
Publié le 03.11.2011, à 21:37 par Kurutchin
Les films qui rendent heureux, c’est rare de nos jours. Globalement, les films que l’on voit cherchent avant tout à divertir, ou à émouvoir, mais plus en faisant monter la tristesse que le bonheur. Mais des films qui ont pour vocation de faire sourire dans le premier sens du terme, c’est peu fréquent. J’en ai bien quelques-uns en tête, dont le génial Be Happy, mais il faut creuser un peu pour en trouver d’autre. C’est là que Restless intervient.
Quand Gus Van Sant annonce un film, généralement, on se met à l’attendre. Il faut dire que le bonhomme est à l’origine de Will Hunting, Last Days ou Elephant. En gros, c’est pas n’importe qui ! Restless est donc son dernier film en date, et il a choisi pour celui-ci de traiter un sujet que l’on qualifiera de difficile, dans le sens où c’est déprimant plutôt qu’autre chose : la maladie et la mort. Déprimant, et pourtant…

Depuis le tragique accident qui a tué ses deux parents, Enoch, joué par Henry Hopper, vit un peu à part. Son seul ami est un fantôme de kamikaze Japonais et son trip est de se rendre à l’improviste dans des enterrements. Avouez qu’on a connu moins louche ! De l’autre côté, on a Annabel, interprétée par Mia Wasikowska, jeune fille atteinte d’un cancer, et condamnée à mourir dans peu de temps. Elle est fascinée par la vie et voue un véritable culte à Darwin et sa théorie sur l’évolution. Lorsque ces deux esprits complètement opposés se rencontrent, ça fait tilt, et une certaine complicité naît directement entre eux. C’est ainsi que débute Restless. Contrairement à beaucoup d’autres réalisateurs qui auraient passé deux heures pour présenter les personnages avant de les faire se rencontrer, Gus Van Sant met en scène leur rencontre dès le début du film, peu commune d’ailleurs, puisque c’est dans un enterrement qu’ils vont commencer à se parler. Dans des histoires d’amour à l’eau de rose, ça aurait donné : « Oh désolé, nos chiens ont emmêlé nos laisses, tu veux aller boire un café ? » ou d’autres joyeusetés bien fleurs bleues. Des classiques quoi.

Là non, puisque la première rencontre n’est pas concluante, Annabel étant plutôt intriguée par ce jeune homme gêné qui s’incruste. C’est en se voyant une seconde fois qu’ils vont commencer à se lier d’amitié, suite à un coup de main de la jeune fille. Bref la rencontre est simple, la relation se pose lentement, le réalisateur prend son temps, et c’est très agréable à regarder. On voit leurs sentiments évoluer au fur et à mesure, jusqu’au moment où les choses deviennent sérieuses. Pas la peine de vous faire un dessin. D’ailleurs, la scène où Enoch et Anabel s’embrassent pour la première fois est franchement belle, vu qu’elle est crédible. C’est léger, un peu hésitant, naturel quoi. A travers certains passages, on sent que le réalisateur aime la jeunesse, dans sa façon de filmer et de mettre en scène des adolescents ou de jeunes adultes. Il l’a déjà prouvé avec ses précédentes réalisations. Son approche de la jeunesse diffère néanmoins d’autres réalisateurs comme Larry Clarke. Les deux écoles sont assez différentes, bien qu’elles utilisent des sujets similaires. L’un filme avec pudeur, et traite son sujet avec une sensibilité évidente, alors que l’autre va plus loin, et ne se gêne pas dans les images qu’il montre (Il suffit de regarder Ken Park pour s’en convaincre).

