention de la part du studio. D'une scène à l'autre on passe souvent du vraiment sympathique avec une lampe torche qui éclaire de manière cohérente et juste, pour enchainer sur un passage totalement sombre, sans visibilité sans que l'on comprenne pourquoi. Et même si le grain 'film usagé' si cher à Silent Hill 2 permet de masquer ces défauts (tout en ajoutant une touche vraiment glauque à l'ensemble), il ne cache pas toute cette misère technique. Si Konami a du mal avec le passage à la nouvelle génération de console, c'est incompréhensible de la part d'un studio comme Double Helix, de ne pas avoir pris le temps de soigner l'esthétique de son bébé. Un peu comme il est incompréhensible de voir qu'il est impossible d'inverser la caméra dans le jeu, alors que les options le proposent. Un bug qui n'est toujours pas corrigé à l'heure actuelle, et qui démontre un certain manque de sérieux dans la finition.

Une finition bâclée que l'on retrouve également au niveau des expressions et des dialogues durant le jeu. Alors qu'un certain James Sunderland était constamment surpris lorsqu'il rencontrait une des créatures de Silent Hill, notre bon vieux Alex lui, ne s'en étonne point. Je trouve dommage, par exemple, lorsque l'on rencontre les premières horreurs de la ville, de voir notre héros sans aucune réaction. D'une manière générale, les personnages manquent de charisme et de personnalité. On a vraiment la sensation de diriger une marionnette qui interagit avec le décor, mais pour laquelle les évènements extérieurs sont totalement normaux. Retourner dans sa ville natale et se heurter à une route complètement éventrée semble tout à fait courant, tout comme la rencontre avec un Lurker dans le garage familial. A priori, pour les Sheperd, c'est aussi évident que de faire un barbecue. Un défaut qui pourrait très facilement être corrigé avec de toutes petites cut-scène supplémentaires et/ou des monologues laissant apparaitre les sentiments du héros sur le moment. Bref, un peu de finition quoi, histoire de peaufiner tout ça.







So What ?
Pad en main, le jeu terminé, les crédits défilent à l'écran. Aucun doute possible: j'ai aimé ce Silent Hill. D'une part parce que l'histoire se tient, et qu'elle est de la trempe de ses pères: tortueuse, malsaine, sans concession. Même si certains diront que c'est encore la même chose (et c'est vrai), il faut avouer que cette histoire se tient et qu'elle est très bien amenée. La multitude de détails disponibles tout au long de l'aventure permet, petit à petit, d'effacer chaque zone d'ombre sur les protagonistes, sur leur passé et les raisons de leur démence. L'ambiance sonore, bien que perfectible (on est relativement loin de la BO de Silent Hill 2 de Akira Yamaoka), vient s'ajouter à la liste des points positifs du bébé de Double Helix, tout comme le gameplay rénové avec brio qui, sans transformer Silent Hill en un vulgaire jeu de shoot (tu es toujours là Chris ?), dynamise complètement l'aventure.

Mais le tableau peint par Homecoming est loin, très loin de la perfection. La faute à une technique à la rue, qui démonte presque tout le travail de l'équipe de design. Je n'ose imaginer ce qu'auraient pu donner les salles de torture si les textures et l'éclairage avaient été mieux travaillés. Alors que chaque pièce regorge de détails renforçant l'aspect dérangé, les couleurs qui bavent et la lumière qui est gérée n'importe comment nuit à la perfection de l'ensemble. Et c'est bien là le gros problème, car pour un Silent Hill, les émotions passent aussi par le visuel. Sur ce point là, il reste beaucoup à faire.

Si on ne s'ennuie pas une minute durant l'aventure, on est alors partagé une fois le jeu terminé. Parce qu'il faut reconnaitre que Double Helix a su donner une seconde jeunesse à la licence, sans pour autant la dénaturer, ce qui est un excellent point. Mais il faut aussi être réaliste, et avouer que le soft se contente parfois du strict minimum en terme de réalisation technique, alors que les possibilités du matériel d'aujourd'hui permettent beaucoup plus. Alors messieurs, maintenant que vous avez rénové l'intérieur, il est grand temps de passer un petit coup de neuf sur l'emballage : demandez à Chris. Au moins sur l'esthétique, lui a réussi son pari.

Verdict : 7/10




Xbox 360 - Silent Hill : Homecoming  


Votes (4)

Alta, Didaug26, Matth, Mysterious



COMMENTAIRES (6)
fleche Nicolas, Jeudi 09 Avril 13:14
Bon test et sympa la mise en page (je me demandais comme t'a fait pour bien mettre les images comme ça et la réponse c'est que ta fait un jpg de toutes, petite ruse :)). Sinon le jeu, en tant que fan de la série, j'espère me le faire d'ici quelques semaines car il m'attire malgré les critiques.
fleche - Ludo -, Jeudi 09 Avril 13:40
Nicolas wrote:
je me demandais comme t'a fait pour bien mettre les images comme ça et la réponse c'est que ta fait un jpg de toutes, petite ruse :)


J'ai essayé de les aligner sans succès effectivement, alors l'idée du gros jpg m'a semblé la meilleure solution. On fait c'qu'on peut :happy2:

Si tu es fan de la série je pense que, tout comme moi, il te plaira. On pardonne plus facilement ses défauts, même si je t'avoue que si 6 il y a, ils ont intérêt de bosser :dead:

fleche Druzzil, Jeudi 09 Avril 14:50
Merci pour ce test Ludo!!! Agréable à Lire avec plein d'humour et tout et tout!

On en avait déjà parlé sur le Live, mais d'avoir lu ces lignes, je crois que je me laisserai bien tenter quand j'aurai terminé Dead Space!

A ce soir (Left4dead coop).
fleche Didaug26, Jeudi 09 Avril 15:59
Excellent test !! je crois que je vais bientôt me le faire !!
fleche Nicolas, Jeudi 09 Avril 19:53
Je ne sais pas si le 6 est déjà prévu mais pas de nouvelles de la Silent Team depuis 5 ans, soit elle a été dissolue et réintégrée dans des branches de Konami, soit elle prépare un projet qui tue vraiment !
fleche IN-gamE, Jeudi 09 Avril 22:10
Ohh moi aussi je vais me le faire lol bon test

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