Le film se résume donc à l’évolution de la relation entre deux êtres que tout oppose, tout en proposant une réflexion sur la mort, ou en tout cas, comment s’y préparer. Cela peut paraître pessimiste dit comme ça, mais encore une fois, Gus Van Sant procède à sa façon. Annabel se sachant condamnée, elle va chercher avec Enoch à vivre au mieux ses derniers instants, jusqu’à influer le jeune homme sur sa vision des choses. Il est bien sûr question de l’acceptation de la mort, du deuil. Avant cela, le jeune couple va rencontrer quelques obstacles, Enoch n’étant pas prêt à voir partir la jeune femme. On suit donc le couple dans ses plus beaux instants, et dans tout ce qu’il a de plus singulier. En parallèle on retrouve la petite histoire du kamikaze Japonais, qui nous offre une des plus belles citations que j’ai pu entendre à la fin du film. Quand on y pense bien, il n’y a pas grand-chose à dire sur l’histoire même du film. Le tout peut paraître un peu naïf, on est dans une romance assez jeune après tout, et le but du réalisateur n’était clairement pas le même que celui de Blue Valentine par exemple. C’est naïf, sans être niais, et poétique, sans être pompeux.

Gus Van Sant a trouvé un parfait équilibre au niveau de la narration et du dosage des émotions. C’est ce qui donne à Restless tout son charme. D’autant plus que le réalisateur sait mettre en scène, et ça se voit. Certains plans sont superbes, et on décèle facilement une certaine proximité avec les protagonistes, ce qui les rend d’autant plus attachants. Au niveau du jeu des acteurs, encore une fois c’est impeccable. Je me souviens l’avoir découverte avec Alice, et je l’avais trouvée un peu effacée du film, par l’acteur insupportable du moment, le fameux Johnny Depp. Ici en revanche, elle crève l’écran (Puis elle enterre environ 90% des autres actrices avec ses cheveux courts). Mais la révélation du film, c’est bel et bien le fils de Dennis Hopper, qui joue son rôle de « marginal » à merveille. La bande-son quant à elle se révèle excellente, en parfait accord avec les images qui passent. Elle contribue à rendre le film positif, en dépit du sujet de départ assez casse-gueule.

Gros coup de cœur donc pour Restless, probablement le plus beau de cette année 2011. C’est le genre de films qui parvient à te faire sourire malgré tout, à te donner envie de voir des choses, de vivre, d’aimer, de ressentir. C’est indescriptible en fait, mais foutrement marquant ! J’ai de la peine pour ceux et celles qui sont passés à côté du film et deviendront hystériques quand ils iront voir Bella et son vampire dans quinze jours…
P.S: C'est pas évident d'écrire des articles sur des films pareils.
Publié le 02.11.2011, à 15:08 par Kurutchin
De temps en temps, on manque d’idées pour des jeux. Des périodes creuses en fait, et quand on tient un blog d’avis sur des jeux, c’est gênant. En ce moment, c’est mon cas. J’ai des articles de films sur le feu, et d’autres en réserve, mais je suis en manque d’articles sur des jeux. Alors je me suis dit « Tiens, on va faire un article sur un jeu commun, banal, et dont tout le monde se fout un peu ». Et du coup, le voilà cet article.
Et j’ai choisi DiRT 3. Pourquoi ? J’en sais rien. Comme j’y joue pas mal en ce moment, et qu’il y a pas grand-chose de particulier à dire dessus, j’ai pensé que ça ferait un article facile, pas trop indigeste, qui comblerait le vide de la semaine. Sauf que, faire des articles sur des jeux de course, franchement quoi. Quelle mouche m’a piqué ? Ne vous étonnez donc pas si le texte qui suivra a l’air un peu cheap, comme si il était rédigé par un néophyte…

Ça commence très mal en fait. D’ordinaire, je mets le scénario en premier. En tout cas la plupart du temps. Sauf que là, je suis un peu bloqué. Pas de chevaliers qui sauvent des princesses, pas de dictateurs à éradiquer, pas de Piñatas à élever, pas de complots dans une maison de production de films pornos à déjouer. Bref, rien, nada. Juste des pilotes, qui font la course pour gagner des trophées et de la renommée. Il faut dire que les jeux de course scénarisés, ça ne court pas vraiment les rues. En tête j’en ai deux : TOCA 2 et Cars (Ouais je sais…). Bref, revenons à notre DiRT 3. Comme je l’ai dit plus haut, le but est de faire des courses et d’enchaîner les compétitions. La première chose qui frappe, et différencie DiRT 3 de son prédécesseur, c’est l’immersion. Mais attention, je ne parle pas des phases en jeu, mais bel et bien de l’habillage au niveau des menus. Là où DiRT 2 proposait une caravane en guise d’interface, dans laquelle on pouvait se déplacer (C’est un bien grand mot), le troisième opus revient à quelque chose de plus classique, avec un menu traditionnel. Bon, il faut l’avouer, l’immersion est grandement touchée, mais la nouvelle esthétique a de la gueule, avec des voitures au ralenti en fond, qui font des pyramides quand elles dérapent. Je tiens à préciser que les développeurs n’ont rien fumé pour imaginer le coup des pyramides.

On retrouve dans ce nouveau menu les modes classiques, à savoir le DiRT Tour, les modes multi et la course rapide. On va oublier les deux derniers pour se concentrer sur le mode principal. Non pas qu’ils soient mauvais, mais les quelques fois où j’ai voulu essayer le multi, il n’y avait personne. Et il n’y a rien à dire sur les contre la montre. Le DiRT Tour se présente sous la forme de quatre pyramides (Ouais, encore) représentant chacune une saison. Chaque saison comprend quatre championnats : trois qui serviront de qualifications pour le quatrième, la finale. Dans chaque championnats, il faut bien sûr finir différents types d’épreuves, allant des rallyes de base, aux face-à-face, en passant par du Gymkhana. Les habitués de DiRT 2 ne seront pas dépaysés, les principales features du précédent titre sont présentes. En fait, on pourrait presque assimiler ce DiRT 3 à une copie du précédent, mais non, quelques changements autres qu’esthétiques ont eu lieu. Le Gymkhana apparaît. C’est une discipline particulièrement appréciée de Ken Block, qui consiste à faire des figures comme des drifts, des sauts, des donutes sur un terrain de jeu « libre ».

En revanche, et c’est là un des points faibles du titre, le mode DiRT a été simplifié au possible. Là où dans le deuxième on gagnait des points de réputation et de l’argent à la fin des courses, ici on ne gagne plus que de la réputation. On n’achète plus de voitures, le garage se remplit automatiquement en montant des niveaux. C’est étonnant puisque la généralement, les développeurs cherchent à enrichir les jeux, quitte à les rendre assez fouillis et complexe, en multipliant les choses à gérer. Là non, Codemasters fait une sorte de bond dans le temps, et revient à quelque chose de très classique. Remarque, j’ai dit point faible, mais qui n’a pas trouvé chiant le système dans le 2 ? A chaque fois il fallait acheter 3 ou 4 fois un véhicule, ou en tout cas l’upgrader pour passer différentes séries d’épreuves, c’était assez contraignant. Dans un sens, c’est un choix pas si con que ça. Mais ça reste une légère régression de la part du studio Anglais. Je parlais tout à l’heure de quatre pyramides, mais une cinquième viendra s’ajouter après avoir terminé la première saison.

Il s’agit en fait du DC Compound, une aire de jeu libre dans laquelle il faudra remplir 80 missions. Casser des objets, faire des tonneaux, drifter sous des bateaux, bref il y a de quoi faire. Ce terrain permet en fait de pousser un peu plus loin le côté Gymkhana du titre, puisque sont les figures issues de ce mode qui seront demandées. C’est un ajout sympa, anecdotique mais relativement agréable entre deux courses. Bon par contre, c’est très rapidement torché, pour dire d’avoir les succès et basta. Maintenant que c’est fini pour le contenu, passons à la conduite ! Et là on est en terrain connu, DiRT 3 reste un bon DiRT. Les développeurs ont préservé l’équilibre qu’ils avaient trouvé entre arcade et simu, le pilotage se révélant même un peu plus fin qu’auparavant, et notamment lorsque l’on désactive les aides. Comme je suis mauvais, je laisse généralement deux aides activées, parce que bloquer mes roues avant un virage ça m’emmerde pas mal. La conduite se révèle tout de même fluide et plutôt rapide. Codemasters a rajouté les conditions météorologiques ainsi qu’un nouveau type de surface, la neige. Fondamentalement, ça ne bouleverse pas les sensations de jeu, mais à 8 sur une surface blanche, avec toutes les projections des concurrents, c’est vite bordélique !

En ce qui concerne la technique, même si le jeu reste très joli, on sent que l’EGO Engine atteint ses limites, notamment sur les effets météo. Le rendu de la pluie est particulièrement raté. En vue cockpit, elle se matérialise par des espèces de taches transparentes et statiques sur le pare-brise, et dans les autres vues, elles restent aussi immobiles. Je rappelle qu’en 2007, Bizarre nous proposait un titre dans lequel les gouttes d’eau ruisselaient, avec une pluie réellement bien rendue, et modifiant vraiment la conduite. Codemasters, la prochaine fois, inspirez-vous de PGR ! Sinon c’est correct, les effets de lumière en jettent et les couleurs pètent. Peu d’évolutions de ce côté-là. Enfin, concernant la bande-son, le bruit des différents moteurs est pas mal, et la tracklist s’avère plus électro que celle du second, pour mieux coller à l’esthétique du jeu. Personnellement, j’ai préféré celle du deux, plus variée tout de même, mais après, chacun ses goûts !

Comme on pouvait s’y attendre, Codemasters ne réinvente pas le jeu de courses. C’est classique, accessible, mais fun et ça tient la route techniquement. Espérons que le prochain titre apportera plus à la licence que ce DiRT 3 un peu paresseux !
Publié le 28.10.2011, à 17:20 par Kurutchin
Le premier qui ose dire que les premiers films estampillés la Planète des Singes n’ont pas beaucoup vieilli prend une volée de pierres sur le champ. Parce que bon, faut pas pousser, aujourd’hui, ce n’est pas la licence la plus sexy ou emballante qui existe. Tim Burton n’a pas aidé puisque sa tentative de dépoussiérage de la saga a complètement foiré, nous livrant un film bloqué entre le côté ringard des vieux films et les nanars contemporains.
Inutile donc de préciser que l’annonce d’un reboot de la série a de quoi inquiéter, que ce soit pour les fans de la première heure, qui attendent un vrai film à la hauteur des opus originels, ou les néophytes, qui se retrouvent devant la tentative de renouvellement d’une saga mythique. Et c’est Rupert Wyatt qui s’y colle. Et pour la énième fois, le premier trailer ne reflète absolument pas la qualité de ces Origines de la Planète des Singes…

Il était une fois de brillants scientifiques bourrés de bonnes intentions. En effet, ces éminents savants cherchaient à éliminer la maladie d’Alzheimer. Cependant, à trop vouloir jouer à Dieu, la roue peut tourner. En effet, si le procédé s’avère très efficace, voire même plus que ce qu’ils avaient prévu, les sujets de tests, les fameux singes, vont finir par se révolter. Bien entendu, il se passe énormément de choses entre les tests et la fameuse révolution simiesque, je veux juste éviter de trop en dévoiler sur l’histoire. Globalement, le scénario est très bien amené, avec deux actes majeurs : le premier acte dure à peu près une heure, et montre l’évolution du singe qui sera le futur leader de son espèce : César. Cette partie sert à introduire la saga, en mettant en place les différents éléments qui amèneront la vendetta des primates, c’est-à-dire les personnages, les lieux principaux, et d’autres points clés. C’est ainsi que l’on découvre Rodman, interprété par James Franco, Caroline, jouée par Freida Pinto ainsi que d’autres protagonistes centraux. César est donc l’élément perturbateur qui va tout déclencher.

On commence donc en suivant pas à pas l’éducation de César, son évolution dans sa famille d’accueil, puis son émancipation. Plus intelligent que la moyenne grâce au traitement ALZ112, César apprend vite, très vite même, mais reste cloitré chez Will et ne connaît donc pas son milieu d’origine. Cependant, « son maître » va le lui faire découvrir en partie en allant dans une forêt bordant la ville de New-York. C’est d’ailleurs l’une des premières scènes réellement épatantes, avec une maîtrise phénoménale de la part des animateurs et des responsables des effets spéciaux. Mais nous y reviendrons plus tard. Considéré comme son enfant par Will, César est par conséquent très attaché à la famille, et va provoquer un scandale, qui l’enverra directement dans un enclos naturel. C’est là qu’il rencontrera tous les singes qui provoqueront la révolution. Inutile de préciser que la première partie est de loin la plus intéressante. Bien qu’elle soit plutôt lente et qu’elle ne propose aucune phase d’action à proprement parler, elle permet de rentrer complètement dans le film, de s’attacher aux personnages, d’évoluer avec eux, et particulièrement avec César.

D’autant plus que contrairement à la plupart des autres blockbusters, il n’y a aucune surenchère de la part des acteurs, et encore moins des effets spéciaux. Les dialogues ne sont pas vus et revus, l’ensemble est très bien écrit et cohérent. Quant aux effets spéciaux, malgré leur omniprésence grâce à la collaboration avec les studios Weta, à aucun moment ils ne prennent le pas sur l’histoire. Au contraire, ils servent l’histoire au mieux, et apportent un soupçon d’humanité indispensable chez les singes, et particulièrement chez César. Son attitude, ses mouvements, tout est fait pour que l’on éprouve de la sympathie pour lui, quitte à diaboliser l’être humain. Certains trouveront peut-être le tout un peu caricatural, avec les méchants hommes qui maltraitent les gentils animaux, mais on reste dans le cohérent et le réaliste. Le travail des animateurs est donc particulièrement génial, et impossible de passer sous silence l’incroyable performance de l’homme de l’ombre dans énormément de films, le fameux Andy Serkis. On ne le voit jamais, et pourtant, il interprète avec brio de nombreux personnages dans des films très connus, le Seigneur des Anneaux et King Kong en tête. Gollum et Kong, c’est lui. Il peut aujourd’hui rajouter César à son palmarès.

Comme je l’ai dit, le film est découpé en deux actes. Le second est la partie intense du film. Et quand je dis intense, ce n’est pas qu’un peu, puisque dans la dernière demi-heure, le rythme ne faiblit pas une seule seconde. Les singes sont mécontents, et ils le font savoir, et pas forcément dans la finesse. La ville est envahie au fur et à mesure dans un déluge de destructions, avec entre autres un gorille et un orang outang criant de vérité. Le film se termine dans un final absolument magistral, le réalisateur allant contre le courant Michael Bayesque, décrétant que chaque blockbuster doit se terminer avec plein d’explosions et de plans épileptiques, la suite vous la connaissez. Ici, c’est l’inverse, rendant presque le film crédible. Pas d’explosions, pas de cataclysme, juste un face à face homme/singe absolument fabuleux, sur un pont envahi par la brume. C’est beau, c’est très spectaculaire sans être démesuré, et bordel ce que c’est bien foutu ! Mais je vais m’arrêter là pour ne pas gâcher la surprise.

Si j’ai déjà évoqué la partie technique du film un peu plus haut, j’ai en revanche épargné la partie sonore. Et ce pour une bonne raison, on garde toujours le meilleur pour la fin. Composée par Patrick Doyle, la bande originale des Origines de la Planète des Singes est un véritable régal pour les oreilles, assurant ce qu’il faut pour accompagner le film. Les quelques morceaux sont toujours appropriés, passant de la mélodie discrète à un véritable déchaînement de notes en quelques instants, comme lors de l’évasion des primates. Bref, elle a bénéficié d’un soin tout particulier et ce pour notre plus grand plaisir.

Construit comme un vrai faux blockbuster, la Planète des Singes : les Origines m’a conquis. C’est bien simple, il fait partie de ces très rares films qui épatent et surprennent sans peine, les faisant passer de sympa à excellents, voire géniaux. On a beau se plaindre de la tendance actuelle des cinéastes à toujours vouloir faire des reboots de sagas connues, si ils sont de qualité similaire à celui-ci, je dis oui !
Publié le 27.10.2011, à 23:55 par Kurutchin
Le monde vidéoludique que nous arpentons chaque jour est parsemé de choses plus ou moins tristes. Les DLC, les jeux pourris et développés en trois mois pour faire de l’argent facilement, la mauvaise optimisation des jeux, Bobby Kotick, et ainsi de suite sont autant d’éléments qui font que tout n’est pas rose et bleu. J’ai bien envie de rajouter l’abandon partiel ou total de certains genres, dont le jeu traité dans cet article fait partie…
Mais si, le shooter arcade de base en vue de dessus, celui qui ne nécessite pas d’avoir trois bras en plus et un Master pour retenir toutes les commandes. Naturellement, si je devais citer un seul titre, pas forcément le meilleur, mais en tout cas ma référence sur PC, c’est bien sûr Shadowgrounds. Je dis PC, étant donné que les consoles sont régulièrement alimentées. Sur nos bécanes, ce n’est pas le cas. Renegade Ops vient bousculer un peu tout ça…

Cependant, avant de parler du jeu Renegade Ops, on va parler de la blague Renegade Ops. En effet, cela faisait longtemps que la sortie d’un portage n’avait été aussi chaotique. Explications ! Le titre d’Avalanche sort le 14 Septembre sur Xbox 360 et Playstation 3. Jusque-là, pas de soucis. Pourtant il manque une plateforme ! Et oui, la version PC est reportée. Le motif ? Optimisation. Bon, d’accord, c’est fréquent, on ne va pas gueuler. Le jeu est donc repoussé à une date encore inconnue. Jusqu’à ce que le 14 Octobre apparaisse sur Steam, accompagnée d’une annonce du studio Suédois. Ah ! Enfin ! En fait, non. Le D-Day arrive, et la fameuse date disparaît de Steam. WTF ?! Repoussé à plus tard ? Quand ça ? Les tensions montent, les joueurs sont agacés. Une nouvelle date apparaît. Et rebelote ! Naturellement, le type qui l’a précommandé se dit qu’on se fout un peu beaucoup de sa fiole. Et c’est le cas. Nouvelle date, le 27 Octobre. Bon, là plus personne n’y croit, tout le monde parie sur un fail une fois le décompte terminé. Oh mais non ! On peut le télécharger ! Champagne ! Téléchargement, installation, lancement, plantage. MAIS MAIS MAIS ! *vol de souris*

C’est un peu ça Renegade Ops, on s’en souviendra longtemps parce qu’y jouer s’est révélé être un véritable parcours du combattant. Il est attachant ce jeu dans le fond, il est juste timide en fait. Bref, un patch d’une centaine de mégaoctets est téléchargeable quelques heures plus tard, et on peut enfin se lancer dans l’action ! Alors, Renegade Ops, qu’est-ce que c’est ? Comme dit un peu plus haut, c’est le retour du shooter arcade pur jus sur PC. Le joueur dirige un véhicule dans des maps plus ou moins grandes, sur lesquelles il doit accomplir différents objectifs au travers de missions diverses (Mais pas très variées), le tout en vue de dessus. Il incarne en fait un des renégats du titre, au nombre de quatre. Ils sont tous au service de Bryant, bien déterminé à débarrasser le monde d’Inferno, le méchant diabolique et machiavélique qui veut réduire la population en cendre. C’est très cliché, très série B même, et c’est le but. Avalanche a voulu donné à son titre une orientation très old school, que ce soit au niveau du genre mais aussi de l’ambiance. Ainsi, on ne peut s’empêcher de penser aux vieux nanars des années 80, comme les films de Chuck Norris et de sa clique. Cela se ressent aussi bien au niveau du scénario que dans les dialogues et leurs doublages.

Renegade Ops ne dissimule donc pas ses influences, pour le plus grand bonheur des joueurs, qui ont l’impression de se retrouver devant un vieux titre à l’habillage moderne. Bien que la recette soit assez casse-gueule entre les mains de certains développeurs, elle fonctionne à merveille chez Avalanche. C’est ridicule, à la limite de la parodie, mais l’hommage est bien là. Le scénario post-it n’est donc qu’un prétexte pour mettre en scène des personnages caricaturaux qui défouraillent à tout va pendant neuf missions. Grosso modo, le but est toujours le même : défoncer toute la map, puis défoncer Inferno. Il y a quelques variantes à chaque fois, mais le tout est toujours aussi basique. Pour se faire, chaque renégat a une grosse mitraillette ainsi qu’une compétence spéciale. IEM, « sultafeuse » de la mort, frappe aérienne et bouclier ne sont jamais de trop lorsqu’il s’agit de péter la gueule au méchant ! D’ailleurs, surprise, en plus des quatre renégats, il est possible de contrôler le Messie, Gordon Freeman, armé de ses fidèles fourmillons ! Anecdotique, mais plaisant !

Au niveau des commandes, c’est très compliqué. On a un stick pour se déplacer, un stick pour tirer, un bouton de boost, et les deux gâchettes pour attaque spéciale et tir secondaire. Je m’excuse pour les pauvres joueurs qui n’ont pas de manette, mais je n’ai même pas cherché à jouer au clavier, faut pas déconner non plus. On retrouve donc un maniement très proche d’Assault Heroes sur Xbox 360 par exemple. Les véhicules sont très maniables, et on progresse dans les niveaux avec aisance et bonheur. Mieux, de temps en temps, on troque son petit buggy pour prendre un hélico, et ça c’est bon. Je citais plus haut un mouvement spécial et un tir secondaire. En fait, le mouvement correspond à IEM et ainsi de suite, et ne nécessite qu’un simple temps de rechargement. Le tir secondaire en revanche doit être ramassé, et se compte en munitions. Lance-missiles, lance-flammes et fusil électrique sont là pour appuyés la mitrailleuse de base lorsque les ennemis sont trop nombreux. On peut trouver des munitions assez régulièrement sur les carcasses adverses, mais leur stockage est assez limité.

En ce qui concerne les ennemis, ils sont relativement variés. On a bien entendu de la milice à pied, qu’on peut écraser comme de vulgaires fourmis (Niark Niark !), des buggys, des hélicos, des tanks, des bateaux, ainsi que les traditionnels boss de fin de niveaux. Là je vous laisse la surprise, les combats sont souvent impressionnants. C’est bien beau tout ça, mais en l’état, c’est juste old school. Or Avalanche a apporté une petite touche de modernité au titre. La mode étant au levelling et aux points de compétence à outrance, Renegade Ops n’y a pas échappé ! Dans chaque niveau, il est possible de gagner de l’expérience, de monter en grade et donc de gagner des points à dépenser dans trois arbres de compétence à la fin de chaque mission. Il est possible d’améliorer la santé, les munitions des armes secondaires, leur efficacité ou encore de pousser les capacités spéciales plus loin. Mais attention, il n’est possible de choisir que quatre améliorations à chaque fois, il faut donc faire des concessions et voir quelles sont nos priorités. Ce système permet de personnaliser un peu son renégat, mais ça ne va pas chercher bien loin. La durée de vie étant assez courte, on gagne des niveaux très très vite, et au final, seuls les amateurs de scoring continueront à jouer.

Renegade Ops a en effet été pensé comme un jeu pour les scorers, avec multiplicateurs, bonus et tout ce qui va avec. C’est donc la seule motivation qui permet de joueur au titre plus de 5 heures (Hormis le fait de pousser tous les personnages au niveau maximum). Heureusement, il y a un mode coopération, qui est le cœur du titre. Jouable jusqu’à quatre, il permet de faire des orgies explosives et de grossir la durée de vie de quelques heures. Bon, il me semble qu’il ne reste plus que la partie technique à aborder. Je pense qu’il n’y a pas grand-chose à dire, hormis que le titre s’impose très facilement face aux autres titres du genre, que ce soit sur consoles ou PC. Avalanche a choisi de réutiliser le moteur de Just Cause 2, tout en changeant la perspective. Grand bien leur en a pris puisqu’il offre au titre tous les effets à la mode. Filtre de bokeh, déformations de chaleurs, explosions, effets de lumière, végétation, le rendu est superbe et ne souffre d’aucune baisse de framerate, même quand tout pète à l’écran. On en prend plein la vue tout au long du jeu !

A l’issue de cet article, on peut au moins dire une chose : Avalanche a tout compris. Le fun n’est pas proportionnel à l’augmentation de la complexité des jeux. Ils nous l’avaient prouvé avec Just Cause 2, et ils récidivent avec Renegade Ops. C’est bourrin, explosif, décomplexé, et complètement assumé, en plus d’être techniquement à la pointe et extrêmement fluide en toutes circonstances. Bref, le shooter arcade a un nouvel héritier, pour notre plus grand bonheur !